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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 09:00

 

 

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30/10/2013 Pierre MAILHARIN


Herbicide, fongicide, insecticide : toutes ces dénominations en “cide”, qui éradiquent chimiquement le maximum d’obstacles aux récoltes, ont de moins en moins la cote auprès du consommateur. Trop néfastes à l’environnement (pollution des sols) et risquées sur le plan sanitaire. Soit. Faut-il encore être capable de s’en passer.


C’est le sens du “plan Écophyto” lancé depuis 2008 par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du Grenelle de l’environnement, et qui vise à “réduire progressivement l’utilisation des pesticides par l’agriculture française de 50 % d’ici à 2018, si possible”.


À l’échelle de l’Hexagone, quelque 200 groupes de fermes se sont constitués afin de “mettre en place des systèmes de productions innovants, économes en produits phytosanitaires de synthèse”. L’association bio locale BLE pilote au Pays Basque le dispositif, financé par l’organisme public Onema. Elle accompagne depuis 2012 un groupe de dix producteurs (1 à 2 hectares à chaque fois) de légumes et piment d’Espelette, installés de Biriatou à Etchebar.


Producteurs majoritairement bio 

Les participants, volontaires, sont déjà adhérents de BLE. Ils pratiquent majoritairement le bio et connaissent donc des moyens naturels de protéger leurs cultures. N’aurait-il pas fallu cibler des exploitations en agriculture conventionnelle, comme cela s’est fait dans le reste de l’Hexagone ? “La question s’est posée”, reconnaît Maxime Toublant, animateur du projet. “Mais ceux qui sont avec du conventionnel vont avoir un gros travail de changement des pratiques à effectuer. L’intérêt en bio, c’est qu’on gagne une étape.” L’idée est d’optimiser, avec le groupe choisi, les alternatives au chimique, avant de le diffuser lors de journées de formation ou via la revue de l’association BLE Berri.


À travers l’étude d’un système de culture sur chaque ferme – ensemble de parcelles conduites de la même manière par l’agriculteur –, M. Toublant a, sans surprise, constaté que “les pratiques des agriculteurs du groupe sont assez économes en produits phytosanitaires”. Si les “marges de manœuvre” pour diminuer leur usage sont “limitées”, des “pistes de travail pour une agriculture plus autonome et économe” émergent, essentiellement préventives.


Fertilisation : “Ni trop ni pas assez” 

M. Toublant les esquisse. La préparation du sol doit par exemple être bichonnée : “Cela va permettre à la plante de développer un bon système racinaire et donc un système immunitaire plus fort.” Une fertilisation (fumier) efficace sera par ailleurs bien équilibrée : “S’il n’y a pas assez de fertilisation, les plantes seront chétives, s’il y en a trop, elles seront plus sensibles aux maladies : elles auront beaucoup de sucre dans leur sève, ce qui attire les ravageurs.” Autre exigence : “L’utilisation de variétés adaptées au sol et au climat, par exemple le piment doux, le piment d’Espelette, certaines variétés de tomates. Elles seront moins fragiles et donc moins attaquées.”


Sous serre, la lutte naturelle contre le mildiou (champignon) s’affine : “Une étude a été réalisée en 2013 sur l’optimisation de l’utilisation des produits à base de cuivre, la bouillie bordelaise, dans la lutte contre le mildiou”, révèle M. Toublant. En 2014, “un travail similaire sera mené sur la gestion de la fertilisation organique des cultures grâce à des suivis d’azote disponibles dans les cultures tout au long de la saison 2013”.

 


 

Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20131030/430154/fr/Dix-agriculteurs-du-Pays-Basque-optimisent-les-alternatives-aux-pesticides

 

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