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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:08
              

 conférence de presse 15 jan 2010.JPG
conférence de presse du 15 janvier 2010 pour annoncer la journée revendicative du 23 janvier 2010  (photo ACE)

 

Bonjour,

 

 

Nous avons bien reçu le communiqué des cheminots CGT d’Hendaye. Il s’inscrit hélas en faveur de la LGV que nous combattons. Nous le porterons à la connaissance de nos associations et nos ami(e)s en espérant que cela ne démotive pas trop certains pour le 6 février.

 

Nous ferons cependant quelques commentaires.

 

Nous nous battons aussi pour le ferroviaire et dès le début du projet de TGV en 1992, nous avons annoncé dans notre brochure que nous étions pour le ferroviaire.

 

Nous dénoncions alors le fait que les investissements massifs sur le seul TGV «cannibalisait » la SNCF et empêchait d’autres investissements nécessaires sur les trains classiques et les lignes du réseau. Nous consacrions alors une page à montrer le nombre de fermetures de lignes et de gares et les pertes d’emplois à la SNCF. Nous avons depuis contribué fortement à faire sortir le débat sur les choix ferroviaires du cercle restreint des cheminots et les forces politiques qui voulaient le cantonner dans la thématique « des grévistes qui prennent les usagers en otages ».

 

Nous pensons que la politique du tout TGV a contribué à démanteler d’autres secteurs de la SNCF, à liquider des emplois, à créer des syndicats de conducteurs autonomes et à affaiblir un bastion syndical.

 

Dès le début du projet qui nous concerne, nous avons dit qu’il entraînerait la fin de l’activité fret sur Hendaye puisque ce fret passerait sur les voies nouvelles sans s’arrêter. Vos dirigeants syndicaux de l’époque en convenaient d’ailleurs. Aujourd’hui RFF annonce la mise à écartement européen de la ligne au sud d’Hendaye et donc la fin du fret à Hendaye avec un laconique « les cheminots d’Hendaye iront travailler ailleurs ».

 

Nous défendons, parce qu’elle concilie la défense de l’environnement et la défense des emplois à Hendaye la constitution de trains longs sur la plateforme Hendaye-Irun. Cela implique évidemment que les lignes existantes soient l’axe du trafic. Vous choisissez une autre voie et donc vous choisissez aussi ces conséquences.

 

De la même manière que nous disons « il faut conserver les wagons isolés même si on perd de l’argent car c’est un service public qui créée du lien social », nous disons qu’il faut conserver les lignes existantes modernisées à la vitesse possible sans vouloir à tout prix la grande vitesse. Les suédois qui ont su moderniser et accompagner les voies existantes voient aujourd’hui entre Goteborg et Stockolm passer 40% des voyageurs de cet itinéraire sur le train (du type pendulaire) et ils écartent aujourd’hui l’idée de la grande vitesse. La LGV crée de la mobilité et elle est exactement le contraire du slogan « vivre et travailler au Pays »

 

Nous disons que la LGV est surtout un instrument de structuration d’une Europe qui ignore le social au bénéfice de ceux que la SNCF appelait l’élite circulatoire et qu’on nomme aujourd’hui les néonomades, ces cadres du tertiaire qui demain se réuniront sur les cités du tertiaire comme celle mise en place autour de la gare St jean à Bordeaux (780 ha) et qui aspirera les emplois du tertiaires des villes moyennes et petites . La LGV favorise les grosses métropoles européennes et assèche les autres. Montchanin ou Le Creusot ont vu leurs emplois aspirés par Lyon ou Paris.

 

Quant au choix du privé contre le service public, il est hélas le choix des mêmes qui défendent aujourd’hui la LGV. Demain, il restera les lignes principales et susceptibles d’être rentables privées et les autres, déficitaires, publiques. C’est bien sûr, à l’évidence l’objectif des différents « plans » SNCF.

 

Bien, je ne m’étendrai pas sur le choix de l’autoroute ferroviaire dans notre projet. C’est le plus mauvais choix pour les longues distances et nous savons, vous et nous que lorsque l’autoroute ferroviaire fonctionnant à perte aura creusé un gros trou dans le budget SNCF, ce ne sont pas les responsables qui paieront le prix mais vous, simples cheminots qui n’avaient aucune responsabilité dans ces choix.

