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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 07:37

 

 

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Sur son téléphone mobile, Odile de Coral à voix haute lit le mail de RFF qui annonce

aux militants qu'ils ont gagné cette joute. PHOTO R. G.

 

 

 

Un consultant a été envoyé hier pour le compte de RFF faire des études sur le faisceau de la LGV alors que le préfet vient de suspendre les sondages temporairement.



21 avril 2011 10h09 | Par Raphaëlle Gourin

 


Urrugne

 

 

Grosse colère et mauvaise surprise hier pour les militants de l'association Nivelle-Bidassoa qui se battent contre le projet de LGV. Un consultant du bureau d'étude Ecosphère, mandaté par RFF (Réseau ferré de France) pour assurer les études de terrain est surpris sur une propriété privée alors qu'il regagne sa voiture.


La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. À l'appel de l'association, une soixantaine de personnes, se rassemblent sur place dans le quartier de Mendixoko, encadré par la police. Le véhicule du jeune homme est bloqué. Un bras de fer s'engage qui va voir les anti-LGV l'emporter, non sans d'âpres négociations.


« Un arrêté obsolète » ?

Cet événement arrive alors que la situation semblait s'apaiser entre les différentes parties. La présence d'un envoyé de RFF ici, stupéfie d'autant plus que, voilà quelques jours (lire notre édition de lundi), le préfet s'est engagé à suspendre les sondages géotechniques sur le fuseau de la ligne, tant que les conclusions d'une étude en cours sur le sujet ne seront pas tombées.


« Il nous a présenté un arrêté obsolète, daté de 2009, qui l'autorise à prospecter. Il s'est introduit sur une propriété privée sans prévenir. C'est inadmissible, fulmine Pantxo Tellier, le président de Nivelle-Bidasso. Nous sommes là, vigilants. On attend qu'un responsable vienne nous expliquer la raison de sa présence ici. »


Précision : l'employé du bureau d'études est bien envoyé par RFF, mais pas pour faire des sondages géotechniques. Il est là pour procéder à « une prospection botanique ». Mais pour les personnes présentes sur place, il semble évident que l'annonce du préfet de suspendre les sondages, s'appliquait l'ensemble des études faites sur le fuseau de la LGV.


Une plainte déposée

Philippe Aramendi, conseiller municipal de l'opposition abertzale d'Urrugne et par ailleurs avocat, l'admet, il peut y avoir une différence d'interprétation sur ce point. Il admet aussi qu'on peut s'interroger dans ce contexte, sur la validité ou non de l'arrêté présenté par le prospecteur. Il montre le texte. « Par contre, d'un point de vue juridique, une chose est certaine : pour pouvoir s'introduire chez un privé, il doit le prévenir par courrier recommandé, cinq jours avant. Et là personne n'a été prévenu. » La police constate les faits. À ses côtés, un membre de la famille Tellechea, propriétaire du terrain, indique qu'une plainte sera déposée pour cette intrusion sur une propriété privée. Sur ces bases Odile de Coral, son opposant municipal en conseiller juridique à ses côtés, entame au milieu des manifestants, des tractations téléphoniques fermes avec Philippe Lacroix, chargé d'études et de concertation à RFF. Elle évoque la plainte, décrit la situation à son interlocuteur et pose : « À vous de voir. J'ai 60 personnes autour de moi qui bloquent la voiture du jeune homme envoyé pour votre compte par Ecosphère. On le laisse partir si vous m'envoyez un mail qui confirme que vous allez suspendre non seulement les sondages mais aussi les autres études. »


Tractations tendues

Elle raccroche. L'attente commence. Une demi-heure plus tard toujours rien. Et puis enfin le mail arrive. Les militants s'attroupent pour entendre la lecture à voix haute. Ils ont gagné. RFF demande aux bureaux d'étude de suspendre les investigations écologiques à Urrugne jusqu'à ce qu'un avis formel du représentant de l'État en définisse les modalités. Il propose une réunion avec le sous-préfet de Bayonne pour clarifier la situation.


Tous sont d'accord. Il faudra s'attacher à ce que cette suspension des études soit valable pour toutes les communes et pas seulement Urrugne. « C'est bon, on arrête, annonce Pantxo Tellier. On le laisse repartir », dit-il en désignant le consultant. « Et on peut même l'inviter à manger, s'il veut », lance quelqu'un dans la foule. Il ne veut pas.

 


 

Source : http://www.sudouest.fr/2011/04/21/lgv-un-prospecteur-surpris-chez-un-prive-377776-731.php

 


 

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