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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:38

 

 

 

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Le 22 septembre 1981, François Mitterrand inaugurait la première ligne à grande vitesse, entre Paris et Lyon. Si le succès est, depuis, au rendez-vous, les nuages se sont accumulés récemment autour de la rentabilité du train vedette de la SNCF.

22/09 | 07:00 | Renaud Honoré

Pour quelques jours, fini les plaintes contre les retards ou les péages qui n'en finissent pas d'augmenter. La SNCF a décidé de mettre les petits plats dans les grands, afin de célébrer dignement l'anniversaire de son TGV. Il y a trente ans jour pour jour, François Mitterrand inaugurait avec fastele premier tronçon de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et Lyon, un projet lancé en mars 1974 - lors de son dernier Conseil des ministres -par un Georges Pompidou pourtant guère convaincu des bienfaits du train.


Depuis, le TGV a fait la preuve de sa pertinence, fort de son immense succès populaire avec les 2 milliards de passagers transportés depuis trente ans. Au point qu'il n'existe pas un élu aujourd'hui qui ne réclame une desserte grande vitesse pour sa localité. Nicolas Sarkozy a poussé le lyrisme récemment jusqu'à proclamer que « le TGV, c'est la France ! » Pour être à la hauteur de cet engouement, la SNCF a fait rouler partout en France un TGV spécial 30 ans pendant plusieurs mois cette année. Et elle s'apprête à transformer samedi la gare de Lyon à Paris en une immense salle de fête, avec une façade qui devrait être transformée en écran de projection pour l'occasion.


Gare, toutefois, à la gueule de bois. Car cette célébration intervient au moment même où son train star traverse une période de doutes. Les rumeurs récurrentes annonçant la victoire des Espagnols face aux Français pour le contrat de la LGV saoudienne entre Médine et La Mecque sont venues rappeler que le TGV français n'a rencontré depuis ses débuts qu'un succès mitigé à l'exportation. Jusqu'à présent, Alstom n'a réussi à vendre ses modèles qu'en Corée du Sud, en Espagne, en Italie et au Maroc. L'accident dramatique survenu cet été en Chine donne toutefois du poids à l'accent mis sur la sécurité par le constructeur français et la SNCF, qui rappellent souvent que le TGV n'a causé aucun mort en France en trente ans d'exploitation.


La traque aux coûts

Au-delà des mésaventures à l'étranger, c'est surtout en France même que l'étoile du TGV pâlit. La multiplication de projets de nouvelles lignes suscite des critiques grandissantes sur la viabilité financière de ces chantiers coûteux. Surtout, le TGV n'est plus la vache à lait qui permettait à la SNCF d'éponger les pertes de ses autres activités, notamment le fret. Le modèle économique est en effet complètement déstabilisé depuis trois ans par la flambée des péages versés à RFF (Réseau Ferré de France, le propriétaire des rails) pour faire circuler les trains.


L'augmentation de la facture approche les 40 % entre 2008 et 2012 pour le TGV. RFF prévoit encore une nouvelle hausse de 4,3 % en 2013 par rapport à 2012, dont + 7,4 % pour le TGV seul. A ce niveau, la SNCF estime qu'elle n'a plus de marge de manœuvre financière suffisante pour envisager le renouvellement de sa flotte TGV, notamment les premières rames d'il y a trente ans... qui roulent toujours ! Une catastrophe pour la compagnie ferroviaire face à l'arrivée prochaine de la concurrence, mais aussi pour Alstom, privé ainsi de son marché domestique.


Récemment, l'Elysée a néanmoins fait savoir qu'il était favorable à ce que soient examinées les conditions d'une stabilisation durable des péages au-delà de 2013 pour donner un peu d'air à la SNCF. Ces signaux doivent toutefois encore être traduits en décisions concrètes. En attendant, le groupe public est obligé d'envisager toutes les hypothèses pour l'avenir de son train vedette.


Faut-il couper dans le nombre de dessertes, comme il l'envisageait il y a quelques mois avant un tollé des élus locaux ? L'idée de créer des hubs régionaux, laissant les plus petites dessertes aux TER, est toujours dans l'air. Certains réfléchissent à la suppression de la voiture-bar pour augmenter encore le nombre de passagers par train, et donc sa rentabilité. La traque aux coûts inutiles est aussi à l'ordre du jour. Le trentenaire va donc sans doute devoir revoir ses habitudes.


RENAUD HONORE


Trente ans de TGV en vidéo sur  lesechos.fr/dossier

 

Source:http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/0201648358826-la-sncf-fete-les-trente-glorieuses-du-tgv-en-mal-d-un-nouveau-modele-economique-222696.php

 

 

 

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