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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:01

 

 

article rousset590

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié le 05/01/2013 à 06h00


Par  Jean-Bernard Gilles


 « Sud Ouest ». Que reprochez-vous au fond aux propos de Gilles Savary, qui affirme que les projets de LGV au-delà de Bordeaux risquent « la congélation budgétaire » (1) ?

Alain Rousset. Quand on connaît l'impact économique de la LGV, les retombées que les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Hendaye auront sur le trafic de voyageurs et sur le fret, c'est une erreur pour un responsable politique de déposer les armes avant de combattre. Nous sommes, c'est vrai, en compétition avec d'autres régions, mais l'unité politique est de rigueur. Car le dossier avance. L'enquête d'utilité publique commencera mi-2013. Les premières acquisitions ont démarré avec des financements de la Région. De l'autre côté des Pyrénées, l'Y basque, la liaison entre Bilbao, Irún et Vitoria, sera achevé dès 2017.


Reste la question du financement du projet : où trouver quelque 12 milliards d'euros ?

La commission Mobilité 21 doit établir des priorités. Certains projets seront financés. Je rappelle que les 12 milliards dont il est question sont encore peu de choses au regard des capacités d'investissement de l'État. Que la LGV vers Toulouse et vers Hendaye est déjà estimée comme des plus rentables. Que, retenu au réseau transeuropéen de transports, le projet pourra recevoir, notamment dans sa partie transfrontalière, un soutien de 1 milliard d'euros. Et que les gains de temps de transport spectaculaires justifieront une certaine augmentation du prix des billets. Le tour du Sud-Ouest est venu pour ces investissements ferroviaires.


Un financement 100 % public est il possible ?

Le financement sera sans doute mixte. Mais je crois qu'il faudra revenir sur les conditions de rémunération de l'opérateur privé qui serait retenu comme concessionnaire. La rentabilité finale du projet Tours-Bordeaux est estimée à 15 %. C'est trop élevé. On devrait revenir à un chiffre plus raisonnable de moitié environ. Cela diminuera la facture publique. RFF facture aussi pour Tours-Bordeaux une provision pour risque qui est trop élevée. On a des marges.


Où les collectivités trouveront-elles les quelque 3 milliards d'euros pour financer leur part du projet ?

Si ce montant d'engagement se vérifie, les Conseils régionaux d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées mettront déjà la moitié de la somme, sur plusieurs années évidemment. Nous avons déjà souscrit pour le Tours-Bordeaux des crédits à long terme auprès de la Banque européenne d'investissement et de la Caisse des dépôts. Les agglomérations et les Conseils généraux seront aussi sollicités. À chacun ses responsabilités.


C'est un chantier colossal, historique, créateur d'emplois, qui mettra Toulouse à deux heures de Paris, Bayonne à 1 h 35 et Bilbao à 1 h 45 de Bordeaux-Saint-Jean. C'est un changement d'échelle. L'impact sur le report modal du trafic marchandise sera décisif. Celui sur le trafic des voyageurs sur les lignes TER de la région aussi. Les gares vont jouer un rôle nouveau dans nos villes.


Il faut regarder ce projet avec les lunettes de l'avenir. Ne pas douter et foncer. C'est ma réponse à Gilles Savary.


(1) Le 20 décembre, le député de la Gironde, qui a été un des quatre rapporteurs des Assises nationales du ferroviaire, considérait dans un entretien à « Sud Ouest » que le coût de GPSO ne serait pas compatible avec l'état des finances publiques.

 


Source http://www.sudouest.fr/2013/01/05/indispensable-tgv-925682-626.php

 

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