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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 10:54

 

 

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Jusqu’au verdict, Beñat Exposito, dit « Expo », préférait ne pas y croire. Après des mois de bataille judiciaire, le voilà soulagé. Il va pouvoir récupérer son lopin de terre. (photo bertrand lapègue)


Publié le 24/07/2013 à 06h00 | Mise à jour : 24/07/2013 à 15h38
Par Pantxika Delobel


Éleveur à Urrugne, Beñat Exposito, a remporté le procès qui l’opposait à l’entreprise autoroutière. Elle a 20 jours pour quitter son lopin.


Et dire qu’il y a tout juste six mois, Beñat Exposito n’avait jamais côtoyé un avocat ailleurs qu’au fond d’une assiette. Qui plus est, pour son premier procès, l’agriculteur d’Urrugne ne se mesurait pas à n’importe quel justiciable. Face à « Expo », Goliath était incarné par les Autoroutes du Sud de la France (ASF). Devant les juges, l’éleveur trentenaire contestait les travaux autoroutiers entrepris « abusivement » sur 3 000 m2 de son exploitation agricole. Sa ténacité a finalement été récompensée hier, par un coup de fil.


À l’autre bout du combiné, son avocat, Me Bernard Etcheverry : « Il m’a dit que les ASF avaient été déboutées pour ‘‘prise de possession illicite’’ », répète l’agriculteur en boucle, comme pour savourer un peu plus cette « petite victoire ».


Pour les Autoroutes, le verdict risque d’être lourd de conséquences. Une fois que l’huissier lui aura notifié l’ordonnance du tribunal de grande instance de Bayonne (en théorie aujourd’hui), l’entreprise disposera de vingt jours pour retirer ses engins de chantier, rétrocéder les terres enlevées et ressemer la prairie afin de rendre la parcelle dans son état initial. Passé ce délai, elle devra s’acquitter d’une amende de 1 000 euros par jour de retard.


Dans l’atelier de transformation de la Ferme Larrea, où hier, il préparait des chips, Beñat Exposito a cru tomber dans les pommes de terre. « Je savais que j’étais dans mon droit, mais pour s’attaquer à une entreprise privée qui représente en quelque sorte l’État, il faut être sûr à 100 % ! C’est l’histoire du pot de fer contre le pot de terre. Jusqu’au délibéré, je n’ai pas voulu me faire d’illusions. Je me disais qu’ils trouveraient forcément un argument qui ferait pencher la balance de leur côté. Mais au final, personne n’est intouchable. »


Pourtant, un signe aurait pu lui mettre la puce à l’oreille de l’éleveur bovin. Depuis quelques jours, sur le lopin de terre en question, pelles et bulldozers avaient cessé leur ballet incessant. Au total, les ASF ont pris possession de 8 hectares, propriété de Larrea. Une expropriation jugée « d’utilité publique » et qui ne pouvait donc être remise pas en cause. Néanmoins, Beñat Exposito et son associé contestent toujours le montant des indemnités laissées par l’entreprise.


L’ordonnance rendue hier concernait uniquement les 3 000 m² supplémentaires, où les engins avaient fait irruption début juillet. Pour cette parcelle, située en contrebas de la ferme, à une dizaine de mètres de l’échangeur de Saint-Jean-de-Luz Sud, la culture de cette année est déjà perdue. Beñat Exposito le sait, mais il préfère retenir la morale de l’histoire: « Même un rouleau compresseur doit respecter les plates-bandes du plus petit des fermiers. »

 


 

Source: http://www.sudouest.fr/2013/07/24/il-a-fait-plier-les-asf-1123029-4441.php

 

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