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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 08:19

 

 

 

Par olivier cabanel (son site)
jeudi 15 septembre 2016

Pour toute l’eau du Monde

Par ces temps de sécheresse, provocant un surcroit d’arrosage maraicher, et des interdictions qui ont suivi, il n’est pas inutile de se pencher sur le problème de l’eau, et de l’eau potable en particulier.

 

C’est entendu, l’eau représente les 70% de notre planète, ce qui est de nature à rassurer tout le monde...sauf que la plus grande partie de cette eau est salée, et donc imbuvable, et inutilisable pour apporter un peu d’humidité à nos cultures de maïs en train de sécher sur pied.

Pour toute l’eau du Monde
Pour toute l’eau du Monde

 Pour faire pousser du blé, il faut 1500 litres d’eau, et encore plus pour le maïs, d’autant que l’irrigation représente 70% de l’eau utilisée dans le monde. Ajoutons que l’image des 70% est trompeuse, car, comme l’explique dans son blog « passeur de sciences  », si un puissant sorcier, grâce à un maléfice habile, avait siphonné toute l’eau présente sur Terre et l’avait réuni dans une petite sphère, sous forme d’un petit satellite posé sur notre globe soudain asséché, ça ne représenterait qu’une bille de 1385 kilomètres, diamètre somme toute modeste, face au 40 000 km de notre Terre, comme on peut le voir avec l’image illustrant l’article. lien

 

On peut donc légitimement s’interroger sur ce qui reste d’eau douce pour notre consommation, puisqu’elle ne représente que 0,6% du stock de 1,35 milliards de km3. Ajoutons que si on enlève de cette eau douce, celle qui ruisselle et rejoint directement la mer, celle qui s’évapore, il ne reste finalement que 35 000 km3 pour toutes les espèces vivant sur la Terre, plantes comprises.

 

Et puis, la plus grande partie de cette eau restante n’est pas toujours de la meilleure qualité. En effet, on sait que les pesticides, les nitrates, et d’autres agents polluants sont de plus en plus présents, posant d’importants problèmes sanitaires.

 

Élise Lucet, dans un récent « cash investigation  » avait mené une enquête pointilleuse sur le problème amenant l’évidence d’une pollution sévère de notre eau de tous les jours, contaminée par l’atrazine, un pesticide, interdit en France depuis 15 ans, ce qui ne l’a pas empêché de polluer les nappes phréatiques, et qui est donc encore présent aujourd’hui, et pour longtemps.

 

Cet atrazine a été l’objet d’une étude scientifique, menée par une équipe de chercheurs bretons, qui ont prouvé que ce pesticide, présent dans les urines de femmes enceintes, provoquerait des microcéphalies, provoquant des retards mentaux à leur bébé. lien

Pour toute l’eau du Monde

Et puis, suite à une étude menée par « générations futures », sous la houlette de François Veillerette, étude qui dénonçait un « épandage inapproprié » de pesticides en mai 2014 à proximité d’une école de Villeneuve, en Gironde, lequel épandage avait provoqué des malaises pour 23 enfants, le gouvernement avait adopté un amendement venant compléter la loi et l’arrêté du 27 juin 2011 interdisant l’utilisation de produits phytosanitaires dans des lieux accueillants enfants, ainsi que pour les centre de soins, les hôpitaux, les maisons de retraite. lien

 

D’autre part, les normes sont largement insuffisantes comme l’ont déclaré plusieurs ONG (organisation non gouvernementale), lors des dernières décisions européennes du 1er septembre 2008. lien.

 

Elles sont de 0,5µg/l pour les pesticides d’après l’arrêté du 11 janvier 2007, et pour les nitrates de 50 mg/l. lien

 

On sait que dès le 1er microgramme de nitrate, celui-ci se transforme en nitrites au contact des sucs digestifs, et il ralenti l’oxygénation de notre sang...quand aux pesticides, il est probable que le seuil devrait être revu largement à la baisse. On peut lire avec intérêt l’enquête menée par « Que choisir » relevant les importants dépassements des normes actuelles constatés dans notre pays. On y apprend que les pollutions en pesticides touchent près de 700 000 personnes, concernant 742 communes, les communes les plus touchées étant Sens, Lisieux, Firminy, Bourgoin-Jallieu et Montargis. lien

 

Et puis il y a le gaspillage...

Alors qu’un américain consomme 630 litres d’eau par jour, un français en consomme 300...et un africain sub-saharien 10...que se passerait-il si chaque pays consommait autant d’eau que les USA ? lien

 

Pourquoi utiliser de l’eau potable pour prendre un bain, pour les WC, pour laver une voiture ? Aujourd’hui, dans les circuits dits « alternatifs », on n’envoie pas l’eau de lavage directement dans les égouts, et on l’utilise au préalable pour la chasse d’eau. Or les WC provoquent la plus grande consommation d’eau potable, puisqu’ils utilisent entre 5 et 18 litres d’eau à chaque fois. lien

 

Quant à l’eau de pluie, pourquoi ne pas la récupérer pour la vaisselle, le lave linge, le bain d’autant qu’un milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau encore aujourd’hui...et que 2,4 milliards n’ont pas de service d’assainissement. Sur ce blog quelques astuces originales pour économiser l’eau de tous les jours.

 

Il serait donc urgent d’une part de faire cesser toutes ces pollutions, en décidant de normes plus draconiennes, d’arrêter le gaspillage, et surtout de trouver les moyens de pouvoir dessaler l’eau de mer.

 

Certains, comme l’ingénieur Georges Mougin, défendent l’idée de transporter des icebergs, afin d’en récupérer l’eau douce lorsqu’ils seront fondus, sachant que la production d’iceberg de l’Antarctique représenterait les besoins de la planète entière. lien

Pourquoi pas ?

Pour toute l’eau du Monde

Mais quelle énergie faudrait-il déployer pour réussir pareil challenge ? Pour un iceberg de 800 mètres de circonférence, destiné à rejoindre les Iles Canaries, ce qui serait possible en 140 jours, il faudrait dépenser 4 millions d’euros rien qu’en carburant. lien

 

Et puis d’autres solutions moins chères existent, comme par exemple le dessalement de l’eau de mer. C’est à quoi se sont attachés récemment une équipe de chercheurs, finalistes d’un concours sur les énergies renouvelables en Californie, et ayant inventé un procédé produisant de l’électricité grâce à l’énergie solaire, ainsi que de l’eau potable.

 

Dénommé « the Pipe » (le tube), il pourrait produire 4,5 milliards de litres d’eau par an, et nous le devons au cabinet d’ingénierie canadien Khalili Engineers. Ce procédé sépare le sel et les impuretés de l’eau de mer grâce à des réactions électromagnétiques.

Pour toute l’eau du Monde

Le dessalage de l’eau n’est pas une nouveauté, mais il nécessite habituellement une forte consommation électrique, ce qui ne sera plus un problème avec « the Pipe », puisque celui-ci produira sa propre énergie. lien

 

Quand on sait que la pénurie, ou la dangerosité de l’eau proposée parfois, provoque chaque jour dans le monde la mort de 25000 personnes, on ne peut que se réjouir que des solutions existent. Ne serait-il pas l’occasion de décider d’empêcher la pollution actuelle et d’utiliser l’eau de mer pour la rendre consommable ?

 

Comme dit mon vieil ami africain : « la parole est comme l’eau, une fois versée, on ne peut pas la reprendre  ».

 

L’image illustrant l’article vient de passeurdesciences

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Articles parus

À l’eau, au secours !

 

 

 

Source : http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/pour-toute-l-eau-du-monde-184642

 

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