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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 11:04

Kattin Chilibolost|03/06/2015|0 commentaires|

 

 

VIDEO - Ils sont six à s'être engagés dans un projet à long terme autour de l'association Ainitza. Ils cherchent un terrain de 1 000 à 1 500 mètres carrés pour y créer un lieu de vie, où ils auto-construiront leurs maisons et voudraient développer la permaculture.

 

L'association Ainitza projette de créer un lieu de vie en accord avec les principes de la sobriété, de l'entraide et de l'autonomie. L'association, qui se réunit depuis janvier 2015 a donné le même nom à son projet : "Ainitza". Audrey Hoc, une des membres, le présente comme un projet communautaire, "mais qui a les pieds sur terre".

 

Six petites familles cohabiteraient dans un même terrain. Elles travailleraient ensemble à l'entretien du jardin permaculturel, mais auraient chacune leur maison en torchis. L'idée à long terme ne serait pas d'agrandir le lieu ou d'augmenter le nombre de membres, mais plutôt de multiplier les expériences autonomes. Il plaît à Audrey de penser que d'ici quelques années, séduits par Ainitza, d'autres groupes s'animeront à reproduire l'expérience.

 

Avant de s'installer et entreprendre leur projet, les membres d'Ainitza veulent se former. La plupart vont suivre des cours de formation en permaculture (art de vivre qui associe l'art de cultiver la terre pour la rendre fertile indéfiniment avec l'art d'aménager le territoire), et l'auto-construction de maisons en torchis se fera avec la présence de spécialistes. Pour les parties communes, les membres ont déjà suivi des formations sur la gestion participative d'un lieu. Ils recherchent à présent un terrain. Ils ont pour cela présenté le projet à des mairies, à Lur Zaindia, et à Hemen Herrikoa.

La fleur permaculturelle propose une vision intégrale de l'environnement

La fleur permaculturelle propose une vision intégrale de l'environnement

 

"La permaculture dépasse l'agriculture"

La permaculture serait une philosophie de vie. "On parle de la fleur permaculturelle où chaque pétale est un domaine de la vie", explique Audrey Hoc. S'éduquer, se soigner, se nourrir, se loger, chacun de ses besoins représenteraient un pétale. Tout élément qui régit la vie s'imbriquerait de façon cohérente pour une organisation de la vie, complémentaire et harmonieuse avec l'environnement.

 

Dans la façon de travailler la terre, la permaculture "va plus loin que l'agriculture bio". La permaculture, c'est de l'agriculture biologique mais avec plus de techniques simplifiées et moins de contrôle de la nature puisque le point de vue serait intégral. Un jardin permaculturel ressemblerait à une jungle, à une forêt nourricière qui se suffirait à elle-même. L'Homme n'aurait pas à désherber ni à expulser les insectes de leur culture. Bien au contraire, l'objectif serait de reproduire une biodiversité riche, un lieu où arbres, oiseaux, plantes, fleurs et insectes cohabitent, créant un système qui s'auto-régule.

 

D'autre part, la permaculture doit réinventer l'espace. Des salades ou des fraises pousseraient à la verticale, et les patates dans des tours, les premières soutenues par des palettes, les secondes par des roues de tracteurs. Le jardin de permaculture des Fraternités Ouvrières à Mouscron (Belgique) montre par exemple qu'après 40 ans de travail et d'apprentissage, 1 000 mètres carrés suffisent à produire cinq tonnes de légumes et de fruits par an et à créer une banque de semences. De même, une enquête réalisée de septembre 2013 à août 2014 à la Ferme du Bec de Normandie prouve que, pour une charge de travail de 20 000 heures, 671 mètres carrés ont rendu 42 000 euros annuels.

 

Ainitza ne pense pas intégrer un circuit quelconque de marché. Le jardin contribuerait à leur auto-suffisance alimentaire. S'il y avait des excédents, ils les vendraient à petits prix ou les donneraient à des personnes ayant peu de revenus.

 

"Ce sont des techniques qui ont nourri des peuples du Mexique pendant plus de trois mille ans", ajoute Audrey qui est convaincue que nos grands-mères utilisaient un système de voisinage de plantes pour aider les cultures. "Bizi Toki aussi a déjà fait quelque chose d'important dans ce sens, mais plus centré sur l'éducation". C'est par l'échange et la rencontre avec tous ces acteurs qu'Ainitza compte aller de l'avant.

 

Peu de moyen mais beaucoup de volonté

Ainitza veut garder les pieds sur terre. "On ne peut pas rêver d'avoir une terre de suite. On ne peut pas penser à se mettre sur une terre sans être formés", dit Audrey, et, selon elle, l'autonomie ne s’obtient pas en trois ans. Le projet lui-même est le fruit d'un long cheminement puisque l'une de ses premières inquiétudes était l'habitat. "Il faut qu'on fasse au Pays Basque un lieu de vie où on auto-construira des maisons sur un lieu commun, en mutualisant nos forces".

 

Pour concrétiser l'idée, elle a suivi un cours de formation "Créer son éco-projet". La permaculture serait venue après, par, entre autres, la rencontre avec l'un des formateurs. "J'ai envie de faire quelque chose pour le local, de plus utile et démontrer que c'est possible avec peu de moyen mais beaucoup de volonté", explique Audrey Hoc.

 

 

Source : http://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20150603/ainitza-multiplier-l-autonomie

 

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