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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 12:50

 

 

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Dans la volière des vautours fauves, les trois salariés de l’association reconnue d’intérêt général, dont au centre, Céline Maury, directrice. (photo jean-daniel chopin)


Publié le 04/05/2013 à 06h00 | Mise à jour : 04/05/2013 à 09h52
Par Emmanuelle Fère


L’association Hegalaldia de sauvegarde de la faune sauvage en appelle à la solidarité des collectivités locales pour ne pas mourir à la fin du mois, faute de moyens


Sept vautours fauves, un cygne, un milan royal, des chouettes hulottes, un faucon crécerelle et un percnoptère d’Égypte sont parmi la cinquantaine de pensionnaires du centre Hegalaldia (l’envol en basque) d’Ustaritz. Mais depuis jeudi, les trois salariés et les 71 bénévoles de l’association reconnue d’intérêt général refusent d’accueillir les oiseaux, mammifères et autres reptiles malades ou blessés.


Car la structure créée en 2000 a voté, lors de son conseil d’administration du 29 avril, la dissolution, faute de moyens financiers. « Notre budget annuel de fonctionnement est de 180 000 à 200 000 euros, mais les subventions des collectivités locales sont insuffisantes », commente Céline Maury, directrice de l’association. En effet, selon la salariée, les soins prodigués aux animaux malades ou blessés coûtent en moyenne 250 euros par individu. Et en 2012, Hegalaldia a soigné 1 300 animaux de l’ensemble des Pyrénées-Atlantiques.


Maladies transmissibles

Stephan Maury, passionné de la première heure, et intervenant national sur les marées noires ne cache pas son amertume : « Les maires sont très forts pour parler de l’environnement, moins pour mettre la main à la poche. Dès qu’il y a une marée noire, les politiques sont prêts à investir des sommes colossales pendant trois ans, mais quand l’émotion retombe, il n’y a plus personne ». Et pourtant, l’hiver dernier, Hegalaldia a soigné une quarantaine d’oiseaux mazoutés, comme à l’accoutumée.


Si l’association, unique dans le département venait à disparaître, Céline Maury estime que le péril ne serait pas seulement pour la faune, mais aussi pour les humains. « Les animaux sauvages blessés peuvent être agressifs et ils peuvent être porteurs de maladies transmissibles à l’homme telles que l’aspergillose », alerte la directrice, qui ne baisse pas les bras : « On a passé le stade des pleurs, on est dans le combat. » Ainsi, même si la dissolution de l’association Hegaladia est prévue pour une assemblée générale extraordinaire le 17 mai, la salariée incite à la mobilisation. « On fait un appel aux 300 adhérents pour qu’ils ne votent pas la dissolution, mais pour trouver une solution. En janvier, les élus locaux ont été conviés à une réunion « de crise », mais seuls Marie-José Espiaube pour l’Agglomération Côte basque Adour (Acba) et le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques ont répondu présents.


Communes peu présentes

L’Acba subventionne l’association Hegalaldia certaines années : 2003, 2008, 2010, 2011 et 2013 (10 000 euros). Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques alloue, lui, 50 000 euros annuels et déplore le manque de générosité des autres collectivités locales.


Et pourtant les villes, compétentes en matière de salubrité publique, devraient se sentir concernées par la mission exercée par Hegalaldia, défend Céline Maury. « Tous les ans, nous envoyons une centaine de demandes aux communes, pour ne récolter que quelques milliers d’euros. Ainsi 1 500 euros d’Ustaritz (qui loue le foncier de 3 hectares moyennant environ 300 euros) ou 500 euros de Saint-Pée-sur-Nivelle. Hegalaldia perçoit également 20 000 euros de partenaires privés (1), et n’exclut pas de toquer à la porte des industriels, et leurs fondations. Un comble.


(1) Parc national des Pyrénées, jardinerie Lafitte à Anglet, Leclerc Anglet, Fédération départementale 64 des chasseurs.

 


 

Source : http://www.sudouest.fr/2013/05/04/le-chant-du-cygne-1043633-4395.php

 

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