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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 18:29

 

 

non-gaz-de-schiste.jpg

 

 

Après les risques de secousses sismiques et les dégâts environnementaux, voici venir des risques de cancer ainsi que des émissions de gaz à effet de serre….


Bon, soyons impartial. Le gaz de schiste pourrait se targuer d’un atout écologique : sa combustion dans les centrales électriques entraîne moins d’émissions de CO2 (Dioxyde de carbone) que la combustion du charbon. (-44 % de moins, selon l’America’s Natural Gas Alliance. (Association professionnelle du gaz aux Etats-Unis).


Jusqu’à présent, l’émission de gaz à effet de serre lors de la production du gaz de schiste était considérée comme négligeable. On se doute bien que les pétroliers aux Etats-Unis n’ont pas poussés les études plus que nécessaires pour s’assurer de la véracité de ce postulat, car la perspective d’engranger des millions de $ suffisait à balayer les quelques doutes….. Si toutefois doutes il y en avait….


Mais ce postulat vient d’être sévèrement mis en cause par une série d’études scientifiques. En effet, après analyses, la production de gaz de schiste a un bilan en gaz de serre équivalent, voire supérieur, à celui du charbon. L'explication de ce paradoxe tient au fait que le gaz naturel - aussi appelé méthane (CH4) - a un coefficient de réchauffement supérieur de vingt-cinq fois à celui du dioxyde de carbone - voire soixante-douze fois sur les vingt premières années de son émission, en raison d'un temps de résidence dans l'atmosphère différent de celui du CO2.


La présence de méthane dans l'atmosphère a donc un effet important. Or la production de gaz de schiste entraîne un relâchement important de méthane. Quand les fluides utilisés pour fracturer la roche sont pompés pour être ramenés vers la surface, ils entraînent avec eux des bulles de gaz naturel qui vont se disperser dans l'atmosphère. De plus, la remontée du gaz à l'ouverture du puits se traduit pendant quelque temps par une fuite supplémentaire de méthane. Enfin, les différents gazoducs et autres équipements techniques sont aussi sources de fuites.


C’est pire que le charbon et le pétrole. Déjà que l’extraction du pétrole est faite trop souvent de façon totalement inconsidérée, provoquant des catastrophes écologiques dommageables pour tous, mais en plus s’il faut rajouter l’extraction gaz de schiste…..


http://franceusamedia.com/2010/05/b... http://www.leparisien.fr/economie/f...


Jusqu'à récemment, les émissions liées au gaz de schiste étaient estimées selon des valeurs officielles établies par l'Agence de l'environnement des Etats-Unis (EPA) en 1996. En 2011, une équipe de chercheurs menée par Robert Howarth, de l'université de Cornell, a abouti à la conclusion que les puits de gaz de schiste laissaient fuir jusqu'à 8 % du méthane pendant leur durée d'exploitation.


http://www.eeb.cornell.edu/howarth/


Cette étude, publiée dans la revue Climate Change Letters, s'appuyait sur une revue approfondie des données disponibles. Selon Robert Howarth, "du point de vue climatique, le gaz de schiste est pire que le gaz conventionnel, mais aussi que le charbon et que le pétrole". En février 2012, une autre équipe de chercheurs de l'université du Colorado a publié dans le Journal of Geophysical Research une étude confirmant le constat. Mais la méthode ici utilisée était expérimentale : des relevés physiques ont été effectués dans une campagne de mesures par un véhicule doté d'équipements sophistiqués.


http://www.agu.org/journals/jgr/


Les échantillons d'air prélevés dans la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, où vingt mille puits exploitent le gaz de schiste, ont ensuite été analysés en laboratoire. Cela conduit à constater que des fuites de méthane se produisent dans une fourchette de 2 % à 8 % du gaz produit, une valeur de 4 % étant la plus probable - le double de la valeur retenue par l'EPA. Cette analyse ne prend pas en compte les fuites qui peuvent se produire dans les gazoducs. "On a conduit une autre campagne de mesures dans l'Utah, dont on espère publier les résultats avant la fin de l'année, avance Gabrielle Pétron, qui a conduit la recherche. On va aussi mener une campagne de mesures par avion." D'autres études sont en cours en Pennsylvanie et au Texas.


Le débat scientifique est loin d'être clos, mais la "virginité" climatique du gaz de schiste appartient au passé. La position qui consiste pour certain à défendre coûte que coûte l’extraction du gaz de schiste devient impossible à tenir. De plus, il y a un risque supérieur de cancer.


D'autres études soulignent par ailleurs l'effet de pollution atmosphérique liée à l'exploitation du gaz de schiste. Il n'y a en effet pas que du méthane qui fuit, mais aussi de nombreux autres hydrocarbures nocifs pour la santé, tel que le benzène.


Sympa pour les poumons et le reste du corps. Dans une étude parue en mars 2012 dans Science of Total Environment, Lisa Mc Kenzie et d'autres chercheurs de l'université du Colorado ont comparé deux groupes de personnes vivant près et loin de puits de gaz de schiste. Ils concluent que les premiers encourent un risque supérieur de cancer en raison d'une exposition plus importante aux hydrocarbures volatils.


http://www.ucdenver.edu/about/newsr...


Cette multiplication d'études n'a pas encore entraîné de réponse officielle, mais elle alimente un besoin de réglementation de plus en plus fort aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, explique dans un courriel Jesse Coleman, de Greenpeace USA, "la réglementation de la fracturation hydraulique a largement été laissée au niveau des Etats - qui sont beaucoup plus faibles -, en raison de la résistance de l'industrie à une loi fédérale".


Un des enjeux cruciaux consiste à obliger les entreprises à révéler les produits chimiques qu'elles utilisent dans la fracturation hydraulique. L'EPA doit rendre durant l'été un projet de réglementation - qui comprendrait des mesures pour limiter les fuites de méthane - en vue d'une application en 2015. La bataille des lobbies ne fait que commencer.


Quid de la France ? Pour l’instant, rien n’est abrogé. On oscille entre torpeur et engourdissement, ce qui est « bien » pour noyer le poisson. Et un beau jour, on se réveille avec un derrick devant la porte. C’est hors de question. Conclusion, il faut rester en alerte constante, toujours.


Merci à Hervé Kempf, du Monde pour son récent article sur le sujet, que je relate largement dans ce billet.


Par Clojea , vendredi 8 juin 2012


 

Source : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/encore-plus-de-pollution-a-cause-118038

 

 

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