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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 06:43

 

 

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Actualité  Juillet 6th, 2014 | by L.E

 

 EDF qui exploite la centrale de Chooz doit s’expliquer devant la justice à propos d’une fuite d’acide sulfurique survenue entre les 6 et 15 décembre 2011.


Accusés d’avoir rejeté accidentellement 10 mètres cubes d’acide sulfurique dans la Meuse, en décembre 2011, les responsables de la centrale nucléaire de Chooz ont un système de défense bien au point: ils en déversent en moyenne 6 000 litres par jour. Alors un peu plus, un peu moins…


«La vérité, rien que la vérité, toute la vérité»: vu sous cet angle, le procès qui s’est déroulé hier matin au tribunal de police de Charleville-Mézières, dans les Ardennes françaises, a tenu toutes ses promesses, voire même au-delà.


EDF (Electricité de France), qui exploite la centrale nucléaire de Chooz, comparaissait pour s’expliquer sur une malencontreuse fuite d’acide sulfurique qui, entre les 6 et 29 décembre 2011, l’a vu déverser accidentellement entre 6 et 15 mètres cubes (soit entre 6 000 et 15 000 litres) de ce liquide hautement corrosif dans la Meuse. La faute à un clapet mal fermé, ou mal entretenu, et à des canalisations en mauvais état.


L’affaire avait fait du bruit, y compris de notre côté de la frontière: Chooz se trouve à l’extrémité de la Botte de Givet, et la Meuse coulant dans le sens que l’on sait, les rejets de la centrale, accidentels ou pas, ne doivent mettre que quelques heures pour se retrouver sous nos ponts.


Un argument contondant

Après une longue bataille juridique, leur plainte ayant dans un premier temps été déclarée sans suite, trois associations françaises de la mouvance écologiste sont parvenus à ce que ce dossier se retrouve au tribunal, hier matin. Leur but était clair: glaner quelques milliers d’euros pour préjudice moral mais surtout «parvenir à faire condamner EDF et établir ainsi une jurisprudence nous permettant de nous saisir d’autres dossiers similaires.»


L’audience a duré près de 3 heures. On passe sur les controverses technico-techniques, les arguties juridiques et les effets de manche des avocats pour en arriver au moment fort de la matinée. À la barre, Olivier Lamarre, ancien arbitre de foot de bon niveau (plusieurs dizaines de rencontres de L2 à son actif) mais surtout directeur de la centrale au moment des faits. Rebondissant sur la déclaration de son avocat, pour lequel «ce n’est pas une petite fuite d’un quart de centilitre par seconde qui peut avoir un impact sur la Meuse, alors que cette dernière crache 200 mètres cubes sur la même durée», Olivier Lamarre sortait alors un argument contondant: « Nous ne contestons pas cette fuite. Mais il faut savoir que tous les 2 jours, on reçoit à Chooz un camion-citerne qui nous livre de 10 à 15 mètres cubes d’acide sulfurique, utilisé pour traiter le tartre des tours réfrigérantes. Puis cet acide est rejeté dans la Meuse, en toute légalité.» Une info surprenante confirmée quelques instants plus tard par l’avocat d’EDF, très en verve: « Nous avons l’autorisation de rejeter tous les 2 jours cette citerne d’acide dans la Meuse. Alors qu’il en sort un peu par les voies autres que naturelles…»


L’affaire a été mise en délibéré: la justice doit se prononcer le mercredi 30 juillet.

 


 

Source  http://librexpression.org/centrale-nucleaire-six-mille-litres-dacide-chaque-jour-dans-la-meuse/

 

 

 

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