 

Pour conclure, je viens aussi de recevoir un tract de la section PCF d’Hendaye St Jean de Luz qui reprend beaucoup de vos arguments, on voudrait faire capoter l’initiative de la journée commune CGT, Bizi, CADE, qu’on ne ferait pas mieux.

Au CADE, nous pensons, qu’au-delà de ces divergences profondes, nous sommes toujours pour la défense des wagons isolés et des emplois ferroviaires. Nous continuerons donc à appeler à la journée du 6 janvier, nous avons repris d’autres affiches, elles sont distribuées dans nos associations et nous serons présents le 6 février.

 

 

 Pour le CADE :

 V Pachon

 

 

 

 

Communiqué de presse sur la position du syndicat CGT des cheminots d’Hendaye

Sur la LGV

La CGT des cheminots s’est toujours battue pour développer le ferroviaire et revendiquer les moyens nécessaires pour pouvoir desservir tous les territoires de notre pays dans l’intérêt général des français. Tout cela doit s’inscrire dans une politique de service public, seule garantie d’un service de qualité et de sa continuité. Un maillage du TER sur les régions pour desservir un maximum de localité entre elles pour notamment les trajets domicile/travail. Des lignes à grandes vitesses pour desservir  les agglomérations Nationales et Européenne. Des lignes classiques et nouvelles pour développer les services FRET sur l’ensemble du territoire entre les diverses zones industrielles et commerciales.

 

Pour cela, la CGT revendique une politique de développement des entreprises publiques. Il est nécessaire d’avoir des gares voyageurs et marchandises disséminées dans tous les bassins d’emplois et de vies. Il faut du matériel moderne, écologique et rapide. Il faut aussi un nombre de salariés suffisant et hautement qualifié pour garantir un haut niveau de sécurité et un service de qualité.

 

La LGV permet de rouler à des vitesses moyennes de 300 km/h. Les lignes classiques de 160 à 220 KM/h. Entre Bayonne et Hendaye, les trains voyageurs circulent à 100 km/h et les marchandises à 80. Cela est dû au profil de la ligne accidentée. Un train transportant des voyageurs entre Bayonne et Bordeaux se fait aujourd’hui en 2 heures, demain le temps  sera pratiquement divisé par deux.

 

Il nous semble nécessaire d’avoir une vision plus large sur l’intérêt d’une ligne nouvelle entre Paris et Madrid. Est-il souhaitable que la LGV s’arrête aux portes de Dax ou de Bayonne ?  Que la suite se fasse sur une ligne classique jusqu’à notre frontière ? Et de nouveau sur une ligne nouvelle jusqu’à la capitale Madrilène ? Techniquement, il faut savoir qu’en ligne classique, l’écartement des voies est différent entre les 2 pays. Donc obligation de changer de trains en gare d’Irun et donc une perte de temps supplémentaire. Il faut par contre rechercher à enfouir la ligne au maximum pour pouvoir passer sous la montagne  et ne pas dénaturer les belles vallées du pays basque.

 

Notre syndicat est contre une LGV financée par des deniers publics et privés et encore moins pour une concession au privé comme cela est annoncé pour cette LGV. Ce serait contraire aux besoins des populations car cette ligne privée sera onéreuse pour les usagers et les bénéfices dégagés  rempliront les caisses des « bourses » des actionnaires plutôt que d’être réinvesti dans l’achat de matériels modernes, dans la maintenance ou la construction de nouvelles infrastructures.

 

Le syndicat CGT des cheminots d’Hendaye se donne plusieurs priorités. Développer le TER avec l’achat de matériel et le renouvellement de toutes les voies classiques. La réouverture des gares et triages de marchandises pour limiter le nombre de camions sur nos routes. La LGV oui, mais pas à n’importe quel prix ! Elle doit être au service des populations, de l’environnement, de l’économie réelle. NON à une LGV privée. Toutes les missions du transport ferroviaire doivent rester dans le champ du service public, avec des salariés au statut, en nombre suffisants et qualifiés.

 

Hendaye le 13 janvier 2010. Un contact, le secrétaire, Olivier Darrigade au 06 22 01 37 95.     

 

 

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