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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 16:22

 

 

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Motion Syndicat des cheminots de Bayonne et Hendaye : 

 

 Les syndicats CGT des cheminots de Bayonne et Hendaye, très attachés au transport ferroviaire et à son développement, émettent des réserves sur le projet présenté pour les raisons suivantes :

 

-     Il met en péril l'emploi cheminot SNCF sur le site du port de Bayonne, car l'ensemble du travail au sol, ainsi que les dessertes vers le site de transbordement seront assurés par une filiale privée de la SNCF (l'entreprise VIIA). Le chiffre de 65 embauches annoncé nous paraît surestimé pour mieux faire accepter ce projet (en effet, ce chiffre est équivalent au nombre d’agents présents sur le triage d'Hendaye qui traite bien plus de 4 trains aller-retour par jour). De plus, il n'est pas précisé dans le projet que les salariés de VIIA viendront concurrencer directement le personnel SNCF déjà en place sur Bayonne et que cela entraînera donc une diminution du nombre d'agent SNCF (le même schéma s’est produit au Boulou). Le solde positif des embauches sera donc bien moindre que celui annoncé dans le projet et les emplois crées le seront au détriment d'emplois existants avec des conditions sociales plus basses pour les salariés.

 

-        L'implantation sur le site de Tarnos n'est pas conforme à la logique de transit sur le territoire Français. En effet, un tel projet devrait se situer plus proche de la frontière ou directement sur le territoire espagnol. S'il fallait choisir un site au delà de Bayonne, un site déjà dédié au transbordement de marchandises du camion vers le wagon comme le Centre Européen de Fret de Mouguerre serait bien plus approprié (Le choix du site de Tarnos répond avant tout, à une logique financière et pas au bon sens ni à l'intérêt général, le site de Tarnos appartenant au même groupe que l'entreprise VIIA).

 

Le principal argument utilisé par VIIA pour défendre l'implantation à Tarnos au lieu de Mouguerre est le besoin de déplacement de 2 passages à niveaux (cela coûterait pourtant bien moins cher que les 60 millions d'Euros des contribuables nécessaires à l'aménagement du site de Tarnos). De plus, sur l'autoroute ferroviaire Le-Boulou – Bettembourg, afin de rentabiliser l'autoroute ferroviaire et d'optimiser les trains qui ne sont pas remplis par les transporteurs, les trains sont complétés par des caisses mobiles (¼ des trains environ) ce qui ne sera pas possible sur le site de Tarnos, celui-ci ne disposant pas de grue, alors que cela aurait été possible sur le site de Mouguerre.

 

-                      Le manque de pertinence de la réponse apportée par une autoroute ferroviaire vis à vis du besoin du tissu industriel Français composé essentiellement de PME et PMI exclut de fait de l'offre, puisqu'il ne répond qu'à une logique de transit. De plus, l'expérience montre que la même organisation sur l'axe Méditerranée ne fonctionne pas, et la SNCF tracte déjà un train Dourges au départ d'Hendaye. Cela entraînera un report sur la route de marchandises aujourd’hui transportées par le rail depuis Hendaye vers Tarnos, voir même depuis toute l’Espagne.

 

-                      Le lobbying du constructeur de wagons MODALOHR qui réalise des bénéfices sur la vente de ses wagons hors de prix, alors que d'autres solutions existent (conteneurs, wagons poches) permettant une économie de plus de 50 % sur l'achat du matériel. De plus, les infrastructures existantes doivent être modifiées pour permettre le passage de ces wagons (tunnels, ouvrages d’art) pour un coût annoncé de 188 millions d’Euros, ce qui représente un surcoût exorbitant. Le choix de cette technique par rapport à la technique des caisses mobiles (en transportant la remorque du camion en plus de la caisse) entraîne un « poids mort » d'environ 20%. L'ensemble de ces points engendrerait une hausse des tarifs au km pour les transporteurs et limiterait l'attrait de ce mode de transport et les bénéfices annoncés.

 

-                   Le Business-plan fait état de train de 1050m à l'horizon 2019 (il est à noter que la perte de 20% de charge due au choix des wagons MODALHOR sera à peine compensée par cette augmentation de longueur). N'est-ce pas là également un argument pour réussir à rendre attractif ce projet? Le choix du site de Tarnos ne permettra pas en l'état de former des trains de 1050 mètres, (tous les trains de l'autoroute ferroviaire devront obligatoirement passer par le triage de Bayonne avant d'être livré ou après être sorti du site de SETRADA). Or le chantier de Bayonne est uniquement doté d'une seule voie de 750 mètres et aucune demande de travaux n'est prévue pour l'instant pour recevoir et traiter des trains de 1050m. De plus la circulation de trains de 1050m imposerait la modification de tous les garages sur l'ensemble du parcours (en cas d'incident sur le train ou tout simplement pour laisser passer d'autres trains) et cela n'a pas été pris en compte pour le moment. Avec la situation économique de RFF et sa dette colossale, nous sommes en droit de nous demander si cela se fera un jour?

 

-            Le recours au subventionnement public pour un projet qui ne répond pas aux besoins des industriels du territoire. Sur l'autoroute ferroviaire de Le Boulou-Bettenbourg, il y a eu 3 ans de subventions publiques versées, et nous n'avons aucune information sur les aides publiques prévues en plus des 300 Millions d’Euris pour le fonctionnement  de l’autoroute ferroviaire Atlantique. L'argent public doit aller en priorité, vers des alternatives qui correspondent aux besoins du tissu économique local (wagon isolé).

 

 

Pour l'ensemble de ces éléments, les syndicats CGT des cheminots de Bayonne et Hendaye se positionnent contre le projet d'autoroute ferroviaire tel qu'il est prévu entre Tarnos et Dourges. 

 

 

 

 

Fait à Bayonne le 29/04/2014

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