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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 07:17

 

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jeudi 6 février 2014



 « Nous médecins de terrain, sommes inquiets des liens qui sont maintenant établis chez les professionnels exposés aux pesticides avec certains cancers, et certains troubles neurologiques tels que la maladie de Parkinson ; inquiets des liens qui sont retrouvés aussi chez des enfants dont les mères ont été exposées, inquiets car l’imprégnation de la population est générale… » Jeudi dernier, 1 200 médecins généralistes lançaient un appel pour « diminuer l’usage des pesticides ».


Rappelons que, avec 40 000 tonnes de pesticides aspergés peu ou prou chaque année dans les champs, la France est championne européenne. Voyez le dernier contrôle de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) sur les résidus de substances phytosanitaires dans les fruits et légumes. Non seulement 53 % des fruits et légumes recèlent des résidus de pesticides, mais, sur 689 prélèvements analysés, 11, 8 % sont carrément hors des clous. Soit parce qu’ils dépassent la fameuse LMR (Limite Maximum de Résidus autorisée), soit parce qu’ils recèlent des substances interdites !


Courgettes au procymidone, un fongicide à la fois cancérigène et perturbateur endocrinien. Pommes à l’imazalil, un autre éradicateur de moisissures, étiqueté par l’Agence américaine de protection de l’environnement comme « probablement cancérogène pour l’homme »… Fraises avec cinq pesticides interdits. Abricots farcis au diméthoate, un insecticide « à large spectre », comme on dit, banni en Europe car on le soupçonne d’être cancérigène.


Le plus goûteux, c’est quand on découvre que le nombre d’échantillons analysés par la DGAL est riquiqui : 26 cerises, 17 endives, 11 bananes, 9 ananas, 1 chou, 1 botte de cresson, 1 botte de haricots verts… Surtout pas d’excès de zèle ! Et, du coup, peu de sanctions (61 « suites judiciaires ») ; les accros au pulvérisateur n’ont donc pas vraiment intérêt à lever le pied. Comme l’écrivent à la fin de leur appel nos médecins inquiets, « les risques sont connus, des maladies sont évitables : mobilisons-nous pour les éviter ! »


C’est bien parti. Le 23 décembre, nos ministres de l’Agriculture, de la Santé et de l’Écologie ont signé un arrêté qui autorise les préfets à accorder des dérogations « temporaires » ou « d’urgence » pour l’épandage aérien de pesticides. Le gouvernement considère peut-être que, ce que racontent les blouses blanches, c’est des salades…


 

Le Canard Enchaîné N° 4867 du 5 février 2014

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