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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 14:10

 

 

 

Pour Bernard Petit, il est urgent de mettre à l’abri des perturbateurs endocriniens les enfants à naître et en bas âge.

Alain KRAUSZ|mediabask|0 commentaires

Les rencontres d'Asunak ont eu lieu le 10 septembre à Mendionde

Les rencontres d'Asunak ont eu lieu le 10 septembre à Mendionde

C’est à l’invitation de la Journée du bio Asunak (voir encadré) que Bernard Petit, ancien ingénieur plasturgiste, lanceur d’alerte sur le Bisphénol A et désormais responsable des campagnes au Réseau Environnement Santé, est venu à Mendionde sensibiliser sur les risques des perturbateurs endocriniens (PE) avec une conférence intitulée “Aucun bébé ne doit naître pré-pollué”.

Le système endocrinien est cet ensemble de glandes (hypophyse, thyroïde, surrénales, ovaires et testicules… ) qui secrète un subtil équilibre d'hormones tout au long de la vie humaine afin de réguler sa croissance et son fonctionnement, à commencer par la transformation dans l'utérus maternel de deux cellules sexuelles en humain totalement formé.

Or, une catégorie de substances chimiques, les perturbateurs endocriniens, a la capacité de dérégler le fonctionnement de cette délicate mécanique. Avec pour circonstance aggravante que beaucoup de ces substances traversent la barrière placentaire et peuvent donc perturber la formation du bébé, entraînant handicaps, malformations ou risques de santé accrus (cancers… ). L’affaire du Distilbène reste emblématique des conséquences de ces atteintes hormonales lors de la formation des organes d’un embryon : des anomalies génitales – avec souvent la stérilité pour conséquence – et des risques plus élevés de cancer liés pour l’enfant à naître. Mais si le Distilbène est désormais interdit pour les femmes enceintes, d’autres PE, souvent cachés, sont partout autour de nous dans notre vie moderne.

Circonstance aggravante, et pierre d’achoppement dans le débat entre industriels et lobbies d’une part, scientifiques et associations de l’autre, devant les instances en charge de la politique de santé au niveau tant européen que français : les PE seraient actifs y compris à très petites doses, par accumulation des effets dans le temps. La classique notion de seuil, habituellement prise en compte dans les réglementations sur la toxicité des produits, et bien pratique pour des industriels peu regardants, n’est donc plus valide. D’autant qu’un “effet cocktail” (combinaison de deux ou plus substances peu actives isolément mais à effet combiné très fort) a été dévoilé dans les études.

 

Neuf cents substances supectes

Il n’est pas facile de faire une liste exhaustive de tous les PE. Selon les associations de défense de l’Environnement, on ne compte pas moins de neuf cents substances au moins suspectes, même si les plus courantes sont enfin identifiées comme telles, voire progressivement interdites comme récemment le Bisphénol A en France. Pour ne parler que de ce dernier, il se dégagera encore longtemps de nos anciens appareils électroménagers à cuve en plastique transparent en polycarbonate, et autres revêtements en résine époxy comme certaines boîtes de conserve qui traînent dans le placard.

La cuisine domestique n’est pas non plus épargnée par les perfluorés, célèbres incontournables des poêles anti-adhésives ou de certains cartons à pizza. Sans oublier les résidus de pesticides que l’on retrouve régulièrement dans les aliments non-bio, jusque dans les viandes, les poissons, et même les œufs. On retrouve aussi des parabènes dans les plats cuisinés industriels, mais on peut les préférer sous forme de produits cosmétiques…

L’air domestique est constamment contaminé par les dégagements de peintures organiques et traitements de bois et autres matériaux d’ameublement, alors que les polybromés retardateurs de flamme que l’on retrouve de plus en plus dans notre matériel électronique s’évaporent en continu dès qu’ils sont chauffés. Les phtalates se dégagent des revêtements de sols et muraux, et de tout objet en plastique PVC. On trouve aussi des alkyphénols dans les produits de nettoyage et lessives, ainsi que dans des emballages. L’air extérieur n’est pas toujours meilleur. Entre épandages de pesticides et produits de combustions divers (incinérateurs, feux de déchets, pollution automobile et industrielle… ), même si les concentrations peuvent être faibles, nos poumons font transiter dix mille litres d’air par jour !

L’eau reste un point particulièrement délicat. Car s’il peut sembler évident que pesticides comme résidus chimiques domestiques et industriels se retrouvent in fine dans l’eau de nos rivières, rien n’existe pour les contrôler, a fortiori les filtrer. “On ne fait pas de traitement chimique de l'eau contre les PE, comme pour tous les autres contaminants et notamment les médicaments. Les trois quarts des substances chimiques de l'eau à traiter se retrouvent à la sortie des usines de traitement, et donc dans notre eau du robinet”, se désespère Bernard Petit.

 

Que faire ?

Si les PE sont aussi une cause de nombreuses pathologies pour l’adulte, pour Bernard Petit, il est essentiel d’agir au plus vite pour protéger les enfants à naître. “Ce qui est important, c’est la période de la grossesse et les deux premières années. Des scientifiques anglo-saxons avaient dit qu'il fallait faire attention à ce qu'on appelle les mille jours, soient les neuf mois de grossesse et les deux premières années de l'enfant. Personnellement j’ajouterais cinq cents jours pour se préparer à la grossesse”. Période pendant laquelle future mère puis enfant devraient non seulement se tenir loin des cigarettes et autres incinérateurs, mais aussi de s’abstenir d’ingérer ces substances.

L’alimentation biologique est évidemment un incontournable. Le Plan National Nutrition Santé (“cinq fruits et légumes par jour”) est plus que jamais un bon guide s’il s’agit de bio. La part de viande en revanche devrait être réduite, et les matières grasses (avec lesquelles les PE ont une affinité particulière) animales évitées. Charcuterie comprise, donc. Même si les plastiques alimentaires acceptables (dotés des numéro 2, 4 ou 5 au centre du symbole triangulaire de recyclage) sont utilisables pour la conservation d’aliments froids, il est déconseillé de les chauffer dedans. On préférera aussi aménager la chambre du tout petit avec des sols minéraux (carrelage, pierre… ), du bois naturel, et des revêtements muraux à base de badigeon à la chaux et de pigments naturels, ou encore à base d’argile. Attention aussi aux jouets ! Préférez-les en bois ou tissu non traité ou provenant de marques offrant des garanties.

L’UFC-Que Choisir a mis en ligne un dossier sur la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits courants : www.quechoisir.org/dossier-perturbateurs-endocriniens-t2052/.

 

Asunak fidèle à Garro

C’est la dix-septième édition de la journée du bio Asunak, la troisième à Mendionde, et la première à devoir quitter l'environ du Château de Garro, devenu impraticable (boue) à cause d'intempéries, pour se replier sur le bourg. Repli qui n'a rien fait perdre à la qualité du rendez-vous, même si météo et riche concurrence d’événements locaux ont pu décourager quelques producteurs et visiteurs. Certains ont même préféré le confort des salles mises à disposition gracieusement par la municipalité en solution de secours, avec des tentes pour les exposants.

Mais pour Thomas Erguy, de BLE, le site initial reste irremplaçable : “Que le repas se déroule au milieu des stands des producteurs, au pied du château, reste un atout incomparable”. L’événement co-organisé par Emazteek Diote et Biharko Lurraren Elkartea reviendra donc en 2018 sur son lieu initial, avec un site de repli au bourg amélioré par les retours de cette première expérience.

 

 

 

Source : http://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20170919/mille-jourspour-sauver-les-bebes

 

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