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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 07:34

 

 

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14/06/2011 Pierre MAILHARIN


En général, ce sont les vaches qui regardent passer les trains. Avec la LGV, Victor Pachon l’affirme, c’est “le Pays Basque [qui] regardera passer les trains”. Une étude récente, réalisée par le Commissariat général au développement durable, organisme rattaché au ministère de l’Ecologie et des Transports, est venue ces dernières semaines renforcer la conviction du Cade et de son porte-parole sur le fait que le projet porté par RFF ne servira pas le développement du territoire, contrairement à ce que ses défenseurs prétendent.


Daté de mars 2011 et intitulé Optimisation de la localisation des terminaux de transport combiné*, le rapport évalue la structuration la plus efficace pour le fret de marchandises dans l’Hexagone à l’horizon 2030. A partir des chiffres de 2002 et des prévisions de trafic, il compare quatre scénarios : l’un s’appuyant sur les 39 plateformes actuelles, le deuxième réduisant leur nombre à 30, le troisième à 20 et le dernier à dix.


Résultat (exprimé par les auteurs) : “L’étude conclut qu’avec dix plateformes judicieusement réparties sur le territoire national, il serait possible d’augmenter de 20 % les tonnages transportés et de 12 % les tonnes-km parcourus en transport combiné ferroviaire par rapport au trafic traité par les 39 plateformes existantes aujourd’hui”.


Or, les deux plaques tournantes du fret au Pays Basque Nord, Bayonne-Mouguerre et Hendaye, ne figurent pas dans le Top 10 sélectionné. Ce qui fait dire à Victor Pachon : “Hendaye va être supprimé, puis, dans un second temps, Bayonne. Les emplois vont être aspirés sur Bordeaux, où sera le centre de fret le plus proche [Bordeaux-Hourcade]. L’argument de l’activité économique de RFF ne tient pas”.


La tendance aurait déjà débuté : “A Hendaye, c’est flagrant. Lors des deux dernières années, des emplois ont été supprimés. A Mouguerre, on a un tiers de trafic en moins, même s’il subsiste quelques échanges. C’est aussi quelque chose qui se trouve dans les tuyaux”, estime-t-il.


Suivant cette tendance, et dans le cas où la LGV se réaliserait, “le Pays Basque sera traversé, mais pas desservi”. La grande vitesse, véritable “avion sur rail”, ne serait adaptée qu’“aux villes de taille européenne”. En l’occurrence, sur le tracé Paris-Madrid, “à Bordeaux et Bilbao”. Victor Pachon et le Cade ne se gargarisent pas de ces indicateurs, bien qu’ils “nous donnent raison” : “Nous sommes pour le fret. Mais pour des trains de marchandises plus longs et plus lourds. Cela présente deux avantages : le maintien de l’emploi [à Hendaye et Mouguerre] et moins de trains sur les voies existantes”.


Trafic voyageurs “surestimé” 

Cette perspective, associée à des trains pendulaires sur la voie existante - limités à 250 km/h - correspondrait également mieux à la structuration du trafic voyageurs dans la région, “très largement surestimé”, selon le Cade. L’association se fonde sur les chiffres annuels livrés par la CCI dans son document Le Pays Basque en chiffres. En recoupant les données des cinq précédentes éditions, on obtient une baisse pour toutes les gares locales : Bayonne (-2,8%), Biarritz (-14,2%), Saint-Jean-de-Luz (- 14,9 %).


“Au-delà de 400 km, la rivalité entre la grande vitesse et l’avion se ressent”, explique Victor Pachon. Actuellement, le billet Biarritz-Paris, via Easy Jet, tourne autour de 115 euros, pour 1h30 de vol. Le même parcours en train est en moyenne à 85 euros, pour un trajet de cinq heures. La grande vitesse doit réduire la durée. “Mais on est avant l’augmentation des tarifs. Sur Tours-Bordeaux, on s’attend à un doublement des prix”, conclut Victor Pachon.



* Gare rail-route, où s’effectue le passage d’un mode de transport à l’autre.

 

Source:http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110614/272478/fr/%E2%80%9CLe-Pays-Basque-regardera-passer-les-trains%E2%80%9D

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