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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 15:24

 

 

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LE MONDE | 01.08.2013 à 11h34 • Mis à jour le 01.08.2013 à 16h46 | Par Gilles van Kote


Des organismes génétiquement modifiés (OGM) poussent-ils en France sous une "identité d'emprunt" ? C'est ce que laisse entendre une lettre ouverte adressée, lundi 29 juillet, par la Confédération paysanne et huit ONG – dont la Ligue pour la protection des oiseaux, Les Amis de la Terre et les Faucheurs volontaires –, au ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll. Les signataires s'y inquiètent du développement dans les champs français de variétés de tournesol et de colza "génétiquement manipulées" pour devenir tolérantes aux herbicides.


"Ce sont des OGM cachés", assurent-ils. "On ne peut pas parler d'OGM cachés, leur a répondu le ministre, interrogé sur RTL. Ce sont des mutations de gènes sans qu'il y ait de gènes rapportés."


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Dans cette affaire, tout est question de définition. Les variétés couramment qualifiées d'OGM, dont aucune n'est cultivée en France, ont été créées par transgénèse : un gène, qu'elles ne possédaient pas, prélevé dans un autre organisme, a été introduit dans leur génome pour obtenir une réponse particulière à un "stress" précis.


ACCÉLÉRER L'EXPRESSION D'UN GÈNE DÉJÀ PRÉSENT  

Les variétés évoquées dans cette affaire ont été obtenues par mutagenèse. Cette technique consiste à accélérer l'expression d'un gène déjà présent dans la plante, mais resté jusqu'alors "silencieux". La mutagenèse est dite "spontanée" quand elle se fait par le biais de méthodes classiques de croisement, "induite" quand elle est accélérée, soit par rayonnement soit par des produits chimiques.


L'ambiguïté est entretenue par la directive européenne de 2001 qui assimile les variétés issues de mutagenèse induite à des OGM, tout en les exonérant du régime d'évaluation et d'autorisation auquel sont soumis les organismes créés par transgenèse.


"L'obtention en laboratoire et par manipulation de gènes qui seraient apparus au bout de milliers d'années dans des conditions normales en fait bien des OGM et, à ce titre, elles devraient être évaluées scientifiquement de façon indépendante", estime Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française, signataire de la lettre ouverte au ministre.


LA MUTAGÉNÈSE EST UTILISÉE DEPUIS LES ANNÉES 1920  

Une demande jugée peu réaliste par Michel Beckert, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique, qui a coordonné en 2011 une expertise collective sur les variétés tolérantes aux herbicides. Rappelant que la mutagénèse est une technique utilisée depuis les années 1920, il considère que la mise en place d'un régime d'autorisation empêcherait la culture de familles entières de plantes, comme l'orge.


L'expertise avait attiré l'attention des pouvoirs publics sur les risques d'apparition de résistances parmi les plantes visées par les herbicides associés aux variétés tolérantes et suggéré la mise en place de mesures d'accompagnement à la culture de celles-ci. Un plan à cet effet a été adopté par la filière en 2012.

 


Lire aussi : Un brocoli breveté relance le débat sur la propriété du vivant

 


 

Source :http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/01/de-vrais-faux-ogm-dans-les-champs-francais-de-colza-et-de-tournesol_3456151_3244.html

 

 

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Published by - dans OGM
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