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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:52

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samedi 13 février 2010

C’est un joli petit coin de la baie de Quiberon. Et c’est justement là, au Mor Braz, que le Conseil Général du Morbihan a décidé, le 28 août 2008, avec le feu vert de la préfecture du coin, d’immerger 65 000 tonnes de boues polluées.

 

 

 

Une montagne de vase extraite du port de plaisance de La Trinité-sur-Mer. Le hic, c’est que la vase en question est farcie au trybutylétain. Jusqu’en 1982, le « TBT », de son petit nom, était l’ingrédient favori des peintures antifouling dont sont généreusement badigeonnées les coques des bateaux pour éviter que les coquillages ne s’y collent. Jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que le TBT stoppait la croissance des huîtres creuses tout en les remplissant d’une substance gélatineuse, et changeait le sexe des gastéropodes, en dotant par exemple les femelles bigorneaux d’un pénis. Il a été interdit, du coup.

 

Déverser des tonnes de boues contaminées à 3 kilomètres des côtes d’Hoëdic, d’Houat et de Saint-Gildas-de-Rhuys, là ou la profondeur de l’eau n’excède pas 16 mètres, a fait bondir tous les spécialistes de la faune marine. D’autant que successivement dégusté par les bactéries, le phytoplancton, les mollusques, les crustacés et les poissons, le TBT a toutes les chances de se retrouver dans notre assiette.

 

Des analyses réalisées en juin dernier par l’Ifremer près de la zone où les 15 000 premières tonnes de vase ont été déversées ont révélé des teneurs en TBT « significatives » sur les coquilles Saint-Jacques qui « pourraient traduire une contamination du milieu par les sédiments immergés ». Qu’en pense Jean-Louis Borloo, notre ministre de l’Écologie ? Interpellé par le député socialiste Jean Glavany, qui a une résidence secondaire dans le coin, Borloo s’était fendu, le 12 octobre dernier, d’un courrier rassurant, dans lequel il évoquait la suspension de « l’ensemble des opérations de dragage et d’immersion ».

 

Sauf que, le 21 janvier, les travaux pour retirer du port de La Trinité les 15 000 tonnes restantes ont repris, au grand dam des opposants au projet regroupés dans dans l’association Sémaphore.

 

La perle, c’est que l’État vient de choisir le Mor Braz pour en faire l’un de ces fameux « parcs marins » promis par le « Grenelle de la Mer ». Avec pilepoil au milieu une décharge de vase contaminée. Voilà un sujet sur lequel Borloo ne peut pas rester vaseux !...

 

Source : Le Canard Enchaîné N° 4659 du 10 février 2010

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