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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 08:31

 

 

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L’A 65 est l’une des autoroutes les plus chères de France. (photo archives guillaume bonnaud)


Publié le 14/10/2013 à 06h00 | Mise à jour : 14/10/2013 à 09h56
Par Dominique Richard


L’autoroute Langon-Pau a perdu 35 millions d’euros en 2012. Le trafic ne décolle pas et les collectivités locales, qui ont garanti des emprunts, s’inquiètent .


Mise en service à la fin de l’année 2010, l’A 65, l’autoroute qui relie Langon à Pau, file un très mauvais coton. En 2012, A’liénor, la société concessionnaire de ce ruban de bitume long de 150 kilomètres, a accusé 35 millions d’euros de pertes. Autant qu’en 2011 et quasiment l’équivalent de son chiffre d’affaires de l’exercice. Alors que les actionnaires tablaient sur une augmentation de 18 % du trafic, celui-ci n’a progressé que de 4,3 %. Et le surcroît de recettes obtenu par des augmentations tarifaires (21,60 € désormais l’aller Langon-Pau) a été effacé par la hausse des charges.


Ces chiffres sont issus du rapport annuel de la concession qu’A’liénor est tenu d’adresser au Conseil régional d’Aquitaine et aux départements de la Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Ces quatre collectivités ont cautionné 405 des 900 millions d’euros empruntés par A’liénor pour financer cet équipement. Selon les derniers comptages effectués par plusieurs associations hostiles à l’A 65, le cru 2013 pourrait bien être aussi amer. (1)


Au mois de juin, le trafic des véhicules atteignait 52 % de la prévision, celui des poids lourds, 66 %. « L’A 65, une autoroute en route vers la faillite ? La question mérite d’être posée », insiste le conseiller régional aquitain Patrick du Fau de Lamothe, expert-comptable de formation. L’élu, de sensibilité écologiste, membre de la majorité qui soutient le socialiste Alain Rousset,ne voit pas comment l’A 65 ne pourrait pas figurer à l’ordre du jour de la prochaine session budgétaire de la collectivité.


La Communauté européenne a banni à la fin des années 1990 le système de l’adossement qui avait permis le spectaculaire développement du réseau français. Auparavant, les bénéfices des autoroutes en activité finançaient les nouveaux tronçons. Mais aujourd’hui, les actionnaires d’A’liénor, le groupe de BTP Eiffage et la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef) ne peuvent plus faire jouer cet amortisseur.


S’ils ne pouvaient ou ne souhaitaient pas faire face à leurs engagements, l’État serait obligé de prononcer la déchéance du contrat de concession. Et les collectivités, donc les contribuables, seraient contraintes de mettre la main au portefeuille pour honorer une partie des emprunts. Pour l’heure, on n’en est pas encore là. A’liénor dispose de suffisamment de trésorerie pour faire face aux exercices 2013 et 2014, bien qu’ils ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. Ce n’est qu’à partir du moment où la moitié de ses fonds propres a été consommée qu’une société est placée dans l’obligation de recapitaliser ou de se retirer. Rien ne dit cependant qu’A’liénor veut jeter le gant. Si tel devait être le cas, ses actionnaires feraient une croix sur les 214 millions d’euros qu’ils ont investis dans une opération dont le coût global avoisine 1,3 milliard d’euros.


Reste que l’atonie du trafic ne peut que les inquiéter. Les promoteurs de l’A 65, chaudement encouragée en son temps par les grands élus aquitains et les responsables économiques de la région, prévoyaient le doublement de la fréquentation à l’horizon 2020. Mais pour l’heure, les flux attendus ne sont pas au rendez-vous. En 2013, 10 960 véhicules par jour étaient attendus, mais on sera sans doute très loin du compte.


La crise économique actuelle, le marasme dans lequel s’est enfoncée l’Espagne et le maintien des prix des carburants à un niveau très élevé ne sont pas de nature à dégager un horizon radieux. Les exploitants ne pourront pas dire qu’ils n’avaient pas été prévenus par les services de l’État. Dès 2005, un rapport d’enquête publique affirmait que « le trafic prévu ne suffira pas à équilibrer le coût initial de la construction et de frais de gestion et d’exploitation ». Autant en a emporté le fœhn !

 


(1) Il s’agit de la Sepanso, de l’Alternative régionale Langon-Pau et de Landes Environnement Attitude. (2) La société A’liénor, que nous avons contactée, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

 


 

Source : http://www.sudouest.fr/2013/10/14/l-a-65-n-en-finit-pas-de-perdre-de-l-argent-1198419-2932.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20131014-[zone_info

 

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