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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 07:28


 

 jeudi 27 Août 2009

 

Victime de la crise qui a fait plonger les trafics de marchandises et a stoppé la croissance dans les TGV, mais aussi de ses propres faiblesses structurelles dans le fret, les infrastructures et les trains d'aménagement du territoire.


Pris en étau entre les conséquences de la crise économique sur son activité, et ses propres faiblesses structurelles, le groupe SNCF renoue avec les déficits, les premiers depuis 2003. L'entreprise a publié hier pour le premier semestre un déficit net, part du groupe, de 496 millions d'euros contre un gain de 417 millions pour les six premiers mois de 2008, et un résultat opérationnel courant négatif de 194 millions d'euros contre + 446 millions un an plus tôt, pour un chiffre d'affaires consolidé en baisse de 4 %, à 11,94 milliards.

 

La plus malade des activités est évidemment Fret SNCF, responsable à elle seule de 323 millions d'euros de pertes, soit les deux tiers du total alors qu'elle ne contribue que pour 6 % du chiffre d'affaires. Outre ses difficultés récurrentes _ que le groupe tente d'endiguer dans le cadre d'un plan de sauvetage devant être présenté en septembre _, Fret SNCF a pris de plein fouet l'impact de la crise économique sur le trafic de marchandises, avec un chiffre d'affaires reculant de 250 millions d'euros, soit _ 21 % sur douze mois glissants. Les autres composantes formant la branche SNCF Geodis (transport routier, logistique, commission de transports) ont souffert également, si bien que l'ensemble de la branche affiche une perte opérationnelle de 61 millions d'euros contre + 155 millions un an plus tôt, pour un chiffre d'affaires en baisse de 15,6 %, à 3,43 milliards, et même de 19,4 % à structure comparable.

 

Deuxième victime de la crise : la branche SNCF Voyages qui comprend notamment les TGV, vache à lait du groupe. Son chiffre d'affaires baisse peu en apparence (_ 1,7 %, à 3,6 milliards d'euros) grâce à la bonne tenue des TGV nationaux, mais l'activité des trains Corail a baissé de 7,1 %, et à l'international les recettes des TGV Thalys ont fondu de 4,1 %, tandis que celles des trains Eurostar entre Londres, Paris et Bruxelles se sont effondrées de 23,9 %. Au final, la branche a vu son résultat opérationnel baisser de près de 19 %, à 553 millions d'euros.

 

A ces deux difficultés du fret qui plonge et des TGV qui rapportent moins, s'ajoutent d'autres préoccupations. Le chiffre d'affaires de la branche SNCF Proximités a certes progressé de 2,3 % grâce l'augmentation des prestations vendues aux régions, mais sa rentabilité a chuté de 58 %, à 101 millions d'euros, à cause essentiellement d'une fréquentation insuffisante par rapport aux objectifs fixés dans les contrats avec les autorités organisatrices. Quant à SNCF Infra, qui entretient le réseau ferré pour le compte du propriétaire RFF, la branche a creusé sa perte opérationnelle à 234 millions d'euros malgré une activité en hausse de 2,6 %, car ses charges progressent plus vite que ses recettes.

 

Le groupe a dû en outre, conformément aux normes comptables IFRS, passer pour 205 millions d'euros de pertes liées à la dépréciation d'actifs utilisés pour des activités déficitaires. Principalement dans les infrastructures, dont la valeur des actifs a été réduite à zéro, mais aussi dans des nouveaux investissements. Quand, par exemple, la SNCF met un nouveau train Corail en service sur une ligne non rentable, cet investissement va directement gonfler les pertes.

 

Compte tenu enfin de la nécessité du groupe de participer au plan de relance, les investissements n'ont baissé que de 28 % pour une capacité d'autofinancement en chute de 69 %. Conséquence : l'endettement net a augmenté de 1,1 milliard en six mois, à 7,07 milliards d'euros. Au vu de ce tableau, la nouvelle feuille de route de Guillaume Pepy est toute tracée : s'attaquer à tous les points faibles de l'entreprise. « Nous ne relâchons aucun effort pour maîtriser nos charges et pour traiter des difficultés structurelles du fret ferroviaire, des trains d'aménagement du territoire ou de l'infrastructure », a ainsi prévenu hier le président de la SNCF.

CLAUDE BARJONET, Les Echos

 

 

Source : http://www.lesechos.fr/journal20090827/lec2_services/020113951019.htm



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