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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 06:19



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Beñat Lecuona est attaché à la terre « dont il vit correctement » et qu'il exploite avec son épouse. (PHOTO E. F.)

 

 

 

Lundi 22 Mars 2010


 

TÉMOIGNAGE. Beñat Lecuona, maraîcher membre d'une Amap, n'a pas hésité à utiliser la voix des urnes ces deux derniers dimanches pour revendiquer sa colère face au tracé.


 

Faire de la politique ? Sûrement pas. « Je me suis installé ici pour être tranquille, et voilà qu'ils viennent m'emmerder jusqu'ici ». Beñat Lecuona, 43 ans, maraîcher à Chantaco, est remonté contre les faiseurs de LGV dont le tracé menace l'exploitation qu'il loue à son frère depuis 1997, et où il produit des légumes de saison.

 

Le cultivateur n'a pas créé de parti pour défendre ses idées. Il affiche cette modestie de « ceux dont ce n'est pas le métier ». Mais, il a battu la campagne... électorale. À Sare, où il habite, lors de la réunion d'un candidat. « Je lui ai demandé en quoi la LGV était utile. Il m'a répondu pour nos enfants, et pour le transport de marchandises qu'il faut mettre sur le rail ». Beñat Lecuona n'a pas été convaincu.

 

« Messieurs les décideurs »

Au premier tour, Beñat Lecuona a voté « pour une liste contre ce projet de fous. » Et hier, pour le dernier en lice qui s'y opposait. « C'est le seul thème qui me fait voter ». Sans avoir l'air de toucher à la chose politique, le fermier a tout de même signé un mail adressé aux décideurs et à « Sud Ouest », et qui ressemble fort à un manifeste. « Personne, de ceux qui décident, n'est venu me voir [...] Par ce projet, vous détruisez quelque chose qui compte dans la vie de nombreux Luziens, au-delà de ma propre vie et de l'avenir de mes enfants ».

 

Le maraîcher pense aménagement du territoire. Parmi les derniers agriculteurs de la commune, il nourrit des dizaines de Luziens, habitués du marché, et la quarantaine de ses abonnés de l'Amap (lire par ailleurs), sans compter les touristes de passage, l'été. « Tous les gens veulent manger de saison et local. Que le train m'apporte du raisin en janvier je m'en fiche, et les clients n'en veulent plus ». D'ailleurs, il ne peut satisfaire tous les clients. « J'ai de la demande pour 100 ou 200 abonnés. D'autres pourraient cultiver ».

 

 

Résisté aux promoteurs

Le cultivateur redoute la pression foncière à l'arrivée de la LGV. Pression qu'il estime déjà sensible. « Cela a été le défilé des promoteurs. Je suis le dernier cultivateur, tout le monde a vendu. Si on avait vendu, on aurait pour vivre tranquille pendant trois générations. Mais moi je veux travailler la terre ».

 

En cas de LGV, Beñat Lecuona n'a pas de plan B. Il estime qu'il est urgent d'étudier les besoins effectifs de transport. Selon lui, ils peuvent être satisfaits par l'ancienne ligne de chemin de fer, et par la route. À entendre le maraîcher, il est surtout impérieux de reconsidérer nos modes de produire. « Ainsi, le maïs du sud-ouest, qui part à l'étranger pour être transformé en aliment pour bétail, puis revient ici. On marche sur la tête ! » Pour l'heure, lui semble les deux pieds bien ancrés dans la terre luzienne.

 

 

 

Auteur : emmanuelle fère
saintjeandeluz@sudouest.com

 

Source : http://www.sudouest.com/pays-basque/actualite/st-jean-de-luz-hendaye/article/903185/mil/5848104.html

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