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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 12:55

 

 

 

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Mardi 10 décembre 2013, par zadist  Mise à jour du 18 décembre


Nous vous invitons à diffuser ce document autour de vous



Description : - Prochaine rencontre des comités locaux : le samedi 18 janvier 2014 de 10h à 19h à Fay de Bretagne.
Description : - Manifestation à Nantes : le samedi 22 février 2014


Depuis la zad de Notre Dame des Landes

Chers comités, nous étions un certain nombre à ressentir le besoin de vous écrire depuis le mouvement d’occupation sur la ZAD. Il y a quelques mois, dans une atmosphère de répit, porté-e-s néanmoins par la force de la solidarité combative de l’automne dernier, beaucoup d’entre nous commencions à entrevoir la possibilité d’un abandon du projet d’aéroport. Nous voulions même imaginer ce que pourrait être dans ce cas l’avenir de la zone en termes sociaux, agricoles, politiques. Si ces réflexions étaient alors cruciales et nous ont aidé-e-s à donner un nouveau souffle à la lutte et un surplus de sens au mouvement, nous sentons aujourd’hui comme un regain de tension.


Les pro-aéroports, préfecture, vinci et consorts reprennent indéniablement du poil de la bête : annonces va-t-en guerre et commentaires victorieux sur le rejet des recours au niveau européen, fuites sur de possibles barbouzeries, publication prochaine des décrets préfectoraux nécessaires à « l’amélioration du projet », rapport fumeux de la Direction Générale de l’Aviation Civile sur le coût du maintien de l’aéroport actuel à Nantes, préparation du transfert des espèces et des travaux sur le barreau routier, autorisation européenne au gouvernement français de débloquer 150 millions d’euros pour la construction de l’aéroport... Le ciel qui s’assombrit en ce début d’hiver est balayé par de sales rumeurs et des signaux convergents. Il nous rappelle à la nécessité de nous focaliser sérieusement sur la possibilité d’un démarrage des travaux, dès le début de l’année, accompagné ou précédé de nouvelles offensives policières. Nous voulons d’abord, dans cette lettre, parer au plus urgent et faire le point sur les menaces qui pèsent sur la zad et sur les perspectives d’actions, manifestations et réactions dans les mois à venir. Mais nous souhaitons aussi prendre le temps de faire quelques retours sur la vie ici et sur les évènements marquants de ces derniers mois. Nous avons en effet le sentiment de n’avoir pas toujours réussi à transmettre où on en était depuis la fin de l’occupation policière, ou alors de manière éparpillée. Nous voyons bien que, de loin, il n’est pas toujours aisé d’appréhender ce qui s’est tramé dans le bocage.


Avant d’aller plus avant, rappelons que nous ne parlons pas ici au nom de l’ensemble du « mouvement d’occupation », entité multiple et hétérogène, sans représentation unifiée (et tant mieux). Nous tâcherons néanmoins dans la seconde partie de faire résonner jusque chez vous quelques voix d’ocupant-e-s et espérons relancer les dialogues et échanges nécessaires pour envisager ensemble la suite. Le début d’année 2014 sera sans nul doute décisif et il faut s’y préparer en conséquence. Nous ne pourrons gagner les batailles qui s’annoncent sans compter sur la force cumulée de tous les comités. L’un des objets important de cette lettre est d’ailleurs d’inviter à une rencontre avec les comités locaux, notamment ceux qui sont les plus proches géographiquement, le samedi 18 janvier 2014 (lieu près de la ZAD à préciser) en vue de préparer les prochaines actions communes.


Être à la hauteur de la menace

A l’heure où nous écrivons, l’annonce du calendrier préfectoral concernant la mise en oeuvre du projet d’aéroport est encore en suspens. Cependant, les grandes étapes à venir pour eux sont aujourd’hui à peu près claires, de premières perspectives en réactions de notre côté aussi.


– Empêcher le déplacement des espèces et la compensation 

Pendant la période d’un an précédant les expulsions, les experts de la compagnie privée Biotope ont été grassement rénumérés par Vinci pour répertorier les espèces présentes sur le site de la ZAD. Il s’agissait d’estimer et chiffrer selon leurs critères la valeur du bocage nantais et d’y appliquer des quotas de compensation. Pour obtenir le privilège de venir tout bousiller là où nous vivons, ils sont censés expulser et "reloger" des tritons crêtés et autres espèces "précieuses", déplacer certains arbres morts abritant des insectes, refaire quelques centaines de mètres de haies, des prairies humides et creuser quelques dizaines de mares. Logiquement ils devraient le faire dans la région alentour, sur des terrains achetés ou loués dans ce but. Mais comme, dans leur logique, tout est compensable, n’importe où et a peu près n’importe comment, il leur est aussi possible de « respecter » leurs quotas en opérant à l’autre bout de la France et même à l’étranger.


