Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 14:51

 

 

 

suite......

 

P1010345

 

2 La pollution sonore marine                                                                  

Contrairement à se que disait Jacques Cousteau, les Océans sont loin d’être « Le monde du silence ». Les activités humaines ont transformées, au fil des ans, cette « trame » sonore en pollution. Selon certains chercheurs californiens, avec la mondialisation, la flotte marchande (pétroliers, remorqueurs, cargos, containers etc…) a doublé en nombre et quadruplé en tonnage remplissant ainsi les océans d’une bande de fréquence sonore de 500 hz.


Une équipe internationale d’experts en acoustique sous-marine a rédigé, sous l’égide de la commission OSPAR*, une synthèse des effets des bruits sous-marins provenant des diverses activités humaines sur la vie marine. Il en résulte que : « Le son est important pour de nombreux organismes marins y compris les mammifères marins, les poissons ainsi que quelques invertébrés. Chez beaucoup d’espèces il est utilisé pour communiquer, naviguer et forer ainsi que pour s’orienter. (…) il est clair que le son-marin anthropogénique est une forme de pollution lorsqu’il affecte ou bien est sur le point d’affecter la vie marine ».


L’étude d’impact environnemental n’a  pas tenu compte du fait que 17 espèces de baleines et de dauphins dont  le dauphin Mulard, le dauphin commun, le dauphin rayé, la baleine pilote ainsi que le cachalot, le petit  rorqual et  la baleine yubarta etc… possèdent des populations stables sur le littorale basque et plus spécialement dans la zone Jazkibel-Ulia. De plus, du côté Hendayais, déclaré zone Natura 2000 on trouve deux espèces  de cétacés: le marsouin commun et le dauphin mulard. Il s'agit, selon les biologistes basques (COBE), des mêmes populations qui partagent des aires d'alimentation et utilisent les domaines marins de Jaizkibel.


Nous nous demandons comment  la construction de ce projet pharaonique  qui nécessitera l’assemblage  de plus de 80 blocs de béton géants, en utilisant pour ce faire plus de 20 millions de mètres cubes de pierre sans compter les 3 millions de m3 de terre du Jaizkibel (qui seront utilisés pour combler l’espace appelé à se transformer en plateforme et qui proviendront de l’excavations des deux tunnels) se fera sans augmenter la pollution sonore marine et donc sans perturber gravement la faune aquatique  de la zone côtière?!


De plus, le transport maritime contribue pour beaucoup à l’augmentation du niveau sonore et avec la multiplication du nombre de bateaux qu’engendrerait le super port de Pasaia/Pasajes s’il venait à aboutir, les sources de bruit seront telles, dans le milieu marin, qu'elles pourraient empêcher les cétacés de communiquer, de s'orienter, et provoquer des modifications du comportement qui, dans certains cas, peuvent aboutir à des échouages et des décès.


Nous souhaiterions que l’Etude d’Impact Environnementale du Plan Directeur d'Infrastructures du port de Pasaia (PDIPP) se penche sur la population des cétacés et des différents impacts qu’elle subirait durant les phases de construction et d’exploitation du port extérieur. Il est à souligner que c’est également une exigence du document de référence du Ministère de l’environnement, du Milieu Rural et Marin.

 

En conclusion :

À l’aube du XXIe siècle, il apparaît clairement que nous vivons une période écocidaire. Cette année internationale de la biodiversité, synonyme de « vie sur terre » des plantes aux hommes, au travers de multiples interactions a vu naître des projets d’infrastructures pharaoniques  complètement destructeurs de cette biodiversité  que nous sommes tous et toutes censés(es) protéger (états et citoyens). Nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que les écosystèmes que constituent les différentes espèces remplissent des fonctions essentielles que nous serions incapables de reproduire malgré toutes nos avancées technologiques. La perte de biodiversité est considérée comme un problème d’environnement encore plus grave que le trou de la couche d’ozone, le réchauffement climatique ou la pollution.

 

P1010349.JPGToutes les photos ont été prises par MariJo qui fait partie d'un club de montagne


En réalité, l’étude d’impact environnemental du PDIPP n’a pas réalisé une évaluation adéquate des impacts environnementaux que générerait la construction  du super port extérieur de Pasajes et de son exploitation. On peut même affirmer qu’elle est partisane puisqu’elle n’a  nullement abordé la revitalisation, modernisation du port de Pasaia/Pasajes.


Dans ce contexte, nous appuyons la proposition d’Oceana et du cercle de l’ordre des biologistes basques (COBE)  de créer un corridor écologique littoral de Donosti/San Sebastian à Biarritz.  La zone marine de Jaizkibel-Ulia, pressenti pour la construction du super port de Pasaia/Pasajes constitue, à nos yeux, un élément clé du corridor basque qui s'étendrait sur plus de 35 kilomètres. La zone protégée couvrirait près de 27 000 hectares et abriterait plus d'une centaine de communautés et d'habitats différents, ainsi qu'un millier d'espèces.


Nous exigeons que:

- l'Autorité Portuaire et la Chambre de Commerce du Gipuzkoa retire ce projet  de super port extérieur pour les graves préjudices environnementaux irréversibles qu'il occasionnera s’il venait à être réalisé.


- La convention d’Aarhus et plus particulièrement la directive 2003/4/CE concernant l’accès du public à l’information en matière d’environnement et la directive 2003/35/CE qui traite de la participation du public aux procédures environnementales soit respectée et donc appliquée ce qui n’a pas été le cas du côté français.

-  soit respecté notre droit de participer à toute consultation transfrontalière comme le stipule l’article 11 de la loi 9/2006.

- La charte de l’environnement, partie intégrante de la constitution française, notamment l’article 1 qui stipule : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé »  ne reste pas lettre morte.

 

 

*La Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est ou Convention OSPAR (OSPAR pour « Oslo-Paris ») définit les modalités de la coopération internationale pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du nord-est. Elle est entrée en vigueur le 25 mars 1998, et remplace les Conventions d'Oslo et de Paris.

 


Les signataires :


Action Citoyenne Environnementale (ACE)


Le Collectif des Associations de Défense de l’Environnement Pays Basque Sud des Landes (43 associations)


Aunamendi, club de montagne

 

 

 

 

Une copie de notre participation non officielle a été envoyée :

 

Du côté Basco/Ibérique à :

- Monsieur Miguel Buen, Président de l’Autorité Portuaire de Pasaia/Pasajes

- Monsieur Pedro Esnaola, Président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Gipuzkoa

- Monsieur Markel Olano, Député Général, Diputacion Foral de Gipuzkoa

- Madame Maider Ziganda, Maire de Pasaia/Pasajes

- Madame Pilar Unzalu Pérez de Eulate, Conseillère du Département de l’Environnement, de la Planification Territoriale, de l’Agriculture et de la Pêche du Gouvernement Basque

- Monsieur Jon Ander Etxebarria, Doyen du Collège Officiel des Biologistes d’Euskadi (COBE)

- Madame Rosa Aguilar Rivero, Ministre de l’Environnement, du Milieu Rural et Marin d’Espagne

 

Du côté Français à:

- Madame  Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement,

- Monsieur Daniel Poulou, Député des Pyrénées Atlantiques

- Monsieur Kotte Ecenarro, Conseiller Général

- Monsieur Battite Sallaberry, Maire d’Hendaye

Partager cet article

Repost0

commentaires