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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 14:09

 

 

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Omniprésents dans notre quotidien, les déchets disparaissent de nos vues et de nos esprits… sitôt le camion des poubelles passé. Pourtant ils sont bien là, pour la grande majorité enfouis ou brûlés - alors même qu'ils pourraient être recyclés à court ou long terme -, avec des conséquences irréversibles pour les générations actuelles et futures.

 

Mais alors que deviennent-ils ? A qui profite cette mauvaise gestion des déchets (notamment par l'enfouissement et par le tri mécano-biologique) ?

 

Pour répondre à toutes ces questions, le CADE et ses associations membres chargées des déchets organisent une réunion publique (projection d'un documentaire suivi d'un débat) le vendredi 16 mai, à 20h30, au Centre Elgar d'Hasparren.

 

13,8 tonnes de déchets produits par an et par habitant…

Selon l'ADEME, chaque année dans l'Hexagone, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères (dont 125 kg d'emballages!).

 

D'après l'Eurostat, la quantité produite monte à 536 kg par an, et intègre en plus des déchets des ménages, ceux des collectivités et également une partie des déchets d’activités économiques. En prenant en compte les déchets professionnels (BTP, industrie, agriculture, activités de soin), on atteint 13,8 tonnes de déchets produits par an et par habitant.

 

Quelles destinations pour les déchets?

En France, la destination de nos déchets se répartit ainsi (moyennes nationales) :

- Incinération : 30 %

- Décharges : 36 %

- Valorisation matière (recyclage) : 20 %

- Gestion biologique (compostage/méthanisation des déchets organiques) : 14 %

 

Près de 70% de nos déchets sont brulés dans des incinérateurs ou enfouis dans des décharges.

 

A qui profite le crime de "l'élimination" des déchets?

Cette proportion représente un aberration à double titre : d'une part les déchets brûlés ou enfouis aujourd'hui auraient pu être les déchets recyclés de demain (en Suisse, certaines collectivités procèdent au déterrage des déchets) et d'autre part cette politique "d'élimination" des déchets à un coût environnemental mais aussi financier exorbitant. Ainsi, en 2005, la gestion des déchets a coûté plus de 7 milliards d'euros aux collectivités française. Ce chiffre a doublé en seulement 10 ans.


 

Cette explosion des coûts s'explique en partie par les évolutions réglementaires mais aussi et peut être surtout par le contrôle des entreprises privées du secteur public des déchets. Dans un rapport de 2011, la Cour des Comptes mentionne ainsi que la plupart des entreprises du secteur sont « des filiales de grands groupes nationaux » (Veolia, Suez, Séché, Tiru…) et que le secteur manque cruellement de concurrence.

 

Les sociétés privées gagnantes, les citoyens perdants

Comme l'indique le CNIID, ce même rapport évoque aussi le fait qu'il n'y ait « Pas de véritable transparence de gestion », « pas d’information objective des citoyens », un pilotage « défaillant » et « imparfait », « faiblesse de la prospective », « des coûts à la hausse et insuffisamment maîtrisés  », « une maîtrise difficile par les collectivités de leurs relations avec les prestataires privés  »… Le CNIID affirme "le tableau 2011 de la gestion des déchets dressé par la Cour des Comptes est alarmant : il conforte plus que jamais nos demandes en matière de contrôle, de transparence ou d’information des citoyens".

 

Bil ta Garbi : des décisions à contre courant des objectifs environnementaux européens…

D'après le CNIID "les décharges sont la plus ancienne manière de se débarrasser des déchets, et se placent aujourd’hui en dernière position dans la hiérarchie européenne des modes de traitement des déchets (…). Malgré les pansements technologiques imposés par la loi, la contamination de l’environnement par les décharges persiste, de manière diffuse et durable, et participe au réchauffement climatique". Pluri-annuelles, les pollutions (eaux, air et terre) recensées sur le site d'Hazketa (décharge de classe II) ne peuvent que s'aggraver, notamment compte tenu des conditions dans lesquelles a été construite la décharge en 1975.

 

En ce sens, la volonté de Bil ta Garbi de prolonger durant 20 ans sur le site d'Hazketa (exploité par Suez, une entreprise privée…) est une décision politique irrationnelle, manquant cruellement de discernement.

 

En parallèle, et à l'instar de ce qui se passe dans le reste de l'hexagone, Bil ta Garbi a mis ne place une usine de tri mécano-biologique (TMB) : Canopia à Bayonne.

D'après le CNIID, " le TMB est vendu comme la nouvelle solution « écologique » pour continuer à traiter les déchets ménagers non triés en valorisant la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM) ou le digestat issu de la méthanisation de la FFOM en compost.

Or, sur le terrain, c’est une tout autre réalité : d’après l’ADEME, seulement 7 % des « composts » issus d’ordures ménagères répondraient à la norme sur les amendements organiques (NFU 44051) à respecter depuis le 1er mars 2009. En effet, la matière organique contenue dans les poubelles résiduelles est contaminée par différents polluants".

Cette matière non normée sera intégrée dans des plans d’épandage ou rejoindra un centre de stockage (Hazketa). Cet outil ne constitue donc en aucun cas pas une alternative à l’enfouissement. D'autant moins que, d’après l’ADEME, le coût moyen d’une tonne de déchets traitée par TMB varie entre 80 et 135 euros TTC (hors Taxe Générale sur les Activités Polluantes).

 

Dernier point  : Bil ta Garbi a tendance à mettre l'accent sur le recyclage au détriment d'une politique axée sur l’amont du problème : la réduction des déchets et le développement des alternatives permettant de limiter le recours au TMB (Canopia) et au stockage (Hazketa).

 

Pour mieux comprendre le fonctionnement environnemental et politico-économique des déchets à travers les décharges et le TMB, rendez-vous le vendredi 16 mai, à 20h30, au Centre Elgar d'Hasparren. Entrée gratuite.

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