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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 07:41
 

                       

                       


Un pays. Quand jeunes et moins jeunes, urbains et ruraux, classes sociales diverses, syndicats, associations, partis politiques variés, élus de tous bords, se retrouvent ensemble, aussi nombreux, à arpenter la rue, c’est bien que la bataille de l’opinion est gagnée. Que le refus de la nouvelle ligne à grande vitesse a réussi à s’agréger, à prendre corps, et à créer un mouvement social.

 Environ 10 000 personnes (9 600 selon la police, 12 000 selon les organisateurs) ont répondu samedi à Bayonne à l’appel des élus et des associations opposés au projet de Réseau Ferré de France. En tête de cortège une centaine d’élus (dont une trentaine de maires du Labourd), la plupart portant l’écharpe tricolore. Des élus suivis par les militants associatifs du CADE et de la Sepanso.


Puis c’est le chapelet des banderoles clamant invariablement « pas de LGV ni à …, ni ailleurs », chaque commune ayant pris soin de se faire connaître : Lahonce, Hendaye, St-Pierre d’Irube, Villefranque, Mouguerre, Ustaritz, Ascain, Urrugne, Arbonne, Ahetze, Biriatou,…  Des banderoles bilingues le plus souvent. « Non aux voies nouvelles, Oui aux voies existantes » a aussi fait partie du Top 14 des messages adressés.

 Des manifestants qui ont le renfort d’élus de communes du sud Gironde (Landiras et St-Michel-de-Rieufret), d’habitants du Seignanx, et de Béarnais occitanistes. Il n’est pas sûr que ces renforts aient goûté la défense d’une LGV proclamée par Michel Hiriart, maire de Biriatou et président de la Communauté des communes du Sud Pays Basque, sur une voie nouvelle ailleurs qu’au Pays Basque.

 "Réseau de la Faillite Ferroviaire"

Un défilé coloré. Outre les classiques banderoles, de nombreux marcheurs portaient des t-shirt blanc aux inscriptions nettement hostiles au projet de Réseau Ferré de France. Des pancartes affichaient « Lobby Gaspillage Vandalisme, Réveillez-vous », d’autre prévenaient « Qui gaspille ? Vous ! Qui paye ? Nous ! ».

 Des enfants d’Ascain portaient joyeusement ensemble « Utzi gure mendiak », d’autres en solo « Mendi biziduna bai ». Des Azkaindar particulièrement mobilisés. Ils ont fait le déplacement avec six autocars, et une txaranga.

 RFF a été la cible de l’imagination des opposants : « La Grosse Verrue », « Réseau de la Faillite Ferroviaire », « RFF ta thune n’aura pas notre Rhune », « Europako loturentzat tokiko treinak nahiezkoak », « La grande vitesse c’est dépassé »,… on a même retrouvé un « Euskal Herria ez da salgai, AHTrik ez ».

 Du côté des organisations, on trouvait un ‘Debout La République Aquitaine Landes’, un seul cortège syndical celui de LAB (on pouvait toutefois remarquer la présence épars de responsables syndicaux de la CFDT et plus rarement de la CGT), Les Verts, le NPA, Attac, le mouvement Bizi qui a reconstitué un tgv pédestre, des opposants à l’Y basque aux slogans rodés et rythmés (recyclant parfois ceux de l’opposition à l’autoroute de Leitzaran)...



« Pas une seule voix pour les pro TGV ! »

La manifestation s’est achevée devant la sous-préfecture. Victor Pachon, porte-parole du CADE a rappelé que les populations « rejettent totalement cette plaie béante que l’on veut imposer au territoire ». Il a mis en garde les décideurs contre la « faute grave », « d’ignorer le désir de la population ». V. Pachon promet dans ce cas l’organisation de nouveaux référendums au mois de mars. Et surtout, à l’occasion des élections régionales, « pas une seule voix pour les pro-TGV ». Bref, « ne pas relâcher la pression ».

 Confrontation le 6 novembre                                               

Parlant au nom des élus, Michel Hiriart a estimé dans sa prise de parole que « c’est le Pays Basque qui est ici réuni ! ». Fustigeant une LGV sur voix nouvelles « sans intérêt », « dispendieuse » et « destructrice pour le territoire et ceux qui l’habitent », le chef de file des maires du sud Labourd a annoncé « la confrontation » le 6 novembre du projet de RFF avec celui de la contre étude du Citec.

 « Nous sommes porteurs de la légitimité du suffrage universel », « nous nous opposerons [au projet de RFF] jusqu’au bout ».

 reportage photos d'Angela Mejias



Source : http://www.paysbasqueinfo.com/fr/component/content/article/148-environnement/3080-une-lame-de-fond.html

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