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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 19:56

 

 

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Le vice-président (à droite) de l’association vient de recevoir le rapport des experts. Une pierre dans le jardin des riverains. PHOTO/Majid Bouzzit

 

06h00 par Jean-François BARRÉ | Mis à jour il y a 10 heures


Les riverains de la LGV qui se plaignent de fissures à Marsac viennent de recevoir un rapport qui exonère le constructeur. Ils le contestent et envisagent de nouvelles actions.


"On n’a pas vu d’experts. Tout ça, c’est du travail de bureau." Jean-Louis Wreczycki, le vice-président de l’"Association de défense des sinistrés par les travaux de la LGV Atlantique du lot 11", est déçu. Il vient de recevoir l’étude "des impacts de tirs de mines sur les habitations environnantes". Et les conclusions du rapport rédigé par Egide Environnement, un cabinet d’études basé dans l’Orne et saisi par Cosea, le constructeur de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud Europe Atlantique (SEA), sont sans appel. "À ces niveaux de vibrations, les tirs de mines ne sont pas générateurs de dégâts même mineurs sur les structures d’habitations environnantes."


Pas de quoi rassurer Jean-Louis Wreczycki qui garde un oeil sur les fissures qui décorent désormais sa façade. Comme celles de la petite quarantaine de maisons du secteur, de Marsac à Montignac ou Linars, qui se sont déclarées au même moment. "En 2012, quand ont commencé les tirs de mines", rappelle le vice-président de l’association.


"Il n’y a dans le dossier aucune étude géologique" 

Les assureurs des riverains ont envoyé leurs experts: ils n’ont pas encore rendu de rapport. Le cabinet mandaté par Cosea vient de les doucher. "C’est… désopilant, se désespère Jean-Louis Wreczycki. La moindre des choses, c’était de venir sur le terrain. Il n’y a dans le dossier aucune étude géologique. Les conséquences doivent être différentes selon la nature du terrain", s’interroge-t-il, un peu désappointé par les graphiques de l’étude, les schémas de "loi de propagation" qui constituent le corps du rapport, d’après les éléments transmis par Cosea.


C’est effectué sur la base des relevés de ses sismographes, installés chez les riverains dans un secteur de 200 mètres autour des sites de tirs de mines. Mais certaines mesures ont été réalisées bien au-delà de la limite des 200 mètres. Certaines fissures y ont aussi été décelées. "Je suis tout de même à plus d’un kilomètre de la voie", rappelle Jean-Louis Wreczycki.


Néanmoins, s’il concède des "niveaux des vibrations qui excèdent nettement le seuil de sensibilité des personnes" qui "augmentent le niveau de perception des tirs par les riverains", le cabinet d’études estime au final que c’est "la durée importante du chantier et des niveaux de vibration au-delà des seuils de perception qui favorisent la multiplication des plaintes, même si les niveaux sont en deçà des limites d’apparition de dégâts". Autant dire que pour les riverains, la démonstration est un peu courte quand "tous ont vu les fissures apparaître au même moment sur des maisons qui n’ont pas le même âge".


Cosea n’a pas souhaité commenter l’étude. Souligne simplement que "l’objectif était de valider les hypothèses et les méthodes de travail". Affirme aussi que des experts seraient venus sur le terrain en décembre 2013. C’est loin d’être suffisant pour les riverains qui n’ont vu personne et qui ont décidé de "ne pas baisser les bras". "On avait déjà saisi le Défenseur des droits et Dominique Baudis nous avait répondu. Nous avons saisi nos assureurs. Et on va écrire à Ségolène Royal en espérant que la ministre de l’Écologie nous réponde davantage que la présidente de Région. Et qu’Élisabeth Borne, l’ancienne préfète de Région, soit désormais à son cabinet peut être un atout. Elle connaît le dossier."


L’association compte aussi quelques spécialistes dans ses rangs qui vont décortiquer le rapport. "Et même s’il n’y a plus de tirs, si les gens risquent de se calmer parce que les travaux de terrassement sont terminés, même si les assureurs nous ont demandé de surseoir à toute démarche juridique en attendant les dernières expertises, on ne se laissera pas faire." Etcela passera forcément par le tribunal administratif.

 


 

Source : http://www.charentelibre.fr/2014/05/03/marsac-cosea-1-fissures-0,1893580.php

 

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