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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 10:11

 

 

 

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Une délégation anti-LGV rencontre A.Rousset au Lycée Maritime à Ciboure le 13 janvier 2012 (photo ACE)

 

 

 

L'opinion - Tribune Libre


LGV : après le synode de la CCI, les infidèles répondent


14/02/2012 Pierre Recarte / Association Nivelle-Bidassoa


Le clergé pro-LGV avait d’abord appelé la majorité silencieuse de ses fidèles à se manifester avec ferveur le 9 février. Cet appel laissait augurer une immense procession ou un pèlerinage à Bayonne. En réalité, Monseigneur Courbu s’est ravisé et a revu ses ambitions à la baisse. Les voix célestes sont-elles intervenues ? Ce sera un simple synode permettant de s’affranchir du petit peuple. Le jour dit, il fallait franchir une double haie de gardes suisses, porteur de son signe d’appartenance, pour accéder au saint du saint. Seul le souverain pontife d’Aquitaine eut droit à une porte dérobée pour se soustraire à la vindicte des impies.


Redevenons sérieux et écoutons plutôt ce que rapportent les journalistes, seuls autorisés à assister à la cérémonie.


Jean-Robert Luc, directeur de Dassault à Anglet, rappelle que le prix du pétrole va devenir de plus en plus cher et donc celui des avions de plus en plus élevé. Nous ne pouvons que partager ce constat.


Didier Borotra, maire de Biarritz, se révèle très optimiste. Le 8 décembre 2009, il déclarait : “Je suis à fond pour la LGV. […] Le train, c’est en effet le moyen de transport de l’avenir”. En parallèle, il ne cesse de développer les liaisons low cost à partir de l’aéroport de Biarritz à destination de Madrid, Paris, Lyon, Marseille, Nice. Les vols low cost représentent 28 % du trafic régional dans notre pays et 38 % du trafic de l’aéroport de Biarritz. Lorsque toutes ces éminences montent à Paris, c’est souvent l’avion qu’elles empruntent.


Jean Grenet évoque l’enjeu de la LGV pour Bayonne et sa gare, une gare en crochet dont la desserte fait perdre douze minutes. RFF ne veut préciser le nombre de TGV qui la desserviront et si les TGV internationaux s’y arrêteront. Bayonne aura le même sort que Perpignan, qui n’est pas sur le tracé de la LGV. Les trains font un crochet, une perte de temps estimée à plus de 20 minutes. “Inconcevable pour les grands TGV !”, expliquent les acteurs du dossier, donc les grands TGV ne s’arrêtent ni à Perpignan ni dans les Pyrénées-Orientales.


Alain Rousset, fervent défenseur du ferroviaire, revient bien sûr sur le mur de camions sur l’autoroute oubliant qu’il est le promoteur de l’autoroute A65, Pau-Langon, déficitaire et désertée par les usagers. Il a laissé disparaître l’activité fret wagon isolé de la SNCF sans protestation.


Nous sommes pour le fret ferroviaire. Si l’objectif fixé par le débat public, à savoir un report modal absorbant l’augmentation du nombre de camions circulant, est atteint, nous serons ravis. Mais le mur de camions constaté aujourd’hui n’aura pas pour autant disparu, tout comme il reste présent dans le couloir rhodanien malgré la présence de LGV.


Alain Lamassoure intervient par vidéo interposée pour regretter dix années de retard.


Faut-il rappeler que ces élus de droite, convaincus de l’intérêt du ferroviaire, sont les mêmes à s’opposer à la signature de la taxe sur les poids lourds à Strasbourg. Dans le même temps, ils coulent les wagons isolés, autorisent les 44 tonnes sur la route et déréglementent le transport par autobus pour concurrencer le rail, etc.


Thierry Blandinières, directeur de Maïsadour, souligne que la LGV est indispensable pour les entreprises pour faire venir leurs sièges sociaux afin que le pouvoir de décision soit dans les régions. Cette LGV est aussi importante pour attirer les compétences.


Quelle méconnaissance de la réalité ! Une étude commandée par la ville de Bordeaux et la CUB à l’Agence d’urbanisme précise :

“Les relations entre Paris et toute métropole de province sont historiquement marquées par une certaine centralisation des activités dès que les affaires prennent une envergure nationale ou internationale. Ce mouvement, qui a précédé à l’arrivée du TGV, ne semble pas avoir été fondamentalement modifié par la grande vitesse ferroviaire. De nombreux entrepreneurs de ces grandes villes de province choisissent de déplacer leurs sièges sociaux à la capitale, pour atteindre une dimension nationale et non en raison d’une meilleure commodité de transport via le TGV. […] Disposer d’une gare branchée sur le réseau LGV, ne constitue pas un signe automatique de développement”.


Que constate le Cete de l’Ouest à Nantes sept ans après l’arrivée du TGV Atlantique ?


Contrairement à une opinion répandue selon laquelle le TGV peut être un vecteur fort du développement urbain et économique local, il semble que le TGV n’ait qu’une influence socio-économique limitée à Nantes. Dans le secteur économique, l’implantation géographique des entreprises ne serait que peu influencée par le TGV.


A Reims, à 45 minutes de Paris avec la LGV, le constat fait par Marie Delaplace, professeur d’urbanisme à Paris-Est, est similaire :

“Le TGV ne suffit pas pour attirer des entreprises. Lorsqu’il joue un rôle, celui-ci est secondaire. Son arrivée se traduit par des relocalisations d’entreprises locales au sein de l’agglomération mais n’empêche pas toujours les délocalisations”.


Toulouse et Rennes, non desservies par une LGV sont classées 1re et 2e villes de France pour leur dynamisme économique. Grenoble n’a pas attendu le TGV pour se développer et Valence, avec la LGV, peine à décoller sur le plan économique.         

                                                         

Bénéfices pour le tourisme 

Pierre Barat défend les bénéfices de la LGV pour les professionnels du tourisme : “Il faut se tourner vers l’avenir. Refuser la LGV, ce serait enterrer nos entreprises. Cela doit permettre de faire venir les gens”.


Le constat fait par Marie Delaplace est plus nuancé : “En matière de tourisme, les effets du TGV doivent également être relativisés. son éventuel impact est limité au tourisme urbain ou vert ou sportif de court séjour (sur un week-end) destiné plutôt à des couples ou à des personnes voyageant seules disposant de revenus moyens à supérieurs”.


André Garreta met l’accent sur les gains de temps rappelant qu’il faut 16 heures pour aller, en train, de Bordeaux à Bilbao. Ce qu’il oublie de préciser, c’est que l’essentiel du temps gagné l’est par l’Y basque au Sud. La dernière étude Citec montre que le gain de temps sur cette liaison par la LGV en Pays Basque est de 14 minutes !


Ces arguments, nous aurions bien voulu les rappeler à cette docte assemblée, mais nous sommes restés comme les gueux sur le parvis sous la surveillance de la maréchaussée.


Monseigneur Alain Rousset nous a invités, il y a un mois, à échanger avec lui nos points de vue à Bordeaux. Nous attendons toujours le rendez-vous.


En revanche, que son Eminence soit rassurée lorsque sera célébrée la messe de Requiem de la LGV, nous ne manquerons de l’inviter à la cérémonie en lui précisant la date !



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Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20120214/322029/fr/LGV--apres-le-synode-CCI-les-infideles-repondent

 

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