Au-delà de l’aéroport de NDDL il s’agit là de la mise en place de techniques d’ingénierie écologique, largement expérimentales et emblématiques du greenwashing moderne, qui pourraient servir de modèle et de légitimation sur la faisabilité d’autres projets de ce type. Pour des compagnies comme Vinci, il s’agit bien d’acheter un droit à polluer et à détruire. Des entreprises mercenaires comme Biotope ou Dervenn se chargent de le légitimer. La compensation incarne une logique gestionnaire qui entend pouvoir paramétrer et quantifier l’entièreté du vivant. Nous entretenons un rapport tout autre aux bois, bocages et chemins, aux histoires qui les traversent et aux être vivants qui habitent notre quotidien. Ces liens sensibles et savoir faires, outils, armes et complices, ressources ou repaires ne se laisseront pas aplanir. Nous refusons absolument que nos vies soient casées et fractionnées à l’infini dans des équations savantes selon les principes éco-nomiques en vigueur.


La mise en place du déplacement des espèces et de la compensation marquerait le début des travaux du futur aéroport. Ils doivent théoriquement opérer avant le 31 mars pour "respecter les cycles biologiques". Les en empêcher, ce sera donc retarder considérablement cette phase, nécessaire et emblématique pour eux, des travaux de l’aéroport. De premières mares fraîchement creusées ont déjà été rebouchées. Dans un appel commun (lisible sur le site zad ;nadir.org)), les opposant-e-s à l’aéroport appellent à venir bloquer les travaux de compensation sur place pour ceux qui le peuvent ou à protester par des actions adéquates devant les mairies PS, préfectures, ou bureaux locaux de vinci. L’alerte sera donnée largement en cas de travaux. Avis à se tenir prêt-e-s.


– Barrer le barreau routier  

Les travaux de l’aéroport devront débuter en outre par la construction du barreau routier, censé le desservir et relier les 4 voies Nantes-Rennes et Nantes-Saint-nazaire pour amplifier l’entrelacement urbain. Les deux projets, aéroport et barreau routier, sont conjoints, indissociables et destructeurs dans les deux cas. L’un pourra servir demain à justifier la nécessité d’achever l’autre. Sur le terrain, on s’accorde donc sur la nécessité de réagir en nombre dès la mise place des premiers chantiers du barreau, à priori notamment la construction d’un échangeur côté est. Une grande manifestation de blocage du chantier ainsi que la mise en place d’un campement de résistance à coté commencent à être discutés. (Pour plus d’infos et des cartes détaillées sur les travaux à venir, voir documents disponibles sur le site zad.nadir.org)


– En cas d’offensive policière et de seconde vague d’expulsion, multiplier les fronts 

En cas de nouvelle offensive policière massive, des appels courent toujours pour des occupations des mairies, préfectures et lieux de pouvoir un peu partout en France. Bien entendu l’arrivée de renforts et ravitaillements sur la zone, comme à l’automne 2012, sera crucial. En s’inspirant des actions des paysans solidaires lors des journées décisives du 23 et 24 novembre dernier, il nous apparaît en outre possible de travailler dès aujourd’hui à un blocage des axes routiers et des flux économiques essentiels de la région qui puisse se mettre en place le jour j. Diverses options sont envisageables et organisables à l’avance de manière décentralisée : barrages filtrants, opérations escargots, piquets, actions conjointes avec les paysans locaux... Cette perspective permettrait à celleux qui ne pourraient se rendre sur la zad de manifester efficacement leur soutien et leur colère, en forçant la préfecture à oeuvrer sur deux fronts, et en mettant en difficulté le déplacement de ses troupes, en accentuant le coup économique de l’opération et l’impact direct de la solidarité hors de la ZAD. Si vous êtes un comité proche géographiquement, nous vous invitons donc à participer au blocage de la région en le préparant en amont et se coordonnant à ce sujet. Si vous êtes plus loin l’appel à occupation des lieux de pouvoir reste inchangé.


– Manifestation du mouvement à Nantes le 22 février 

Une grande manifestation à l’appel de l’ensemble des composantes du mouvement anti-aéroport sera organisée à Nantes, le 22 février peu de temps avant les deux tours des élections municipales. Que cette manifestation survienne dans un contexte de résistance à des travaux déjà engagés sur le terrain ou en amont, elle donnera de nouveau une visibilité forte et massive au mouvement d’opposition à l’aéroport. A l’heure du déplacement des espèces, elle sera un nouveau surgissement du bocage au coeur de la métropole nantaise. Notons au passage que les têtes d’affiches des verts si loquaces lorsque les projecteurs pointaient sur Notre Dame des Landes se montrent bien discrets à l’heure où ils négocient sur les listes communes avec le PS pour les municipales.


– Rencontre des comités locaux le 18 janvier 

Pour creuser ces propositions et construire ensemble ces actions nous invitons avec l’ACIPA et COPAIN 44 à une grande assemblée des comités locaux (notamment ceux de la région mais pas que) le samedi 18 janvier 2014 de 10h à 19h à Fay de Bretagne. Pour tous renseignements, écrire à reclaimthezad@riseup.net

 


 

Source : http://zad.nadir.org/spip.php?article2051

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