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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 12:07

 

 

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  par villedurable.org


San Francisco s’est positionnée comme un leader de la gestion des déchets en réduisant de 77% la part de ses déchets qui terminent dans des décharges ou des incinérateurs. La ville a obtenu une reconnaissance au niveau national au travers d’une approche à trois axes: l’établissement d’une législation forte en vue de réduire la quantité de déchets produits, un partenariat avec une compagnie de gestion des déchets partageant les mêmes objectifs et avec laquelle elle a pu initier des programmes innovants, et la création d’une culture du recyclage et de compostage.


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Lier engagement communautaire et action gouvernementale 

A San Francisco, le voyage vers une ville sans déchets a commencé avec l’instauration d’une loi de l’Etat en 1989, l’Acte pour une gestion intégrée des déchets. La loi demandait aux communes et districts de réduire de 25% la quantité de déchets jusqu’en 1995, et de 50% jusqu’en 2000. Au cours des deux dernières décennies, San Francisco a répondu à cette exigence au travers de plusieurs décrets ciblés sur différents secteurs du cycle des déchets.


En 2002, la ville s’est fixée comme objectif ambitieux d’atteindre zéro déchet d’ici à 2020. Depuis lors, la législation a mis la pression sur la ville, les résidents et les entrepreneurs pour augmenter la part de déchets recyclés. Ces législations de réduction des déchets comprennent notamment une ordonnance en 2006 sur la récupération des déchets de construction et de démolition, et en 2007 l’obligation pour les fast-food d’utiliser des emballages compostables ou recyclables. En 2009, après que les résidents et les entrepreneurs aient pris l’habitude du compostage sur une base volontaire, San Francisco a franchi une nouvelle étape réglementaire en rendant obligatoire le recyclage et le compostage pour tous les ménages et entreprises. Plus récemment, la ville a adopté un texte demandant aux commerces de fournir dès octobre 2012 des sacs en matériaux recyclables ou compostables. Toutes ces lois ont été échelonnées dans le temps de façon à ce que les infrastructures nécessaires aient le temps d’être mises en œuvre, et les acteurs impliqués de recevoir support, outils et information. Dans l’ensemble de l’État de Californie, une consigne de 5 à 10 centimes est prélevée sur chaque bouteille en verre ou en plastique, et plus de vingt centres de recyclage ont été mis en place dans la ville, où les résidents ou des collecteurs professionnels peuvent ramener leurs bouteilles et récupérer la consigne.


Une des raisons qui rend possible l’adoption de ces différentes lois est un soutien important de la part des citoyens, qui demandent un engagement concret et faveur de l’environnement. San Francisco a sollicité et soutenu l’émergence de leaders citoyens, y compris des avocats du domaine  de l’environnement. Une autre incitation à adopter des lois de réduction des déchets est les coûts liés à la mise en décharge à Livermore, situé à 82 km, où San Francisco doit transporter quotidiennement ses déchets. L’augmentation de la part recyclée et l’atteinte de l’objectif « zéro déchet » permettra de réaliser des économies substantielles par rapport à l’enfouissement en décharge.


L’administration urbaine, qui produit 15% de la part totale de déchets, s’engage à montrer l’exemple. Pour cette raison, trois personnes sont spécialement employées sur la réduction et la gestion des déchets produits par la Ville. Pour soutenir les mesures de réduction, un magasin virtuel en ligne facilite les échanges de matériel excédentaire entre les différentes agences urbaines. La ville est aussi incitée à faire des achats verts.


Le Département de l’Environnement de la ville est responsable de l’atteinte de l’objectif zéro déchet. Il emploie une petite équipe « Zéro déchet » qui met l’accent sur la sensibilisation, la mise en œuvre des programmes de recyclage pour les différents secteurs, et la promotion des politiques de gestion des déchets au niveau local et étatique. De plus, il a d’autres programmes de sensibilisation au sein du Département de l’environnement, employant vingt délégués à l’environnement. La plupart de ces postes sont issus de Environment Now, un programme annuel de formation aux « métiers verts » organisé par le Département. Les participants à ce programme viennent de tout San Francisco, mais en particulier des communautés de couleur défavorisées. Parce qu’ils sont issus de ces communautés mêmes, les délégués ont la possibilité d’atteindre les publics traditionnellement plus difficiles à toucher, et augmentent ainsi la participation de la communauté aux initiatives environnementales.


Une partie des succès de la ville peuvent être attribués à des financements conséquents, qui ne viennent pas des caisses de la ville mais directement des taxes de collecte des poubelles. Le budget annuel total du programme Zéro Déchets est approximativement de 7 millions US$, qui viennent des revenus prélevés par le partenaire en charge de la collecte des déchets.


