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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 12:12

 

 

 

Par Pierre Recarte, vice-président du CADE

Des TGV qui roulent plus rapidement mais arrivent à la même heure

Devançant la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux en juillet, le Président de la République, François Hollande inaugurait la LGV Tours-Bordeaux le 28 février.

 

Dans le hall du Conseil régional de la Nouvelle Aquitaine, un compteur égrène les jours nous séparant de la mise sur rail d’Océane sensée mettre Paris à 2H04 de Bordeaux. De quoi mettre en émoi, Alain Rousset qui nous expliquera une fois de plus que la LGV permet « l’irrigation des territoires.

 

Un marché de dupes

La LGV Tours-Bordeaux, c’est d’abord une infrastructure coûteuse, 7,8 milliards d’euros, financée à moins de 50% par le privé qui percevra les péages pendant 44 ans et dont l’exploitation risque d’être déficitaire pour SNCF Mobilités.

 

Un déficit prévisible de 150 à 200 millions d’euros annoncé par Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF. La raison ? Des péages très élevés pour assurer la rentabilité de Liséa, le concessionnaire privé et un nombre excessif de fréquences de trains imposé par les pouvoirs publics après un long bras de fer entre l’entreprise ferroviaire et Lisea.

 

Pour obtenir le financementdes 58 collectivités territoriales, l’Etat et RFF (actuellement SNCF Réseau) ont pris des engagements insoutenables auprès des élus locaux en matière de dessertes.

 

SNCF Réseau s’est retrouvé confronté à des retraits massifs de financement de certaines des collectivités locales parties prenantes au projet, du fait de l'impossibilité pour l'exploitant de tenir les promesses de desserte. Ainsi, la ligne passe au large de Ruffec qui perd son unique TGV quotidien. Et demain avec sa desserte en « crochet » combien de TGV marqueront un arrêt à Bayonne ?

 

Des trains qui arrivent à la même heure

Aujourd’hui, il faut 5 heures au minimum pour rallier Paris à partir de Bayonne en TGV. Demain grâce à la LGV Tours-Bordeaux vous gagnerez 1H12, soit près de 2H et demie sur un aller-retour Bayonne-Paris dans la journée. C’est ce gain de temps qu’SNCF Réseau avait annoncé aux élus de l’agglomération bayonnaise, Jean Grenet en tête, pour obtenir la participation financière de l’agglo à hauteur de 22,6 millions d’euros (dont 9,3 millions ont été versés)

 

Deux heures et demie de gagné ne veut pas dire 2H et demie de plus à Paris pour traiter ses affaires ! C’eut été trop beau !

 

SNCF Mobilités a fait connaître les nouveaux horaires après la mise en service de Tours-Bordeaux. Le premier train partira à 8H11 de Bayonne pour arriver à Paris à 12H 10 aujourd’hui le premier TGV arrive à 12H 33.

 

Spectaculaire gain de temps qui ne permet pas de finaliser un rendez-vous dans la matinée. Si vous envisagez un rendez-vous dans l’après-midi, mieux vaut le prendre tôt car le dernier train repart pour Bayonne à 17H55 (19H28 le vendredi) mais vous arriverez plus tôt à votre domicile. Dans le même temps, la « Palombe bleue », qui permet aux bourses les plus modestes de se rendre à Paris de nuit pour y passer une journée sans frais d’hôtellerie est menacée de disparition. Celle-ci est programmée pour le mois de juillet à la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux. Le 14 avril à Pau, le CADE sera auprès des cheminots pour exiger le maintien de ce train « d’utilité publique ».

 

Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne ne décolère pas, il a écrit à la SNCF : « Il me semble que vous avez là un sujet de réflexion, à savoir mieux organiser les dessertes permettant à un habitant de la Côte basque de bénéficier d’horaires favorables, et pour une meilleure desserte des territoires et de leurs liaisons avec la capitale ou d’autres trains en correspondance »

 

Souhaitons que ces déconvenues ouvrent enfin les yeux de certains élus, qu’ils prennent conscience que la LGV est un marché de dupes pour les villes moyennes et que le Pays basque n’a rien à gagner mais tout à perdre.

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