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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 08:08

 

 

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L'usine Fertiladour du Boucau ne peut plus nier sa responsabilité dans la contamination radioactive du site, mais, à qui veut l'entendre, ses salariés n'ont pas à s'inquiéter.


La mort ce mois-ci d'Henri et Roland a permis de mettre à jour la contamination des ouvriers par inhalation de poussières, qui ont progressivement obstrué leurs poumons, jusqu'à leur enlever toute possibilité de souffle.


La silicose. 

"Une maladie professionnelle dont on ne guérit pas", m'avait confié Henri l'an passé. "Maintenant, on est malade, nous, mais avant nous, et certainement après, il y en a d'autres qui le seront !", enrageait Roland.


Des poumons remplis de sable, des vies abrégées par la souffrance et l'handicap, et des derniers instants où l'on ne trouve plus de répit, quand chaque seconde vous donne l'impression de vous noyer.


Jusqu'à la mort.

Quatre ouvriers ont été officiellement reconnus comme atteints de silicose, dont Henri et Roland.  "Nous sommes plus d'une vingtaine à être atteints, mais pour la plupart, on a quitté Fertiladour dès qu'on l'a su", me confiera un ancien ouvrier.


La silicose.

Un risque professionnel qui doit être assumé et combattu par l'employeur, dans des métiers liés à l'extraction minière ou, comme à Fertiladour, au broyage de minerais.


Avec Pierre et Jean Yves du comité de soutien aux victimes de Fertiladour, nous avons décidé de rendre publics deux rapports officiels de la Caisse Régionale d'Assurance Maladie qui montrent que les ouvriers ont également été broyés par une vulgaire logique financière de réduction des coûts de sécurité.

 

ici

 

En 1990, l'alerte est donnée sur "les risques graves de silicose", préconisant une refonte globale des systèmes d'aspirations des poussières, le port de masques respiratoires adaptées à ce risque, et la mise à disposition de scaphandres à adduction d'air.


On mesure alors dans tous les secteurs de l'atelier des taux de poussière dramatiquement élevés, jusqu'à 50 fois le maximum autorisé par la réglementation.


En 2000, 10 ans plus tard, un nouveau rapport pointe le fait que "aucune amélioration décisive n'a été apportée par rapport aux précédentes mesures".

 

ici

 

On y mesure toujours des taux extrêmement dangereux, jusqu'à 11 fois le seuil d'alerte maximale.

"Tous les salariés travaillant à l'atelier minerai, de l'agent de maîtrise aux conducteurs d'engins, agents de maintenance, manutentionnaires et ensacheurs, doivent être considérés comme exposés au risque de silicose", complète une note en 2000.


La silicose n'est ni une fatalité ni le fait du hasard. 

Croisé à l'enterrement d'Henri, l'actuel directeur d'Agriva Fertiladour nous a expliqué qu'il n'existait pas de rapports précisant le manquement de l'industriel à ses obligations de protection des salariés.


Un mensonge de plus.


Sur le site www.yallah-yallah.net, ces deux rapports sont désormais téléchargeables, et nous en avons remis des copies au Journal du Pays Basque, qui publiera samedi 23 avril nos motivations et leurs analyses des rapports.


Quelques soient les conséquences liées à la mise à disposition des victimes et de leurs familles de ces deux rapports, nous ré-affirmons que la vérité doit être faite sur les pratiques monstrueuses de cet industriel.


Au nom des victimes 

Ramuntxo


http://www.yallah-yallah.net/

 

 

 



 

 

 

 

 

 

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