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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:18

 

 

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23/06/2011 Goizeder TABERNA


“Nous ne leur avons pas caché qu’un tracé serait soumis au ministre d’ici la fin de l’année. Mais pour être tout à fait clair, cela ne veut pas dire décider de faire une ligne nouvelle au Pays Basque”. Les explications de l’ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Michel Massoni n’ont pas atténué la confusion régnant chez les élus, mardi, en sous-préfecture de Bayonne. Le malaise s’est accru lorsqu’un maire présent a demandé : “Est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut dire combien de trains passent par le Pays Basque ?”. Une question restée sans réponse, comme l’ont rapporté les représentants du Cade, hier, lors d’une conférence de presse.


Les défenseurs de l’environnement ont une idée de la réponse : “Chez RFF, personne ne le sait”. Le rapport commandé par le gouvernement et présenté en sous-préfecture reconnaît que le seuil de saturation des voies existantes a reculé de 25 ans et “nous pensons que ce n’est pas fini”, insiste Victor Pachon, le représentant du collectif, “les estimations fondent comme peau de chagrin”.


Des chiffres internes à la baisse 

Un constat qui se renouvelle régulièrement. Lors du débat public, en 2006, Réseau ferré de France (RFF) prévoyait à l’horizon 2020 un trafic de 282 trains par jour. Or, dans un document de 2010 destiné à la médiatrice Marie-Lyne Meaux, “tombé du camion”, les militants du Cade ont constaté que RFF n’en prévoit plus que 196. Le secret de ces variations serait une modification intentionnelle des paramètres de calcul.


Parmi les paramètres ignorés, l’utilisation du système européen de contrôle des trains. Pourtant, RFF a passé une grosse commande auprès de la société Alstom pour l’installation de ce système sur certaines lignes. Aucune trace de cette éventualité dans le cas de la ligne Bordeaux-Hendaye.


Tout cela, les représentants du Cade auraient souhaité l’expliquer de vive voix aux ingénieurs du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), mardi. Mais, ils n’ont pas été reçus. Ils se sont donc contentés de prendre acte du compte rendu des élus présents (voir édition d’hier) : aucune remise en cause du projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV-SEA), une saturation des voix existantes prévue pour 2035, gel des sondages et de la définition du tracé au Pays Basque. Interruption prévue jusqu’à la publication de la seconde étude commandée par les élus opposés à la LGV, en septembre, pour une confrontation des données.


H. Emmanuelli s’interroge 

Des précautions prises dans un contexte de méfiance “contagieuse”. La position hostile à la participation de la région Poitou-Charente au financement de la LGV était connue. Les doutes du président du Conseil général des Landes, Henri Emmanuelli, ne l’étaient pas moins. Cependant, le Cade s’est procuré une lettre portant sa signature et adressée à la ministre de l’Ecologie, témoignant de ses interrogations sur la transparence de RFF et des intérêts financiers du gestionnaire de chemins de fer français.

 

Les opposants ne baissent pas la garde

Le gel temporaire des sondages et des tracés sur le tronçon basque ne rassure pas vraiment le Cade. Attitude qui contraste avec la réaction enthousiaste des représentants du Conseil régional d’Aquitaine se réjouissant des conclusions de la dernière étude (voir édition d’hier). Dans un communiqué, ils en retiennent que “les conclusions […] viennent clairement conforter l’impérieuse nécessité du projet GPSO”.


Les opposants à la nouvelle LGV ne baissent pas la gardent. Ils organisent le 14 juillet prochain une randonnée sur le fuseau de la LGV entre Nivelle et Bidassoa. Deux itinéraires sont prévus ; les deux se rejoindront à Urrugne où un méchoui est prévu. Par ailleurs, ils rencontreront le député (UMP) Hervé Mariton le 28 juin. Ce dernier vient de rendre un rapport accablant sur la réalisation des nouvelles lignes à grande vitesse. Enfin, le Cade a envoyé à tous les conseillers municipaux d’Arcangues un courrier leur rappelant l’opposition de leurs concitoyens à la LGV, alors même que le maire J.-M. Colo est en sa faveur.


 

Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110623/274303/fr/%E2%80%9CCombien-trains-passent-par-le-Pays-Basque-%E2%80%9D-Silence%E2%80%A6

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