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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:54

 

 

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19/04/2012 Antton ROUGET


Depuis la décision ministérielle du 6 avril de valider le tracé du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), il est peu de dire que l’actualité autour de la LGV au Pays Basque est intense. En près de deux semaines, les péripéties se sont multipliées : de la polémique entre Michèle Alliot-Marie et François Fillon au refus, lundi, des présidents des Communautés de communes Sud Pays Basque, Nive-Adour et Errobi de rencontrer le cabinet du Premier ministre.


Hier, à la MVC du Polo Beyris d’Anglet, le Collectif des associations de défense de l’environnement (Cade) a tenu à faire le point sur l’approbation ministérielle et les réactions qui s’en sont suivies.


Si les opposants à la LGV ont rappelé que la signature du 6 avril “n’est pas une surprise”, ils ont révélé, chose “moins attendue”, le flou qui entoure le projet au Pays Basque.


La décision du ministère des Transports du 6 avril révèle, en effet, le besoin de “prendre en compte des hypothèses de réalisation cohérentes avec la saturation prévisible des capacités de la ligne et intégrant l’avancée des travaux de l’Observatoire des trafics et des évolutions économiques transfrontaliers”.


Une imprécision qui, selon le Cade, “laisse tout ouvert” : du passage en force au report lointain du projet. D’autant que l’Observatoire des trafics ne va pas rendre de résultats de sitôt. “Il faut travailler sur le long terme”, explique Frédéric Perriere, chef de la mission GPSO par intérim après le départ à la retraite de Christian Maudet, qui précise que l’Observatoire ne pourra pas rendre ses premiers résultats pour 2013.


“Vous indiquerez à quel moment il vous paraîtra nécessaire de procéder aux sondages” : le ministère des Transports a clairement révélé que les sondages des sols, suspendus par décision préfectorale depuis avril 2011, vont redémarrer. Reprise des sondages donc, mais aussi premières “acquisitions foncières”. Ceci montre, selon le Cade, que les promoteurs du projet pourraient bien faire fi des travaux de l’Observatoire. De surcroît, rappelle l’association, l’enquête publique est prévue pour 2013 et la déclaration d’utilité publique est déjà programmée, sans attendre les résultats de l’enquête, en 2014.


Que cela soit pour les sondages ou pour les acquisitions foncières, le Cade a réitéré son appel à la mobilisation : “Comme nous l’avons fait par le passé, nous allons continuer à nous mobiliser, nous lançons aussi un appel aux élus pour qu’ils barrent la route à la spéculation foncière.”


Evoquant les affirmations de MAM (selon elle, Thierry Mariani, ministre des Transports, n’était pas au courant de la lettre signée par son directeur général, et un membre du cabinet du Premier ministre en charge du dossier LGV viendrait d’être engagé chez RFF), l’association a, par ailleurs, dénoncé les “méthodes de l’oligarchie dominante”.


Interpellation des candidats aux élections législatives, mobilisation en juin, grande manifestation à l’automne : les opposants ne sont pas près de “lâcher le morceau”.


 Les voies saturées à l’horizon 2030-2035 ?

Alors que le tracé du GPSO a été validé le 6 avril dernier, le Cade révèle que la “saturation des voies existantes s’éloigne encore”. Les différences entre les prévisions de croissance de l’Hexagone, et surtout de l’Etat espagnol, et la croissance réelle sont, selon l’association, responsables d’une nouvelle révision du trafic. Citant les prévisions de croissance d’Eurostat, organisme qui produit les statistiques officielles de l’Union européenne, le Cade révèle que, pour 2012, la récession est prévue pour l’Etat espagnol (-1 % du PIB) et une croissance à 0,4 % pour l’Etat français. Une évolution en décalage avec les projections des “pro-LGV” qui évoquent une croissance de 1,46 %/an pour l’Hexagone, et de 2,52 %/an jusqu’en 2025.


En 2011 déjà, le Conseil général de l’environnement et du développement durable a reporté la saturation des voies, prévue par RFF, la Région et la CCI en 2020, à l’horizon 2030-2035. Le Cade regrette que ce “point fondamental” n’ait jamais été abordé dans l’Observatoire.

 


Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20120419/335461/fr/LGV--les-opposants-craignent-%E2%80%9Cpassage-force%E2%80%9D

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