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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 10:59

 

 

Publié le 13/06/2016. Mis à jour à 09h28 par Pierre Penin

Une centaine de manifestants a dit son opposition au projet de Sud Mine, vendredi soir, à Saint-Pée-sur-Nivelle © émilie drouinaud

Une centaine de manifestants a dit son opposition au projet de Sud Mine, vendredi soir, à Saint-Pée-sur-Nivelle © émilie drouinaud

La société Sud Mine espère exploiter le précieux métal présent localement. La défiance des locaux grandit

 

La société Sud Mine ne parviendra certainement pas à faire accepter localement son projet. Baptisé « Kanbo : l'or du pays », il espère exploiter un jour l'or du sous-sol basque qui repose sous un périmètre de 126 km² et le territoire de 11 communes (les 11 communes concernées par le périmètre sont Ainhoa, Cambo-les-Bains, Espelette, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larressore, Saint-Pée-sur-Nivelle, Sare, Ustaritz, Souraïde).

 

Vendredi, à Saint-Pée-sur-Nivelle, une centaine de manifestants a dit son rejet du dessein. Le même jour, l'industriel espérait réunir les acteurs locaux au sein d'une Commission locale de concertation et de suivi (CLCS) du projet. Rendez-vous finalement annulé.

 

Christian Vallier préside Sud Mine. Joint par « Sud Ouest », il récuse le terme « annulation ». « Nous avons décidé d'ajourner la réunion. » Officiellement, pour ne pas « faire prendre un risque » à l'hôtelier qui devait en être l'hôte. Les opposants indiquent de leur côté que ce dernier a signé la pétition contre Sud Mine. Peut-être le piètre succès des invitations lancées contribue-t-il aussi à expliquer la marche arrière. Quelques jours avant, les élus de la communauté des communes d'Errobi ont fait savoir qu'ils refusaient d'y prendre part. De même que le Conseil de développement du Pays basque.

 

Avec Macron

Finalement, seuls les opposants à une hypothétique carrière se sont mobilisés, derrière une banderole et sous la pluie. À leur tête, l'association Stop Mine EH et le Collectif des associations de défense de l'environnement (Cade). Ils peuvent compter sur le soutien du parti abertzale de gauche EH Bai, de l'association Lurzaindia (défense des terres agricoles), des élus d'Errobi, donc, mais aussi de la députée PS Sylviane Alaux.

 

« C'est l'État qui prendra l'initiative de la commission de suivi, qui la pilotera et l'animera »

 

Cette dernière a participé à la « manif » sous parapluie. « J'ai suivi le dossier lorsqu'il était au ministère de l'Écologie. Quand il est passé à celui de l'économie, j'ai personnellement sensibilisé Emmanuel Macron. » La parlementaire plaide contre l'octroi à Sud Mine d'un permis exclusif de recherche (PER). L'entreprise a déposé une demande fin novembre 2014. Elle a besoin de ce blanc-seing pour lancer les études sur site, évaluer le potentiel aurifère, avant d'envisager une exploitation. Mercredi, Sylviane Alaux a rendez-vous avec le cabinet du ministre. Elle répétera son opposition au projet.

 

« Respect de la terre »

L'élue, à l'unisson des autres détracteurs de Sud Mine, prévient contre l'impact d'une carrière. Thierry Michel, président de Stop Mine EH : « Sur le secteur visé, vous avez des agriculteurs qui font de bons produits. Avec plusieurs AOP (appellation d'origine protégée), comme le piment d'Espelette. Il y a du respect de la terre. » Dans un courrier à Christian Vallier, la présidente du Conseil de développement, Caroline Phillips ajoute d'autres « fleurons du territoire », comme la cerise d'Itxassou, l'Ossau-Iraty, l'AOP attendue dans l'été pour le porc Kintoa. Et d'appuyer :

« Votre projet d'exploitation minière concerne trois sites Natura 2 000 : la Nive, le massif du Mondarrain et de l'Artzamendi, la Nivelle. »

 

Vendredi, les manifestants ont dénoncé un « coup de bluff » de Sud Mine. « Un coup de marketing », estime Sylviane Alaux, à propos de la réunion d'une Commission locale de concertation et de suivi. « Il n'y a que l'État qui peut avoir l'initiative d'un comité de suivi », tance-t-elle. « Comment peut-on asséner cela ? », rétorque Christian Vallier. « Ce n'est pas l'État qui provoque une réunion de CLCS. Mais bien le carrier. » Il déplore une méconnaissance technique et juridique de ses interlocuteurs. La sous-préfète de Bayonne, Catherine Séguin, est claire : « Il ne faut pas confondre la CLCS, que l'industriel est libre de vouloir réunir, avec la Commission de suivi de site, qui est l'apanage de l'État. Si les autorisations sont octroyées à Sud Mine, c'est l'État qui prendra l'initiative de la commission de suivi, qui la pilotera et l'animera. »

 

Nuances…

La CLCS n'est qu'une procédure recommandée par l'Industrie des carrières dans sa « charte environnement ». Elle n'a pas de statut juridique reconnu. Un simple élément de méthodologie de la profession, pas systématiquement mis en œuvre. Ceux qui refusent l'exploitation de l'or sur leur territoire n'ont aucun intérêt à accepter d'y siéger. Les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), comme une carrière, nécessitent une commission de suivi de site. L'État seul a la main sur cette obligation légale.

 

Pour les opposants à Sud Mine, Christian Vallier a entretenu un certain flou. Selon eux, pour donner l'image d'une concertation déjà lancée au ministère qui instruit sa demande de permis. Lui se récrie quand les mêmes le taxent d'« enfumage ». L'épisode ne sera pas de nature à adoucir les positions à l'avenir.

 

Le chiffre du jour : 8

C’est le nombre de communes sur les 11 incluses dans le périmètre visé par Sud Mine qui ont voté contre le principe du projet. Ces huit communes sont : Cambo, Espelette, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larressore, Souraïde et Ustaritz. Toutes font partie de la Communauté des communes d’Errobi, qui a adopté une motion contre la demande de permis exclusif de recherches (PER) adressé par le carrier au ministère de l’Économie. Les élus demandent à l’unanimité à l’État de rejeter la requête.

 

 

Source : http://www.sudouest.fr/2016/06/13/le-chercheur-d-or-trouve-un-os-2398035-4122.php

 

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