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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:21

 

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Publié le 28/04/2014 à 06h00 par Emmanuelle Fère


tarnos Une filiale de la SNCF veut transporter entre les Landes et le Nord-Pas-de-Calais, les marchandises des camions. L’enquête publique se profile


Face à Turbomeca, le site de la Setrada, avenue du 1er-Mai, à Tarnos, n'est pas de ceux qui se remarquent. Une vaste clôture abrite les activités de fret, de stockage et de préparation d'automobiles neuves, gérées par cette filiale de la SNCF, sur 30 hectares. Cet espace, une autre filiale de la SNCF l'a jugé remarquable. Elle s'appelle VIIA et a été créée par Geodis (activité fret de l'opérateur historique du rail) pour être le concessionnaire du projet d'autoroute ferroviaire atlantique.


VIIA veut faire de la Setrada le lieu de son futur terminal d'autoroute ferroviaire, entre Tarnos et Dourges, près de Lille. Le parking serait l'une des deux extrémités de cet itinéraire de 1 050 km, destiné à transborder les semi-remorques depuis les camions sur les wagons. Le concept d'autoroute ferroviaire a été créé par la Loi Grenelle I et se veut une alternative aux transports routiers de longue distance.


Trains d'un kilomètre de long

Deux tronçons d'autoroute ferroviaire et leurs terminaux ont déjà vu le jour via la France, dont l'un reliant le Luxembourg et Le Boulou (près de Perpignan), avec VIIA pour concessionnaire de l'État. Selon Thierry Le Guilloux, président de VIIA, cette expérience est concluante, avec « une augmentation de 9 % du fret transporté en 2013, et un équilibre financier à nouveau atteint en 2014 ».


Selon les responsables de VIIA, en visite le 24 avril à Tarnos, au sein de la Setrada, le lieu a été choisi pour le futur terminal, car il réunit la connexion au rail, la proximité de l'A 63, et la possibilité d'investir dix des 30 hectares. « Nous pourrons accueillir des trains d'un kilomètre de long, cela n'aurait pas été possible au Centre européen de fret de Mouguerre », vantent les dirigeants. Ils mettent aussi en avant l'argument écologique : 100 000 camions en moins sur la route en 2020, lorsque le dispositif battra son plein avec quatre allers-retours par jour.


Le projet est chiffré à 30 millions d'euros, dont 40 % financés par le concédant (État), Réseau ferré de France (RFF) et la Région. Les quelque 300 wagons de l'industriel alsacien (Lohr Industrie) seront acquis par le concessionnaire, qui disposera de quinze ans pour exploiter le site avant de remettre l'équipement entre les mains de l'État.


Après une phase de concertation, du 28 octobre au 9 novembre 2013, l'heure est désormais au « dur » du dossier avec, du 5 mai au 5 juin, l'enquête publique qui sera organisée sur le millier de kilomètres du projet, soit cinq régions. Puis, VIIA prévoit le lancement du chantier cet automne, pour un démarrage de l'activité en avril 2016.


Thierry Le Guilloux estime que l'apport économique du terminal permettra la création de « 50 emplois sur la plate-forme, d'une quinzaine dans l'atelier de maintenance des wagons, et maintiendra une dizaine d'emplois SNCF dans le secteur de Bayonne. L'activité est complémentaire à celle d'Hendaye ou de Mouguerre et non concurrente », estime le président de VIIA, qui n'a pas eu l'occasion de s'entretenir avec le maire de Tarnos, Jean-Marc Lespade, récemment. « Le dialogue est rompu », lance le dirigeant. En effet, le maire et la majorité du Conseil municipal sont opposés au terminal de l'autoroute ferroviaire. Pour preuve, le 14 novembre 2013, ils ont voté une délibération en ce sens. Depuis, VIIA a ajouté à son projet un rond-point, sur l'avenue du 1er-Mai, qui serait cofinancé avec Turbomeca. Le maire ne désarme pas : « À Tarnos, on a une tradition de résistance, cela sera l'esprit de ce combat. » Un combat qu'il porte, comme d'autres, sur le terrain de l'économie, mais aussi de l'idéologie (lire « Sud-Ouest » de ce samedi). « Je suis favorable au transport de marchandises par rail, mais avec une gestion publique. Je compte bien utiliser tous les moyens pour arrêter le projet. » Les documents d'urbanisme pourraient être de ceux-ci : la portion de la parcelle de la Setrada, destinée à accueillir le terminal, est classée zone urbaine d'habitat périphérique…


 

 

Source : http://www.sudouest.fr/2014/04/28/le-terminal-d-autoroute-ferroviaire-entre-dans-le-dur-1537805-3566.php

 

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