Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:50
LGV : un plaidoyer pour davantage de dessertes

21/05/2015 05:46 Delphine Noyon

 

Les chefs d'entreprise puis les politiques (notre photo) comprennent bien l'intérêt de la LGV, mais se battent pour qu'elle s'arrête suffisamment dans les gares de la Vienne. - (Photo Patrick Lavaud)

 

Fil rouge de la soirée débat sur la LGV SEA hier soir : un train qui va plus vite c’est bien, encore faut-il qu’il s’arrête souvent… Et c’est là que ça coince.

 

 Chefs d'entreprise et politiques étaient là et avaient de quoi revendiquer. Notamment en matière de dessertes pour la future LGV Tours-Bordeaux, véritable fil rouge de la soirée organisée par le groupe Nouvelle République en partenariat avec Liséa, au centre de conférences de Poitiers. Seule la SNCF, meilleur interlocuteur pour en débattre, était absente. Tant pis. Ça n'a rien enlevé à l'intérêt des débats.

 

Philippe Jehanno, directeur de Saft à Poitiers et président de l'UIMM a d'abord exprimé les besoins des entreprises.« On doit pouvoir faire l'aller-retour à Paris dans la journée, rejoindre rapidement l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle… J'ai consulté des chefs d'entreprise qui représentent un peu plus de la moitié des employés de la métallurgie dans la Vienne. Il y en a autant à Poitiers qu'à Châtellerault, qui ont besoin que les trains s'arrêtent dans leurs gares. » Ça, c'était pour Châtellerault qui pour le moment, est l'un des grands perdants sur le tracé, avec un nombre d'arrêts en gare estimé insuffisant, passant a priori de 5 ou 6 par jour à 4 dans les deux sens. Avec un drôle de creux en milieu de journée, que les élus châtelleraudais aimeraient voir comblé.

 

" Paris-Bordeaux en deux heures c'est de la com'. L'important ce sont les dessertes "

Stéphane Désert pour la Mutuelle de Poitiers lui a emboîté le pas, un brin pessimiste pour la capitale régionale, malgré les assurances du maire socialiste Alain Claeys. « Quand on nous parle de Paris-Bordeaux en deux heures, c'est pour la vitrine, c'est de la communication. L'important pour nous, ce sont les dessertes. A Poitiers, demain, ce sera combien ? » 

 

Laure Mosseron, directrice marketing du Futuroscope remet quelques vérités en place. « Dans la future grande région, le Futuroscope sera le site touristique qui connaît la plus grosse fréquentation. Il ne faut pas que le Futuroscope s'éloigne, avec une gare moins bien desservie. Ce serait dommage. » 


En clair, si tout le monde trouve que la LGV c'est super, c'est à la condition qu'elle s'arrête souvent dans les gares de la Vienne, et aux heures qui conviennent pour permettre un aller-retour dans la journée, qu'il s'agisse d'honorer un rendez-vous professionnel ou une visite familiale.

 

" Thalès, Mécafi… il leur faut un Châtellerault-Paris direct, sinon on va les perdre ! "

Et à ce jeu, Alain Claeys a mis tout le monde d'accord : « le juge de paix, dans les années qui viennent, ce sera le nombre de gens qui iront dans les gares. S'ils ne sont pas là, il n'y aura pas de train. […] Soyons clair, il ne pourra pas y avoir des arrêts partout et tout le temps. A nous de penser la suite avec des liaisons LGV-TER. Mais la LGV est une chance, ce serait une faute de dire le contraire. » 


Une idée qui n'est pas pour déplaire à Jean-François Macaire, président PS de la région Poitou-Charentes. Il voit même plus loin, en matière de solutions alternatives. « On peut travailler des options comme emmener les Châtelleraudais à Saint-Pierre-des-Corps pour se rendre à Paris, avec certes un changement de train, mais en allant aussi vite, voire plus vite qu'aujourd'hui ». Une proposition qui a fait bondir Maryse Lavrard, adjointe au maire centriste de Châtellerault, totalement opposée à rendre les armes. « Thalès, Mécafi… il leur faut un Châtellerault-Paris direct, sinon on va les perdre ! » La bagarre sur les dessertes est loin d'être terminée…

 

En savoir plus

Une LGV désirée mais un modèle économique contesté

C'est Jean-François Macaire, le président de la région Poitou-Charentes qui a mis les pieds dans le plat. « Cette LGV est sans doute une réussite, mais son modèle économique n'est pas bon. Elle a été pensée pour aller de Paris à Bordeaux, pas pour desservir les territoires entre les deux. On s'est trompé en 2009 quand on a fait le montage financier, il n'était pas adapté à ce qu'on voulait pour les dessertes de Poitiers, Châtellerault et du Futuroscope. Et aujourd'hui, on se retrouve avec des péages aux coûts très élevés. Pour moi, il faut que Liséa accepte de renégocier le contrat, sinon on aura des problèmes. »


Et d'ajouter à son argumentaire la difficulté d'équilibrer les coûts, avec à l'issue un billet de train qui devrait augmenter de 15 %, « ce qui n'est pas attractif pour les voyageurs. »


Son homologue pour l'Aquitaine, Alain Rousset, se veut plus optimiste. « Je ne regrette pas la bataille menée depuis 15 ans pour cette ligne. Bien sûr que les propositions actuelles sur les dessertes sont inacceptables et la SNCF doit revoir totalement sa copie. Mais on vit sur des lignes du 19e siècle, ça ne peut pas continuer. Il faut foncer, aller de l'avant. Cette ligne, c'est la relation à l'Espagne et à Toulouse, quatrième ville de France ! La révolution des temps passera par le sud. […]

 

Des collectivités ont stoppé leur participation financière au projet* mais ce n'est pas la bonne méthode. Agir ainsi, c'est aggraver le déficit d'investissement qui existe déjà pour cette ligne et jouer le jeu des " anti investissements d'avenir " dans les ministères. »


Ce à quoi Bruno Belin, président UMP du conseil départemental directement visé a rétorqué : « Cet arrêt du paiement, c'était pour nous le seul moyen d'être entendu sur le terrain des dessertes. »

 

* Châtellerault et le conseil départemental de la Vienne.

 

Source: http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2015/05/21/LGV-un-plaidoyer-pour-davantage-de-dessertes-2335789

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires