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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:21


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16/02/2010

Claire REVENU-JOMIER


Des traces d'organismes génétiquement modifiés dans les produits bio, c'est l'hérésie permise par l'Europe depuis le 1er janvier 2009. Au mois de juillet prochain, son nouveau label «Agriculture biologique» sera apposé sur des produits bio, répondant à moins d'exigences que le label AB du ministère de l'Agriculture français. Pour tenter de contrer l'étiquetage européen et d'empêcher la confusion du consommateur, la FNAB (Fédération nationale de l'Agriculture biologique) et d'autres associations ont élaboré une marque collective qui trouvera, d'ici un mois, sa place sur les produits «vraiment» issus de la bio.


Un texte, proposé par la Commission européenne prévoyait de fixer le seuil maximal de 0,9 % d'OGM dans la composition d'un produit bio, tolérant ainsi les «présences accidentelles» d'OGM dans le bio. La commission de l'Agriculture au Parlement européen, demandait, elle, que soit limité à 0,1 % le pourcentage d'OGM dans le bio, ce qui correspond au seuil minimum de détection. Elle souhaitait que «les États membres se dotent d'un cadre législatif adéquat, fondé sur le principe de précaution et sur le principe du pollueur-payeur, afin d'écarter tout risque de contamination des produits biologiques par des OGM.» Si cet amendement a bien été adopté par le Parlement, il a pourtant été rejeté par les ministres européens qui ont choisi de conserver le seuil de traces à hauteur de 0,9 % et la possibilité d'utiliser des produits phytosanitaires (pesticides) et d'antibiotiques dansles produits bio.

 

Or, le bio est censé garantir une alimentation saine, sans additifs chimiques de synthèse, sans OGM, sans hormones, sans antibiotiques, sans pesticides et sans toxiques. Un seuil de 0,9 % contenu dans les produits non bio impose un étiquetage spécifique «avec OGM» sur tout produit vendu dans l'Union Européenne.

 

«L'initiative Alternative Bio 2 009 s'est formée lors du salon de l'Agriculture l'année dernière» explique Thomas Erguy de BLE (Biharko Lurraren Elkartea). «Le 13 janvier dernier, elle a mis au point une marque collective dans le but de proposer un outil pour les opérateurs sur le territoire français. Elle a également des contacts avec d'autres régions européennes». L'animateur de l'association est conscient du fait que les consommateurs ont du mal à s'y retrouver. Il cite une étude du CREDOC qui pointait une certaine confusion concernant les différents labels apposés sur les produits alimentaires et signalait qu'ils citent en majorité Label Rouge et AB. Or si AB est facultatif, le logo européen va être, lui, obligatoire. La nouvelle marque collective est en cours d'étude juridique et devrait voir le jour dans quelques semaines. «Cette nouvelle marque, qui pourra être ajoutée au logo européen et à AB, garantit la reprise en main d'un outil de développement par les producteurs et les consommateurs bio. Avec le règlement européen, l'outil bio a échappé aux consommateurs et aux producteurs, ce n'est pas le moindre des paradoxes ! On repart de zéro... La marque collective va également garantir un cahier des charges. On part dans l'idée que la réglementation européenne est intéressante mais on veut apporter des points de valeur ajoutée. Il n'y a plus de garde-fous. L'important, c'est de reprendre en main notre destin vers un nouveau modèle de développement, de prendre des orientations pour un avenir durable : la valeur ajoutée, la relocalisation, le lien au sol...».


Parallèlement à la démarche d'Alternative Bio 2009, une nouvelle réglementation en cours d'élaboration devrait bientôt aboutir à une étiquette «sans OGM». En effet, début novembre 2009, Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a remis son avis sur la définition des filières dites sans OGM à l'Etat qui préparera un projet de décret définissant l'étiquetage des produits en provenance de ces filières. «Cette garantie d'un seuil d'OGM en dessous de 0,1 % ne sera pas liée qu'à la bio mais à l'ensemble des produits alimentaires» reprend Thomas Erguy. «Cette réglementation est parallèle à notre démarche et je pense que nos actions y ont contribué. Le but est de mettre en place des pratiques qui empêchent tout risque de contamination. Il ne sera jamais de zéro mais on fait tout pour s'en approcher».


Le nouveau logo européen

Actuellement facultatif, le logo biologique de l'Union européenne devra obligatoirement figurer sur tous les produits biologiques préemballés élaborés dans les Etats membres de l'Union et répondant aux normes requises. Pour les produits importés, il sera facultatif. L'apposition, à côté du logo de l'UE, d'autres logos «à caractère privé, régional ou national» sera autorisée. Le logo européen de l'agriculture biologique et ceux des Etats membres sont censés compléter l'étiquetage et aider les consommateurs à repérer les aliments et boissons biologiques. L'étiquetage et l'utilisation du logo sont soumis à des règles strictes : «Les termes tels que biologique, bio, éco etc., y compris les termes utilisés pour les marques déposées, de même que les pratiques d'étiquetage ou de publicité susceptibles de tromper le consommateur ou l'utilisateur en suggérant qu'un produit ou ses ingrédients sont conformes aux exigences définies dans ce règlement, ne doivent pas être employés pour les produits non biologiques».

 

 

 

Source :http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100216/183168/fr/Bio-et-sans-OGM--ce-qui-va-changer-2010

 

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