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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 11:59

 

 

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Iñigo Urkullu et Alain Rousset hier sur le chantier LGV du viaduc de la Dordogne, à Saint-André-de-Cubzac (33). © ph. Guillaume Bonnaud

 

 

Publié le 29/04/2014 à 06h00, modifié le 29/04/2014 à 08h06 par Jacques Ripoche


La connexion des offres de transport est le grand projet de l’Eurorégion, qui a vu lundi sa présidence passer d’Alain Rousset à Iñigo Urkullu


Les relations institutionnelles entre les régions Aquitaine et Euskadi (Pays basque espagnol) ont démarré à la fin des années 1980 sous la présidence de Jean Tavernier. Mais elles ont pris un tour nouveau en décembre 2011, quand les deux exécutifs se sont constitués en Groupement européen de coopération territoriale (GECT). Un outil juridique qui les a rendus mieux à même de capter les fonds européens du Feder dédiés aux interrégions pour leurs actions communes.


Alain Rousset a été le premier président du GECT Aquitaine-Euskadi. En vertu d'une règle de gouvernance qui institue une présidence tournante tous les deux ans, c'est son homologue basque Iñigo Urkullu qui prend le relais. La passation de pouvoirs s'est déroulée lundi à Bordeaux et a permis de mettre en lumière cette Eurorégion peu connue en tant que telle mais qui a pu engager 1,8 million d'euros dans une centaine de projets ces deux dernières années. Pour la période 2014-2020, elle devrait pouvoir compter sur 178 millions d'euros. Le plan stratégique est en voie de finalisation et sera présenté en juin.


« Une vraie révolution » 

Les deux zones transfrontalières que constituent le Guipúzcoa d'une part et les Pyrénées-Atlantiques de l'autre captent en gros 80 % des financements. Mais l'Álava, la Biscaye et les Landes bénéficient également de retombées. La « mobilité », et tout particulièrement ferroviaire, est l'axe prioritaire. Symbolique de surcroît. En effet, l'écartement des rails n'étant pas le même côté espagnol et côté français, la circulation des trains entre les deux n'est pas possible et complique la circulation des hommes. Ainsi les TER aquitains doivent-ils s'arrêter à Hendaye.


Le problème est en passe d'être résolu. Dans le cadre de l'Eurorégion, le chantier de la mise en place du « troisième rail » a débuté. Cette technique permettra aux trains régionaux de circuler de part et d'autre sans rupture de charge. C'est une « vraie révolution qui supprime la frontière », s'est réjoui Alain Rousset.


Dès juin, les TER pourront aller jusqu'à Irún. Et en 2016-2017, la liaison Bayonne-Saint-Sébastien devrait pouvoir s'accomplir sans entrave. La mise en compatibilité des systèmes va s'illustrer également par le lancement d'un « calcul d'itinéraires transfrontaliers ». Une étude a montré en effet que la mobilité transfrontalière reste très locale, au niveau de ce que l'on appelle le Consorcio Bidassoa- Txingudi, une agglomération de 90 000 habitants formée par Hendaye, Irun et Fontarabie. Les offres de transport public (bus, train) n'étant pas connectées, c'est à plus de 70 % en voiture que les déplacements, davantage tournés vers les loisirs que le travail, se font. C'est tout l'objet du grand projet « Transfermuga » que de connecter au mieux l'ensemble de ces offres.


Lobbyiste de la LGV 

Si l'Eurorégion a vocation à gérer la proximité transfrontalière, cela n'exclut pas un rôle de lobbyiste à plus long rayon d'action. Ce n'est pas par hasard si Alain Rousset a conduit hier après-midi Iñigo Urkullu sur le chantier de la LGV à Saint-André-de-Cubzac. Le président du gouvernement basque l'a dit sans ambiguïté : « La LGV est pour nous un axe prioritaire de développement. » Même si, là-bas comme du côté français, bien des points restent en suspens. Par exemple, sur la question de savoir si l'État espagnol prendra financièrement en charge la desserte des capitales régionales, ce qui lui paraîtrait logique, Iñigo Urkullu avoue qu'il attend toujours des réponses.


Au-delà, le nouveau président d'Aquitaine-Euskadi s'est présenté comme « un militant convaincu de l'Eurorégion ». Sous son mandat, il entend impulser de nouveaux objectifs tels que « renforcer la pluralité et la diversité culturelles », « développer les services à la personne, notamment dans le domaine de la santé », « rendre l'Eurorégion plus proche des citoyens ».


Innovation et recherche 

En dehors des transports, les projets en cours concernent l'innovation et la recherche, la lutte contre le changement climatique, le développement de la formation et de l'emploi transfrontaliers. Ils couvrent de nombreux secteurs d'activités agricoles (viticulture, forêt, élevage), industriels, éducatifs et culturels. On citera les recherches sur les énergies marines, la sélection des races locales de brebis laitières, l'expérience de création digitale Bilbao-Bordeaux (BioBx), les échanges entre les lycées de Blanquefort (33) et de Vitoria, la convention en direction de personnes concernées par les maladies chroniques, le réseau des Chambres de commerce…


La cérémonie de transfert de la présidence de l'Eurorégion Aquitaine-Euskadi a été conclue par un échange de cadeaux. Traditionnel, certes, mais à haute portée symbolique. Alain Rousset a remis à Iñigo Urkullu la reproduction d'un extrait du « Linguae Vasconum Primitiae » de Bertrand d'Etchepare, le premier livre imprimé en langue basque, publié à Bordeaux en 1545. En retour, il s'est vu remettre une lithographie du Basque José Luis Zumeta où figure l'arbre de Guernica, l'arbre de liberté.

 


 

Source : http://www.sudouest.fr/2014/04/29/le-troisieme-rail-fait-tomber-la-frontiere-1538881-2780.php

 

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