Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 12:06



1787997_8053101_800x400.jpg

Le site de Marinadour est très observé sur le volet de sa dépollution. © photo bertrand lapègue

 

Publié le 07/01/2015 à 06h00 par pierre penin


Où en est le traitement environnemental du site ? L’État a adressé des réserves aux opérateurs. Sans être alarmiste.

Une sorte de « oui mais », ou « peut mieux faire ». Voilà la tonalité des courriers adressés par le sous-préfet de Bayonne, Patrick Dalennes, aux porteurs du projet Marinadour, à propos de la dépollution du site. Lui parlerait plus volontiers d'encouragements du jury : « Nous sommes dans un processus normal, dans un échange sans difficulté avec les parties. » Autrement dit le promoteur immobilier Kaufman & Broad et l'Agglomération Côte basque Adour (Acba). Aux deux, le représentant de l'État signifie toutefois un certain nombre de réserves.


L'imposant ensemble immobilier des Allées marines est érigé sur le site d'une ancienne usine à gaz. Sa dépollution est un enjeu scruté par les associations environnementales réunies au sein du Cade. Le collectif s'est procuré les missives préfectorales. Datées d'octobre dernier, elles résument les observations de l'Agence régionale de santé (ARS) et de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). 


« Insuffisances »

Patrick Dalennes résume leur point de vue : « Le sujet, c'est que les maîtres d'ouvrage mettent en place des mesures de surveillance pour ne pas avoir de problèmes de pollution à l'avenir. » Pour ce qui est du présent, ARS et Dreal notent des « insuffisances ». Elles les énumèrent au directeur régional de Kaufman & Broad, Jacques Rubio. Les analyses après extraction des terres polluées au niveau des parties en construction « montrent un reliquat de présence d'hydrocarbures lourds et la présence ponctuelle de cyanures ».


Si la qualité de l'air dans le bâtiment est bonne, la concentration en benzène dans le sous-sol y interdit une exposition de longue durée. Le courrier du sous-préfet évoque les terrains au sud du site. Notamment la parcelle où furent exploités les ateliers de condensation de l'ancienne usine. Là, « les risques de migration d'hydrocarbures, cyanures et solvants sont réels par écoulement souterrain des eaux ». Globalement, L'ARS et la Dreal estiment que « l'analyse de l'associée Kaufman & Broad ne prend pas en compte la protection durable des milieux, notamment les nappes souterraines ».


C'est dans ces derniers termes qu'une missive adressée au président de l'Acba, Jean-René Etchegaray, émet des bémols. Cette fois pour la partie espaces publics. Ils font la jonction entre Marinadour et le chantier Rivadour, conduit, lui, par Eiffage. Cette zone centrale, où restent les fondations de l'ancien gazomètre, n'a pas été soumise à dépollution, mais confinement.


« Un progrès »

Pour Kaufman & Broad et Jacques Rubio les observations préfectorales sont datées. « Elles se fondent sur un dossier que nous avions remis en juin 2013. Il y a eu de nouveaux travaux de dépollution depuis. » Le directeur a « mobilisé deux bureaux d'études qui suivent la dépollution depuis le début ». Ceux-ci remettront prochainement un nouveau point d'étape de « la situation réelle de la dépollution ». Jacques Rubio estime « aller au-delà de ce que demande la réglementation ». Mais assure que les dispositifs de mesure de la qualité de l'air et de l'eau demandés seront installés. « Je ne me sens pas du tout en accusation. »


Ce que confirme Patrick Dalennes : « Marinadour n'est pas un dossier problématique aujourd'hui, mais un processus qui se poursuit. » Jean-René Etchegaray rappelle les 7 millions d'euros consacrés à la dépollution par les trois opérateurs du site. « C'est un progrès considérable au regard de la pollution qui le caractérisait. » L'élu souligne qu'un « plan de recollement » est en cours. Soit l'état des lieux de la dépollution et de « ce qui reste à faire en la matière ». Le président de l'Acba promet des piézomètres pour veiller à la qualité de l'eau souterraine.

 


 

Source : http://www.sudouest.fr/2015/01/07/la-pollution-a-l-oeil-1787997-4018.php

 


Partager cet article

Repost0

commentaires