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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 10:22

 

 

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Didier Cade est le président de l'association Stop LGV Paca. Il plaide pour la réouverture du débat avant l'enquête publique. Photo M.My.

Mercredi 10/12/2014 à 11H23 La Ciotat

Fin octobre la Cour des comptes a rendu son rapport sur "La grande vitesse ferroviaire" et ses conclusions ne plaident pas en faveur des LGV. La cour souligne notamment que pour les projets en cours, la "rentabilité socio-économique des lignes à grande vitesse est systématiquement surestimée" ou que "la rentabilité des lignes diminue au fil de nouveaux projets de plus en plus coûteux".

L'association Stop LGV Sud Sainte Baume, présidée par Didier Cade, qui plaide pour l'arrêt du projet de Ligne nouvelle Paca, se réjouit de ce rapport qui va dans leur sens.

Ce rapport est une bonne nouvelle pour vous ?

"Oui car la Cour des comptes est d'accord avec nous. Leur analyse est complexe, le rapport parle de problèmes financiers mais aussi de gouvernance, qui impose le projet dans le temps. Le débat public a eu lieu en 2005. Le temps a passé, certains ne sont plus là, d'autres sont arrivés et on ne leur demande pas leur avis. Le débat de concertation est fait pour décourager les gens. Sur ces projets, il n'y a plus de démocratie. Mais même si ce rapport rejoint l'analyse que nous faisons (stagnation du trafic des TGV, hausse du trafic TER, les coûts de construction, le bilan carbone... ndlr), nous avons peur qu'elle reste une lettre morte de plus".

Comment pensez-vous mettre à profit ce rapport ?

"Nous avons envoyé un communiqué à tous les élus du Var, des Alpes Maritimes, des Alpes de Haute Provence et des Bouches-du-Rhône, pour qu'ils y pensent au moment des votes à la Région, qui va financer. C'est l'échelon principal, mais personne ne sait qui est son élu régional. On a donc aussi écrit à tous les conseiller régionaux, ainsi ils ne pourront pas dire, on ne savait pas."

Vous parliez d'absence de démocratie... 

"On veut nous faire payer un projet dont on ne veut pas. C'est un projet coupé de la base. Nous essayons d'obtenir un rendez-vous avec Ségolène Royal, ce communiqué a été aussi envoyé au ministre des Transport, jusque-là nous n'avons jamais pu rencontrer le ministre Frédéric Cuvillier et nous n'avons obtenu que des réponses politiques disant on arrête les grands travaux, mais c'est faux car malgré les discours officiels, le projet est toujours inscrit dans les Scot et les PLU pour le réaliser éventuellement plus tard. Il n'y a jamais de réponses sur les coûts, on nous dit ce n'est pas pour maintenant, c'est pour 2050... ils n'assument pas".

La Cour des comptes aborde plusieurs points par exemple elle estime qu'il faudra plusieurs années d'exploitation pour neutraliser le bilan carbone provoqué par la construction, ou préconise de "concentrer en priorité les moyens financiers sur l'entretien du réseau"... Quel est pour vous le point le plus important ?

"Le TER. Le problème est à résoudre maintenant. Il y a des solutions à moindre coût pour raccourcir les trajets, des évolutions techniques à faire pour permettre une densification du nombre de trains qui circulent. On ne doit pas seulement se dire je veux voyager vite mais combien de temps j'attends pour avoir un train, quel est le temps global du transport. Il faut fiabiliser le réseau, créer des parkings. Si la LN est réalisée, on nous dira on ne peut rien faire pour le TER car il ne reste plus un kopec. En revanche il faudra financer les travaux de la LN et les tarifs du TER grimperont".

Vous dénoncez aussi l'argument de la vitesse...

"On veut mettre Nice à 1h30 de Marseille, mais si on voulait vraiment la vitesse, ce n'est pas le bon trajet. En passant par Le Muy et Draguignan, c'est 160 km donc 30 mn. Là pour 17 milliards on gagne seulement 20 minutes !

On se paye des bijoux pour faire vivre une minorité, et on croit que l'on va relancer l'économie par des grands travaux alors que l'on creuse en fait la dette. Posons-nous les bonnes questions. N'y a-t-il pas mieux à faire comme mettre 1Md'€ pour éviter les inondations ?"

Vos objectifs aujourd'hui ?

"Nous voulons que les citoyens soient informés. Ce projet de LN n'est pas abandonné, il continue, ils doivent le savoir quand arrivera le temps de l'enquête publique. RFF veut éviter le débat, nous, on veut justement le remettre sur la table".

Marjorie Moly

Source : http://www.laprovence.com/article/edition-la-ciotat/3170395/la-cour-des-comptes-sur-la-meme-voie-que-stop-lgv.html

 

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