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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 17:55

 

 

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épicerie associative épice et tout tremargat 06 juin 2013 Tremargat, le 6 juin 2013 Village écologique COMMANDE N° 2013-0639 (Thierry Pasquet)


 «Libération» est allé à la rencontre de ceux qui, dans la production et la consommation, privilégient les rapports humains. Des alternatives qui séduisent en temps de crise.


Par CORALIE SCHAUB

Libération 15 juillet 2013 à 22:41


«Préférer le mieux au plus.» C’est le mantra de l’Américain Robert Costanza. Ce ponte de l’«économie écologique» (Libération du 5 mai) n’a pas attendu la crise pour appeler nos sociétés à retrouver l’essence de l’économie, et son but originel : améliorer le bien-être de l’humanité, plutôt que tout focaliser sur la consommation et la croissance matérielle, en épuisant le capital naturel dont nous dépendons. Cesser de courir comme un hamster dans sa roue pour produire et accumuler des biens dont on n’a - souvent - aucun besoin. Bref, échanger, partager, construire ensemble.


Caricature. Libération est allé à la rencontre de ceux qui, mine de rien, appliquent déjà ce changement de société défini, entre autres, par Robert Costanza. Avec une série d’universitaires et d’économistes, ce dernier a présenté aux Nations unies un «Programme pour une économie soutenable et désirable», qui vient d’être traduit en français (1). Une marche à suivre qui n’a rien à voir avec la fameuse caricature du retour à la bougie - et pourquoi pas aux cavernes ! «Il ne s’agit absolument pas d’un sacrifice. Au contraire, ne pas opérer cette transition en serait un», affirme Costanza. Et de citer la phrase de l’économiste Kenneth Boulding : «Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer infiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.» Décroissance ? «Bon sens, plutôt. La croissance matérielle ne doit pas être un but en soi, et il faut cesser de se focaliser sur le seul PIB, dont la hausse ne contribue plus forcément au bien-être», rétorque Costanza. Concrètement, il s’agit de privilégier l’emploi au sens large, en y incluant par exemple le bénévolat. Le temps de travail est partagé, chacun se rend utile à la société, renforçant le tissu social.


Sur le terrain, il y a des raisons d’espérer : l’énergie est là, des citoyens se mobilisent et n’attendent pas que les politiques, souvent déconnectés des réalités, leur dictent leur mode de vie. Et cette énergie «remonte» de plus en plus de la base. La journaliste Bénédicte Manier a recensé une partie de ces initiatives citoyennes dans un bouquin vivifiant (2). Sur tous les continents, de nouveaux consommateurs, acteurs et producteurs échangent - avec ou sans argent - biens, services et savoirs, redynamisent l’économie locale, s’essaient à l’agriculture urbaine ou rendent leur village autonome grâce aux énergies renouvelables. Ce ne sont ni des Bisounours ni des «bonnets péruviens» néohippies, mais de plus en plus des enfants des classes moyennes, ultraconnectés à Internet et qui ont parfaitement intégré les acquis de la révolution numérique : partage d’expériences, économie du don et de l’immatériel…


Dogme. Un truc de bobos ? Pas que. Parce que partage et retrait du système marchand signifient aussi économies sonnantes et trébuchantes pour les plus défavorisés. Tous aspirent simplement à vivre dans un monde plus juste, solidaire et humain. Ils sont bien décidés à reprendre en main les enjeux qui les concernent, à tendre vers plus de démocratie, au sens noble, avec des décisions prises localement et collectivement. Bref, à remettre en cause le Tina («There is no alternative») que nous serine le dogme ultra-libéral depuis Margaret Thatcher. A cause de la crise, mais aussi d’un ras-le-bol de l’absurdité du système productiviste dominant. Cette tendance n’est ni nouvelle ni aboutie, mais elle prend de l’ampleur. Et prouve que l’innovation et le progrès ne sont pas forcément là où l’on croit.


(1) «Vivement 2050 !», éd. les Petits matins, 2013.

(2) «Un million de révolutions tranquilles», éd. Les liens qui libèrent, 2012.


Photo Thierry Pasquet. Signatures

 


 

Source: http://www.liberation.fr/economie/2013/07/15/economie-solidaire-les-circuits-paralleles_918529

 

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