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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 09:00

 

Maison connectée. Attention aux impairs du majordome

 

Modifié le 20/03/2017 à 18:07 | Publié le 20/03/2017 à 18:07

L'enceinte Google Home. | BECK DIEFENBACH

L'enceinte Google Home. | BECK DIEFENBACH

Jeudi dernier, l’enceinte Google Home s’est crue autorisée à suggérer le dernier Disney. Bronca des utilisateurs. C’était pourtant moins grave que les initiatives d’une enceinte Amazon Echo qui a commandé toute seule une maison de poupées. La discrétion de ces nouveaux venus dans les maisons pose tout de même question.

Jusqu’à présent les assistants personnels, comme Siri pour l’iPhone ou Cortana pour Windows, se contentaient de répondre aux questions. Maintenant, ils ambitionnent de devenir des sortes de majordomes via les enceintes connectées.

 

Google Home prend la parole

Ces enceintes, comme Google Home ou Amazon Echo, qui sont commercialisées aux États-Unis, trônent au milieu de la maison et répondent aux requêtes. Comme lancer la musique ou éteindre les lumières pour peu que la maison soit connectée elle-même. Mais même les meilleurs majordomes commettent des impairs. Ou en tout cas se risquent à des conseils qu’ils pourraient se garder. C’est ce qui s’est passé jeudi matin avec Google Home qui a cru bon d’attirer l’attention de ses utilisateurs sur le dernier Disney, La belle et la bête, proposant de faire une recherche sur Belle.

Les utilisateurs se rebiffent

« De quoi je me mêle », ont réagi en substance, sur les réseaux sociaux, les utilisateurs de Google Home les plus ombrageux. La firme Google a reconnu elle-même que « des efforts auraient pu être faits » à propos d’une initiative qu’ils présentent, non pas comme une publicité, mais comme un moyen pour ses « partenaires » de « partager leurs histoires ».

 

Un spot réveille les enceintes pendant le Super Bowl

Passe encore que Google Home fasse partager ses goûts cinématographiques, mais quand il se réveille en sursaut pour s’excuser de ne pas avoir compris la question, ça devient un peu gênant. C’est ce qui s’est passé le 5 février dernier, à minuit heure française, quand en plein Super Bowl, les Google Home ont capté la commande vocale « OK Google » qui les met en alerte. Elle était prononcée à plusieurs reprises dans un spot publicitaire de la retransmission du Super Bowl, la finale de football américain suivie par 100 millions d’Américains. « OK Google lance la musique », entendait-on dans le spot. Les enceintes ne l’ont pas bien compris et se sont donc excusées…

 

Alexa fait chauffer la carte bancaire

Alexa, l’assistante personnelle de l’enceinte Amazon Echo ne fait pas la maline pour autant. Un couple de Dallas, Texas, qui s’est adjoint ses services, a récemment reçu une maison de poupées par la poste. Sans l’avoir commandée. Après avoir questionné leur fille de 6 ans, ils ont établi qu’Alexa avait commandé d’elle-même la maison de poupées après que la petite fille lui eut demandé d’en trouver une pour jouer avec elle. Et elle a commandé des cookies pour faire bonne mesure. Sympa Alexa.

 

Alexa témoin d’un meurtre

Plus sérieusement, Alexa a aussi été « convoquée » par les enquêteurs après un meurtre dans l’Arkansas, un État voisin. Les enquêteurs ont demandé, et obtenu, les enregistrements de l’enceinte Amazon Echo du principal suspect, qu’ils ont saisie sur les lieux du crime. Ces appareils sont « toujours allumés » et stockent les données sur le cloud, explique Erik Laykin, un expert judiciaire du cabinet de conseil Duff & Phelps.

 

« Nous renonçons à notre vie privée »

« Le résultat net de ces technologies, c’est que nous renonçons à notre vie privée, à notre autonomie personnelle, et même à notre souveraineté en tant qu’humain et que nous abandonnons tout cela à l’État, aux collecteurs de big data, à des institutions et des systèmes omniprésents », estime Erik Laykin. Jay Stanley, analyste de l’organisation de protection des droits civiques Aclu, milite pour que la communication des données enregistrées réponde aux mêmes conditions que les mises sur écoute. Elle serait autorisée par un juge et conditionnée à un motif raisonnable de soupçonner un crime. « À son domicile, on devrait avoir une protection absolue de sa vie privée », estime Jay Stanley.