Le partenariat avec une compagnie locale suscite des programmes innovants 

Le Département travaille étroitement avec Recology, l’unique collecteur de déchets de San Francisco. Recology résulte d’une fusion de deux fédérations de collecte de déchets nées dans les années 1920. La force de travail syndiquée de Recology collecte, recycle et traite tous les déchets résidentiels et commerciaux de la ville. Au fil du temps, la ville et Recology ont développé une forme de symbiose. San Francisco supervise, définit la politique des déchets et mène les recherches sur les technologies et les meilleures pratiques, pendant que Recology crée, teste et fait fonctionner les infrastructures de collecte et de traitement des déchets, des recyclables et des compostables. San Francisco garde une influence sur les activités de Recology, tout d’abord au travers d’un processus de redéfinition des conditions de partenariat qui a lieu tous les cinq ans. La ville rencontre par ailleurs l’entreprise chaque semaine afin de discuter toute question en suspens ainsi que les prochaines étapes du programme. Recology a également développé un marché du compost qui est destiné aux agriculteurs et jardiniers locaux.


Un des bénéfices de cette collaboration est l’actuel système de recyclage de San Francisco, le  Fantastic 3. Initié en 1999, le programme Fantastic 3 utilise des containers noirs, bleus et verts respectivement pour les déchets non recyclables, le recyclable et le compostable. Les entreprises et les particuliers séparent les déchets, et des camions de collecte à deux chambres collectent le non-recyclable et le recyclable, alors que de plus petits véhicules prennent en charge le compostable.


Un autre bénéfice de cette collaboration de longue date avec Recology est que la ville et la compagnie valorisent toutes deux les emplois locaux, syndiqués et bien rémunérés. Un accord entre la ville et Recolgy stipule que les emplois faiblement qualifiés doivent être pourvus au travers du Système de Promotion de l’Emploi de San Francisco, de façon à ce que ces emplois aillent avant tout à des habitants de la ville économiquement désavantagés. Les emplois commencent à 20$/h, à comparer avec le salaire minimum de la ville fixé à 10.24$/h. La ville exige aussi que Recology fournisse une couverture santé à ses 2’500 employés. Les employés ont acheté la compagnie en 1986, et ont initié un plan d’achat d’actions.


Objectif Zéro Déchet  

San Francisco est prête à adopter intégralement le programme Fantastic 3; il aura fallu deux décennies pour un changement de comportement et de culture à travers la ville. Environ 80% des 18’000 à 20’000 entreprises de la ville sont en conformité avec la loi de recyclage et de compostage, alors que tous les bâtiments résidentiels avec moins de six appartements séparent les déchets organiques, ainsi que la plupart des résidences de plus grande taille (7’200 sur 9’000). La ville se concentre désormais sur les 1’800 derniers immeubles qui ne compostent pas. Parmi ceux-là, les logements subventionnés, les résidences de studios et les logements publics.


En 2010, San Francisco à diminué de 15% la part de déchets qui terminent en décharge, par rapport à 2009, et cela représente la moitié de la quantité de 2000. Les citoyens génèrent chacun 1.7 kg de déchets par jour dont 77% est recyclé. La ville considère que sur les 23% restants, 75% sont recyclables, ce qui amènerait le taux de recyclage à environ 90%. En plus de cibler les 20% de bâtiments qui ne jouent pas encore le jeu, le Département de l’environnement est en train d’étudier une nouvelle installation de tri des déchets. Une installation de séparation à la fois mécanique et biologique, à basse température, avec système de digestion anaérobie, permettrait de récupérer les sacs plastiques, ainsi que des parties plus fines du flux de déchets.


La ville de San Francisco a été extrêmement efficace pour modifier les mentalités, les habitudes et la culture de ses citoyens afin de leur faire accepter l’objectif de zéro déchet. Aux Etats-Unis, ce n’est pas chose facile, en particulier si l’on considère l’image négative dont pâtissent les restes alimentaires et les déchets humides en général. En mars 2012, la ville a fêté sa millionième tonne de déchets organiques transformés en compost. La ville est bien engagée sur le voie du zéro déchets à l’horizon 2020.



Sources et informations complémentaires
Article original de Virali Gokaldas et de la Global Alliance for Incinerator Alternatives (GAIA) (traduit de l’anglais par Jean-Philippe Dind)
Site web de Global Alliance for Incinerator Alternatives GAIA
Le rapport complet Zero Waste (en anglais)


 

 

Source : http://villedurable.org/2012/12/08/san-francisco-une-ville-zero-dechet-en-2020/

 

 

 

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