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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:21

 

 

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Le syndicat a tenu hier une conférence de presse fleuve. Alain Baché avait pris place à la table des débats. (Photo Loïc Dequier)

 

Les opposants landais ne sont pas surpris de la décision du Copil. Les pro-LGV respirent, même si des questions restent en suspens notamment pour la liaison en direction du Béarn||Cgt Pour le syndicat, la rénovation des voies ferrées et un meilleur maillage du réseau restent les priorités.


06h00 Par Pierre Sabathié

 

 

Le comité de pilotage (Copil) de la LGV a arrêté lundi le tracé de la ligne nouvelle entre Bordeaux et Hendaye. Voilà qui va réjouir les pro-LGV qui craignaient que les propos du ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, tenus juste avant Noël en conclusion des Assises du ferroviaire, ne viennent freiner, voire interrompre le projet entre la capitale de l'Aquitaine et la frontière espagnole.


Henri Emmanuelli n'a d'ailleurs jamais vraiment cru que le gouvernement pouvait mettre un coup d'arrêt au projet GPSO, et attendait de voir son développement à l'orée de 2012 avant de se prononcer. Le Département n'a pas encore débloqué sa participation au financement de la LGV au nord de Bordeaux, mais ardent défenseur du projet, Henri Emmanuelli devrait certainement en discuter avec son assemblée dans les prochaines semaines. Le Département attendait en effet la décision du Copil de ce début janvier pour statuer.


Côté opposants à la LGV, on n'est pas surpris. Jean-Pierre Pedespan, le président de l'Accril (Association de coordination des citoyens et des riverains landais), réagit « Je constate la fébrilité des élus politiques et celle du préfet coordonnateur pour avancer sur la phase administrative du projet. Ils veulent verrouiller la déclaration d'utilité publique pour faire les acquisitions foncières et activer les expropriations. Cette décision de lundi était téléphonée. Mais entre les déclarations de décembre et les choix de janvier, il y a des changements qui ne font pas très sérieux vu le coût que représente le projet. On parle de 12 milliards d'euros, je pense qu'on sera plutôt à 16 ou 18. Où va-t-on trouver l'argent ? »


Les Landes n'étaient pas physiquement représentées dans le cortège des opposants qui s'étaient massés devant le Conseil régional d'Aquitaine lundi à Bordeaux pour manifester leur désapprobation. Mais 80 élus basques avaient fait le déplacement. « En tant qu'élus, nous avons des responsabilités, des devoirs. On ne peut pas cautionner un projet qui mènera tout droit à un gouffre financier », expliquent-t-ils. « Ce qu'il faut, c'est un vrai moratoire », poursuit Alain Iriart, conseiller général de Saint-Pierre-d'Irube.


Du côté du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, Georges Labazée, qui présidait la cérémonie des vœux du Département lundi soir à Pau, a déclaré : « Je m'en tiens au calendrier. Nous nous battrons pour que la LGV parvienne en Béarn et Bigorre, nous restons vigilants quant au tracé de la LGV au Pays Basque, et sur la nécessité qu'une ligne à grande vitesse relie Bordeaux à l'Espagne. »


Dans les Landes, on n'est pas opposé du tout à une liaison vers le Béarn. La question qui fait débat porte plutôt sur le tracé, lequel dépend aussi de la destination. Vers Orthez, la logique penche forcément vers un passage en Chalosse. Si il s'agit de rallier Pau, c'est l'Est du département, le Marsan et le Tursan en particulier, qui sera concerné. Les élus des territoires impliqués plaident chacun pour leur chapelle.


La Communauté d'agglomération du Grand Dax, en revanche, a adopté le jeudi 22 décembre une motion sur le projet de barreau LGV Béarn-Bigorre. Elle demande que « les trains à destination du Béarn et de la Bigorre continuent à desservir la gare LGV de Dax » et la mise à l'étude d'un scénario E pour améliorer la ligne actuelle et « desservir dans des conditions optimales Orthez, le bassin de Lacq, Pau, Lourdes et Tarbes ». Si l'une des options A, B, C ou D était retenue, l'agglomération dacquoise serait « amenée à remettre en cause sa contribution au GPSO ».


« Il faut plutôt se préoccuper de l'existant »

Devinette du syndicat CGT des cheminots Nord des Landes : pourquoi les trains réduisent-ils leur vitesse avant d'aborder certains tronçons ? Parce que « 3 000 km de voie ferrée sont en mauvais état et qu'il y aurait des risques d'accidents s'ils circulaient à vitesse normale sur ces portions », répond Didier Le Reste, ancien secrétaire général de la fédération CGT des cheminots et animateur du front des luttes au Front de Gauche.


Partant de cette observation, pas étonnant que le projet GPSO de construction d'une LGV Bordeaux-Espagne passant par les Landes, ne suscite pas un enthousiasme délirant au sein de la fédération CGT des cheminots, de l'union départementale CGT et du syndicat CGT des cheminots Nord des Landes, qui organisaient hier une conférence de presse fleuve sur la situation du rail, aux côtés du conseiller régional Front de Gauche, Alain Baché.


« La priorité n'est pas de mobiliser des fonds publics pour la construction d'une infrastructure nouvelle, confirme Alain Mesplède, responsable départemental de la CGT. Il faut plutôt se préoccuper des infrastructures existantes, les rénover et les développer, et il y a à faire. »


Selon ces syndicats, le service public rendu par le rail serait de plus en plus « approximatif ». Un sentiment dont ils se sont ouverts dans un courrier envoyé au préfet de Région : « Au vu de l'état de délabrement et d'usure prononcée constatés sur le réseau, la priorité doit être portée à son renouvellement et à sa modernisation en y consacrant les moyens financiers nécessaires. Ceci, avant d'envisager toute nouvelle extension de LGV trop onéreuse », écrivent-ils.


Rouvrir l'étoile montoise

Cette question du coût est même brandie comme l'argument décisif : « Rénover 10 000 km de voie coûte 8 milliards d'euros, quand la construction d'un kilomètre de LGV coûte 10 millions d'euros, explique Yves Carresse-Tassi, du syndicat CGT UFCM (maîtrise et cadre). La rénovation de la ligne Mont-de-Marsan - Tarbes coûterait un million d'euros du kilomètre. »


L'une des propositions de la CGT cheminots Nord des Landes est d'ailleurs la réouverture de l'étoile montoise : les lignes Mont-de-Marsan - Tarbes, Mont-de-Marsan - Roquefort et Mont-de-Marsan - Dax.


« Si nous ne sommes pas opposés à la LGV, il y a tout de même des priorités, résume Alain Baché, sous sa casquette de conseiller régional Front de Gauche. Comme œuvrer à pallier la vétusté du réseau ferré et mailler le territoire différemment. »


Aurélie Champagne

 


Source : http://www.sudouest.fr/2012/01/11/le-trace-de-la-lgv-est-adopte-601243-640.php

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