 

 

Source : http://www.ouest-france.fr/economie/maison-connectee-attention-aux-impairs-du-majordome-4872210

 

 

Les secrets des objets connectés sont une mine d'or judiciaire

Par afp.com/JOE KLAMAR

Publié le 19/03/2017 à 13:50, mis à jour le 20/03/2017 à 11:34

Des bracelets connectés Fitbit, le 8 janvier 2014 à Las Vegas lors du CES (Consumer Electronic Show)

Des bracelets connectés Fitbit, le 8 janvier 2014 à Las Vegas lors du CES (Consumer Electronic Show)

Washington - Bracelets fitness, réfrigérateurs, enceintes et thermostats intelligents... Les objets connectés envahissent le quotidien des consommateurs et la justice américaine utilise de manière croissante les informations qu'ils collectent, laissant toujours moins de place pour une vie vraiment privée.

 

L'an dernier, un homme de l'Ohio, qui affirmait s'être enfui précipitamment par la fenêtre quand sa maison avait pris feu, a été trahi par son pacemaker: les données enregistrées par l'appareil ont démenti sa version des faits, et il a finalement été inculpé pour incendie volontaire et fraude à l'assurance.

 

En Pennsylvanie, une plainte pour viol a été classée grâce à un bracelet Fitbit: il contrôlait en permanence l'activité de la plaignante, et contredisait ses accusations.

 

Dans une affaire de meurtre dans l'Arkansas, les autorités comptent sur un témoin inédit pour faire avancer l'enquête: elles ont réclamé, et obtenu, l'accès aux enregistrements du haut-parleur à commande vocale Amazon Echo du principal suspect, qu'ils avaient saisi sur les lieux du crime.

 

Cette semaine encore, le fabricant canadien du sex-toy "intelligent" We-Vibe a accepté de verser plusieurs millions de dollars à ses utilisateurs américains, car "des données très intimes et sensibles" avaient été collectées par l'application mobile du vibromasseur et stockées sans autorisation sur le serveur de l'entreprise.

 

Le fabricant de téléviseurs Vizio a aussi dû payer une amende aux États-Unis parce que ses appareils connectés enregistraient secrètement des informations sur les téléspectateurs et les revendaient à des annonceurs.

 

Une étude l'an dernier du Berkman Klein Center de l'université de Harvard dressait une longue liste d'appareils bardés de capteurs et se connectant sans fil à internet, et donc susceptibles d'enregistrer des preuves pour les forces de l'ordre. Cela "allait des téléviseurs aux grille-pain en passant par les draps, les ampoules, les appareils photos, les brosses à dents, les serrures, les voitures, les montres et d'autres accessoires vestimentaires".

 

"Les capteurs audio et vidéo des objets connectés vont ouvrir de nombreuses voies aux acteurs gouvernementaux voulant accéder à des données en temps réel ou enregistrées", prévenaient les chercheurs.

 

John Sammons, ex-policier et professeur à l'université Marshall de Virginie occidentale, souligne néanmoins que les données ne sont utiles pour les enquêteurs que si ceux-ci sont capables de trouver, et d'analyser, celles réellement pertinentes.

 

"La plupart des policiers ne penseraient même pas à regarder un Fitbit ou un thermostat", relève-t-il. Et même s'ils le font, retrouver des éléments spécifiques dans l'énorme volume de données collectées réclame d'importantes ressources informatiques. "Cela peut parfois prendre des semaines à traiter", note-t-il.

 

- Mort de la vie privée' -

"Le résultat net de ces technologies, c'est que nous renonçons à notre vie privée, à notre autonomie personnelle, et même à notre souveraineté en tant qu'humain, et que nous abandonnons tout cela à l'État, aux collecteurs de +big data+, à des institutions et des systèmes omniprésents", affirme Erik Laykin du cabinet de conseil Duff & Phelps.

Cet expert judiciaire a servi de consultant ou de témoin pour des affaires de fraude à l'assurance, des divorces, ou d'autres procédures légales où des preuves numériques entraient en jeu. Et pour lui, "la vie privée est morte".

Il souligne en effet que les appareils connectés sont "toujours allumés", et que cela s'accompagne par la circulation sur internet et le transfert dans le "cloud", le système de stockage en ligne de leurs fabricants, d'énormes volumes d'informations personnelles. Parallèlement, il y a très peu de règles pour protéger ces données ou encadrer leur utilisation.

Jay Stanley, un analyste de l'organisation de protection des droits civils ACLU, estime que l'accès aux données enregistrées par des appareils comme les enceintes Echo devrait répondre aux mêmes conditions que les mises sur écoutes, à savoir être autorisé par un mandat signé par un juge et lié à un motif raisonnable de soupçonner un crime.

"A son domicile, on devrait avoir une protection absolue de sa vie privée", fait-il valoir. Il concède une "zone grise" pour les conversations enregistrées par ce type d'enceintes et stockées en ligne, donc par "une tierce partie", mais réclame "des mesures juridiques et législatives" pour régler ce problème. "Les invasions de la vie privée sont trop importantes", déplore-t-il.

 

 

 

Source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/les-secrets-des-objets-connectes-sont-une-mine-d-or-judiciaire_1890668.html

 

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