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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 10:21

 

 

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Samedi 18 mai 2013


Depuis plus de deux mois, une tonne et demie de mimolette française est bloquée dans le port de New York, interdite d’entrée sur le territoire américain. Selon la Food and Drug Administration, le gendarme de l’assiette outre-Atlantique, les frometons en question auraient trop de mites !


Le problème, c’est que le ciron, cet acarien montré du doigt par la FDA, est indispensable à la fabrication de la mimolette : en colonisant les boules de fromage pour en ronger la croûte, il aère la pâte et lui donne sa texture cassante. Leader de la mimolette aux États-Unis avec 60 tonnes importées chaque année, l’entreprise normande Isigny Sainte-Mère flaire le coup de Jarnac pour l’éjecter d’un juteux marché.


Car, la mimolette, les Américains en raffolent.. Dans les crèmeries new-yorkaises, la mimolette fait figure de cheddar de luxe. Comptez 60 euros le kilo pour une boule d’« extra vieille » qui affiche vingt-quatre mois d’affinage au compteur. Du coup, les fabricants américains de cheddar voient d’un bon œil la fatwa de la FDA, laquelle évoque un danger allergène et « un taux trop élevé » de mites, alors qu’il n’existe aucun seuil limite officiel... Isigny Sainte-Mère en est désormais à discuter avec l’ambassade de France afin de pouvoir au moins rapatrier ses fromages.


Ce n’est pas la première fois que les Américains s’acharnent sur la bouffe made in France. De la moutarde au foie gras en passant par le Roquefort, pas moins d’une cinquantaine de nos fiertés culinaires sont taxées à 100 %. À l’inverse, tout est bon pour nous imposer dans l’assiette la malbouffe yanqui. Ainsi le steak badigeonné à l’acide lactique, que l’Europe vient d’autoriser après avoir subi trois ans de lobbying forcené. Quèsaco ? Plutôt que de se fatiguer à respecter des mesures d’hygiène draconiennes tout au long de la chaîne d’abattage, il suffit d’asperger d’antimicrobiens la bidoche pas très nette pour la transformer en morceau de barbaque propre comme un sou neuf.


Les Américains ne désespèrent pas de nous faire aussi adopter leur "poulet javel". Des carcasses de volailles que l’on décontamine en salmonelle et autres bactéries en leur faisant faire trempette dans des bains d’eau javellisée. Sans oublier l’incontournable bœuf aux hormones, que Bruxelles a retoqué en 2004 mais que les États-Unis tiennent toujours à nous faire aimer... Au pays des cow-boys, une grande partie du bétail reçoit sa dose d’hormones grâce à un implant derrière l’oreille qui diffuse l’une des six substances qui font pousser le bœuf 15 % plus vite.


Miteux ou calamiteux ?!



Le Canard Enchaîné N° 4829 du 15 mai 2013

 

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