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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 08:03

 

 

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23/04/2011 Cyrielle BALERDI

 


«Parfois quand la roue tourne, l'eau se met à chanter», nous dit un vieux poème. De toutes les sources d'énergie, la force de l'eau constitue la seconde source de production d'électricité dans l'Hexagone. Elle représente près de 15 % de la production totale, avec une capacité de 70 TWh en année moyenne. Si les grands barrages hydrauliques, réalisés dans les années 1950, sont venus contribuer à cet effort d'autonomie énergétique, l'énergie hydroélectrique est également utilisée pour alimenter des sites isolés (une ou deux habitations, un atelier d'artisan, une grange...) ou produire de l'électricité, vendue à plus petite échelle. On parle alors de petite centrale hydraulique (puissance allant de 5 MW à 10 MW), de microcentrale (de 100 kW à 5 MW), voire de pico-centrale (moins de 100 kW).


Pour favoriser le développement de ces activités productrices d'énergie renouvelable, l'association Ibai-Errekak, lance un appel aux porteurs de projets de centrales hydroélectriques et les invite à se faire connaître avant le 30 juin. Ibai-Errekak se proposera alors de les conseiller, de les aider à entreprendre les démarches administratives, et à trouver une partie des financements nécessaires à la réalisation des études de faisabilité. Objectif : pérenniser les emplois en zone rurale, et accroître la part de production d'énergie d'origine renouvelable (fixée par la directive européenne de 2001 et le Grenelle) en favorisant la transformation d'anciens moulins non encore équipés de turbines.


Sauvegarde du patrimoine 

«En 1890, on dénombrait 3 000 moulins dans le département. Beaucoup peuvent être réhabilités, et cela serait tout bénéfice pour la gestion de l'eau... et des inondations», rappelle Claire Noblia, présidente d'Ardatza-Arroudet, l'association des amis des moulins Pays Basque-Béarn. Aujourd'hui, peu de sites sont encore en exploitation et seuls quelques-uns se sont équipés pour produire eux-mêmes leur électricité. Des centrales miniatures, qui participent tout de même, multipliées à l'échelle hexagonale, à hauteur de 1,5 % de la production électrique et 10 % de celle d'origine hydraulique. «Pour réaménager, remettre en état, ou revaloriser ces sites, il est important d'aider les propriétaires à étudier la faisabilité d'une microcentrale», explique le responsable d'Hemen. «Ça permet d'une part de sauvegarder leur patrimoine culturel et de soulager les cours d'eau de nombreux déchets non recyclables. D'autre part, la mise en place de petites centrales hydroélectriques décentralise la production d'énergie et créée des emplois : un ou deux salariés par centrale, sans compter les travaux d'entretien et de réparations qui sollicitent le concours des artisans locaux».


Un classement pénalisant ? 

Pour l'instant, l'association accompagne quatre porteurs de projet : les moulins d'Alchuya à Hasparren, d'Uhagun à Ayherre, Gameta à Tardets et de Bernet à Pouillon. Mais, malgré ses efforts, l'énergie hydraulique reste encore aujourd'hui l'une des plus difficiles à développer. Sans doute parce que l'affaire, si elle peut être rentable, n'est pas forcément faite pour s'enrichir. «Il faut dépasser les 30 kW pour que le raccordement au réseau EDF devienne intéressant. Pour ma part, à 26 kW, la rentabilité est de 4 à 5 %. Mais c'est une passion, et un acte responsable», concède l'un des propriétaires suivi par Ibai-Errekak. Mais actuellement, la plus grosse embûche sur le chemin au fil de l'eau suivi par l'association, reste la perspective d'un classement des cours d'eau, prévu pour 2014, et qui pourrait exclure tout aménagement. «Les contraintes en terme de protection des cours d'eau limitent les perspectives d'ouverture de nouveaux sites, surtout dans notre région où beaucoup de cours d'eau pourraient être classés. Mais qui peut aujourd'hui certifier que la continuité écologique recherchée sera assurée par ces classements ?».


Depuis 2010, l'association a fait part à plusieurs reprises de ses doléances à Monsieur le préfet.

 

 

Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110423/261722/fr/De-lenergie-verte-au-fil-leau

 

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