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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:58
Les sols artificialisés continuent à gagner du terrain

 

Urbanisme / Environnement Publié le jeudi 23 juillet 2015

 

Anne Lenormand

 

Bâtiments, routes, parkings, mais aussi parcs et jardins… : avec 490.000 hectares gagnés entre 2006 et 2014, soit un rythme moyen de 60.000 hectares par an, les sols artificialisés ont poursuivi leur progression, selon le bulletin statistique du ministère de l'Agriculture, Agreste, publié le 21 juillet. Pour les deux tiers, cette extension s'est faite aux dépens des espaces agricoles. Ces derniers couvrent encore la majorité du territoire (51%, avec 28 millions d'hectares) mais ont perdu en moyenne 70.000 hectares par an depuis 2006. Les espaces naturels (bois, landes, friches, sols nus et zones humides) occupent environ 40% (22,8 millions d'hectares). En comparaison, les sols artificialisés ne représentent que 5,1 millions d'ha, ou 9,3% du territoire mais le rythme d'artificialisation des terres, bien que ralenti depuis la crise économique de 2008, se maintient. Un pic a été atteint entre 2006 et 2008 (+1,8% par an) avant de se stabiliser depuis (+1,1%). Ce ralentissement peut s'expliquer par plusieurs phénomènes, observe Agreste. La crise, qui a touché le secteur de la construction, a freiné les projets d'infrastructures et les chantiers. En outre, à la même période, la surface des terres libérées par l'agriculture et disponibles pour l'artificialisation a diminué, a constaté le ministère qui a enregistré "moins de départs en retraite d'agriculteurs, après un pic observé entre 2007 et 2009". Enfin, "les politiques locales d'urbanisme ont pu s'attacher à conserver davantage les espaces agricoles, naturels et forestiers" à la suite du Grenelle de l'environnement et des lois qui en ont découlé, souligne Agreste.

 

L'habitat individuel, premier consommateur de terres artificialisées

Mais l'artificialisation des sols continue aussi souvent à aller de pair avec l'imperméabilisation, qui pose de graves problèmes de ruissellement et d'évacuation des eaux : aux deux tiers, les champs ont cédé la place aux routes, parkings, aires de stockage, le dernier tiers correspondant aux jardins, terrains de sports, chemins. Au total, 6% du territoire est couvert par des sols imperméabilisés.


La première cause d'artificialisation des terrains est la poussée de l'habitat individuel, avec ses jardins et annexes (46% des 491.000 hectares artificialisés sur la période). Une expansion due à la croissance de la population (+1,6 million de personnes entre 2007 et 2012) mais aussi au choix des ménages qui préfèrent les maisons avec pelouse aux immeubles collectifs, quitte à habiter loin des villes. Pour cette raison, les réseaux routiers nécessaires à leur desserte constituent le deuxième usage du sol artificialisé (16% entre 2006 et 2014).

 

C'est dans le Sud-Est - Bouches-du-Rhône (+4,4%), Var et Vaucluse - que l'on a le plus bétonné, avec l'Ain et la Haute-Savoie (situés dans l'aire d'influence de Genève), et dans l'Ouest avec l'étalement de Nantes, Rennes et Bordeaux. Par manque de place, la petite couronne parisienne n'a guère changé, malgré la croissance démographique. Les surfaces artificialisées ont progressé moins vite dans les départements à faible croissance démographique situés sur une diagonale nord-est-sud-ouest.
 

 

Pour aller plus loin : le N° 326 de juillet 2015 d’Agreste Primeur http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/primeur326.pdf

 

 

Source : http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250269289314&cid=1250269285279&nl=1

 

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